Entretien avec Xavier d’Andeville, dessinateur du blason de la duchesse d'Anjou.

Issu de l'école des Beaux-Arts de Caen, Xavier d’Andeville est héraldiste et peintre armoriste à Touques. L’année dernière, il recevait de la famille royale la mission de réaliser les armoiries de la princesse Marie-Marguerite, duchesse d’Anjou. À cette occasion, il a accepté de répondre à nos questions.

Comment êtes-vous devenu héraldiste ? Parlez-nous de votre parcours.

​Passionné d'histoire, j'ai fait l'école des Beaux-Arts à Caen. N'étant pas prêt pour en faire mon métier à l'époque, j'ai travaillé dans d'autres métiers pendant quelques années, notamment le marketing et la gestion commerciale, ce qui m'a donné des plus lorsque je me suis installé complètement en tant qu'héraldiste et peintre armoriste. ​


Vous êtes donc héraldiste mais également peintre armoriste. En quoi consiste concrètement votre travail ?

​Mon travail consiste en la création et la reproduction d'armoiries. L’héraldiste est celui qui a la connaissance des règles qui régissent les armoiries​, travail purement théorique. Le peintre armoriste les dessine, les peint, les reproduit sur les différents supports qu'il travaille. Je dessine à la plume et à l'encre, bien entendu, mais aussi en peinture, avec une préférence pour les matériaux pérennes : pigments tempera à l'œuf, or en coquille, etc. donc pas d'encres aquarellable par exemple.


Vous êtes l’un des derniers en France à exercer cet art. Craignez-vous de le voir un jour disparaître ?

​J'ai beaucoup de demandes de stages de création, de dessin. Une université m’a contacté afin de concevoir un module « héraldiste »​ ​dans le cadre d'un diplôme de généalogiste​. J'ai décliné cette offre pour la raison qu'héraldiste est un métier long à apprendre, et que ce n'était pas les 6 heures de cours annuels prévus qui auraient pu donner ne serait-ce que les bases du métier. Le problème de ce métier tient dans le fait qu'il n'est pas reconnu par l'état, par les professions d'art (il n'y a pas de MOF héraldiste, car le code métier n'existe pas). Alors inquiet, pas vraiment, car on sent une relève qui aurait envie de passer à l'acte, mais qui n'ose pas forcément se lancer... Il faut leur laisser le temps...


L’année dernière, vous avez réalisé les armes de la duchesse d’Anjou. Comment avez-vous été choisi par la famille royale ?

​La création à proprement parler (le travail d'héraldiste) a été réalisé par le baron Pinoteau et M. Papet-Vauban, qui connaissent bien leur sujet, mais qui ne dessinent pas. C'est naturellement que nous avons travaillé de concert et que l'idée a pris forme sous mes pinceaux.​

Enfin, pourriez-vous décrire et commenter les armoiries de la Princesse ?

​Les armoiries de la princesse se blasonnent ainsi : d'or, à trois fasces ondées d'azur, chargées de 6 marguerites au naturel, posées 3,2 et 1.

Les fasces ondées sont une référence à la famille de la princesse (les Vargas portent d'argent à trois fasces ondées d'azur, qui sont des armes parlantes : vargas = vagues). Les marguerites font référence à son prénom, et le nombre de 6​ ​à saint Augustin, et à ce que ce chiffre symbolise dans la bible : 6 est le chiffre de la Passion du Christ lui qui a souffert le vendredi, soit le 6ème jour de la semaine, considéré comme le chiffre de l’homme puisqu’il a été créé le sixième jour selon le premier récit de la création ; pour saint Augustin le chiffre 6 représente la perfection : « Dieu créa toutes choses en 6 jours parce que ce nombre est parfait ».

 

Vexilla Galliae remercie très chaleureusement M. d’Andeville, qui a accepté de répondre à nos questions malgré sa lourde charge de travail.

Marc Auchenne

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