Interview de Julien Lebreton : Portrait d’un royaliste engagé.

Frederic de Natal : Vous êtes candidat du parti Alliance royale* à la députation du Rhône pour la prochaine élection législative de juin prochain. Quel royaliste est donc Julien Lebreton ?

Julien Lebreton : Je suis un royaliste de 32 ans, marié et père d’un enfant, actuellement chargé de communication de l'Alliance Royale Rhône-Alpes et effectivement  futur candidat aux élections législatives de la 8ème circonscription du Rhône. Un royaliste convaincu que c’est le système politique le plus juste pour l’ensemble des français. Au regard de l’actualité politique de ces derniers mois,  nous ne pouvons que constater qu’une élite tente totalement de phagocyter le débat afin de pouvoir se partager par alternance et sans vergogne le pouvoir régalien. Le tout,sous couvert d’une campagne, dont l’objectif avoué est de faire réélire ou de faire élire son poulain désigné, qui est forgée sur l’autel de la division et des affaires de corruption en tout genre, nous obligeant malgré nous à choisir entre un camp  dit de gauche ou dit de droite. Avec en fond de toile ce diktat du dénigrement de l’un ou de l’autre afin de justifier allègrement ses propositions politiques sans se soucier des attentes des français.

Devant ce triste spectacle, que l’on subit tous les 5 ans, il est évident qu’il nous faut un Roi sur le plan national et mettre en place de nouvelles Institutions permettant de favoriser des coalitions basées sur les idées les plus pertinentes des uns et des autres  et non sur cette division de fait qui ne permettrait pas de mettre en lumière, quel que soit sa couleur politique, l’humain porteur de sa proposition pour le bien commun du royaume.

Frederic de Natal : Comment comptez-vous organiser votre campagne électorale afin de faire jeu égal avec les autres partis en lice ?

Julien Lebreton: A l’heure actuelle nos "Institutions" ne permettent pas à l’Alliance royale de faire jeu égal avec les partis politiques ayant le statut de « grand parti » il nous sera donc impossible de rivaliser en toute équité avec le candidat "Les Républicains ", "PS" ou "FN " pour ne citer que ces trois partis.

A titre personnel, je n’ai ni les moyens financiers et humains pour effectuer le même nombre de débats publics (tant la circonscription est grande) où une équipe de volontaires qui m’aiderait quotidiennement à imprimer des affiches et des tracts.

Ce que je constate également c’est que depuis des siècles on nous présente la République comme une démocratie parfaite alors qu’il ne s’agit que d’une chimère, une poudre aux yeux qui choisit par qui elle entend être représentée. Une république qui n’autorise pas, ou très peu,  qu’un autre débat d’idées se tienne. Ce, afin de privilégier les seules élites qu’elle a choisi. Le travail est donc encore long pour que l’idée monarchique puisse s’imposer dans l’espace politique français.

Frederic de Natal : De son vivant, le prince Alphonse II de Bourbon, refusait de participer ni d'appeler à voter pour un système qu'il ne reconnaissait pas. Feu son cadet, le comte de Paris, Henri d’Orléans, affirmait que "la monarchie n’était pas un parti ".  En quoi un parti royaliste au sein de la république se justifie-t-il en 2017 ?

Julien Lebreton : La Monarchie n’est pas un parti politique dans le sens où il s’agit d’un système de fonctionnement des Institutions tout comme "la République" n’est pas un parti politique.

J’aimerais juste préciser que dès son commencement l’Institution "républicaine" a été dévoyée. En effet, sur un plan étymologique "République" vient du latin "Res" et "Publicus " signifiant "Chose" "Publique" par conséquent "Monarchie" et "République " ne sont pas antinomiques puisque le Roi sera le garant de la chose publique.

Cette précision étant apportée, aujourd’hui, si nous souhaitons réellement permettre le retour du Roi nous n’avons pas d’autres choix que de nous faire élire par le biais des offres que nous présente la République. Plus nous serons nombreux, plus nous serons ce "ver dans la pomme ". Enfin, n’oublions pas une chose que cette république tente de cacher. Elle base sa seule légitimité par le sang de l’aristocratie et de ses citoyens, de deux régicides (Louis XVI et Louis XVII) et de génocides avérés : celui bien connu de la Vendée ou ceux perpétrés durant la colonisation et la décolonisation. Une politique d'ailleurs si elle avait été gérée comme au Royaume -Uni nous aurait permis de développer un réel espace économique dans le respect des nations.

Frederic de Natal : Dans une interview en 2015, l’actuel candidat du mouvement "En marche ", Emmanuel Macron alors ministre, avait déclaré que : " Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort ".  Un sondage, paru l'été dernier, affirmait quant à lui que "17% des Français verraient bien la fonction présidentielle assumée par un roi". Depuis sa création en 2001 et en dépit de sa participation à diverses élections, l’Alliance royale n’a toujours pas dépassé la barre symbolique des 5%. Comment expliquez-vous cette immense différence entre les résultats de l’AR et ceux du sondage ?

Julien Lebreton : Cette explication est extrêmement simple : les partis politiques dit royalistes qui n’entrent pas dans le cadre défini par la République n’ont pas voix au chapitre et n’ont aucun moyen d’être visibles, si ce n’est sur les réseaux sociaux. Ce qui reste assez marginal puisqu’ils ne touchent que les convaincus et demeurent  inconnus des personnes extérieures ne pensant pas que l’idée monarchique est encore belle et bien vivante, loin d’être éteinte. N’en déplaise à nos amis républicains.

Ce verrouillage est d’autant plus vrai depuis l’entrée en vigueur, de nouvelles règles, pour ces élections présidentielles. Afin de permettre au candidat d’accéder au "dernier carré" les règles d’obtentions du précieux graal des 500 parrainages est encore plus difficile et encore une fois ne favorise que les "grands" partis politiques, laissant peu de place à l’Alliance royale de pouvoir s’exprimer ou présenter son programme à nos concitoyens.

Frederic de Natal : Souvent brocardée  soit pour son amateurisme, son manque de militantisme, les déclarations controversées de son délégué général dans la presse nationale ou pour ses positions conservatrices, que répondez-vous  aux détracteurs de l’Alliance royale ?

Julien Lebreton: Loin d’être "complotiste", si l’Alliance Royale (AR) est souvent brocardée à l’instar  d’autres partis, c’est qu’elle doit forcément déranger l’ordre établi. Ces élites républicaines qui s’entendent entres elles afin de garder le pouvoir entre leurs mains avec la connivence des médias qui restent à leurs bottes. Soyons honnêtes, si par malheur un journaliste essayait un tant soit peu  de faire son travail comme il le devrait (principe de neutralite-ndlr), il prendrait le risque d’être immédiatement "mis au placard ".

Je reçois tous les mois le Bulletin Officiel Périodique (BOP) et je peux vous assurer qu’il y’a un fossé entre la réalité du royalisme aujourd’hui et  l’image que les médias présentent habituellement des royalistes comme étant des catholiques ultraconservateurs "où Madame serait  habillée en jupe serrée, portant chignon, s’occupant de sa famille en restant à la maison tandis que Monsieur travaille".

Frederic de Natal : Sur les bancs de l’Assemble nationale, envisageriez-vous de vous allier avec un parti républicain sachant qu’aucun d’entre eux ne s’est jusqu’ici prononcé sur la possibilité ou l’éventualité d’une restauration de la monarchie ?

Julien Lebreton: M’allier avec un parti républicain n’est pas envisageable car ce serait entrer dans un système que je dénonce. En revanche, quel que soit la majorité qui serait en place, je ne dis pas que je ne voterais pas ses textes tout comme je pourrais également apporter mon soutien aux factions politiques qui siégeraient dans l’opposition. Car, comme je le disais précédemment ce n’est pas la couleur politique qui fait qu’un texte soit bon ou mauvais mais son contenu.

Frederic de Natal : Récemment, l’Alliance royale a émis un communiqué pour annoncer que contrairement aux deux autres mouvements royalistes principaux (Action française et Nouvelle action royaliste-ndlr), elle ne donnerait pas de consignes de votes à ses adhérents et sympathisants mais se réservait le droit de se prononcer entre les deux tours. Cette stratégie ne fait-elle pas le jeu partisan de la république?

Julien Lebreton : Je suis en désaccord avec cette prise de position, et je suis assez dubitatif quant à ce choix. Donner une consigne de vote, selon moi, c’est entrer dans un système que nous récusons, c’est donc antinomique selon moi. Je n’ai pas encore eu l’explication de ce choix, je ne manquerai pas de vous en faire part afin que nous puissions le comprendre.

Frederic de Natal : Une querelle dynastique divise, depuis la mort du comte de Chambord en 1883, le royalisme français. L’Alliance royale se dit a-dynastique et refuse de prendre position soit en faveur du prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou ou du prince Henri d’Orléans, comte de Paris. Plusieurs voix, notamment la jeune génération, se sont élevées pour appeler à l’unité des monarchistes en dehors de toute querelle, voire à de nouvelles assises du monarchisme, privilégiant la restauration du principe monarchique avant la légitimité de tel ou tel prince. Pensez-vous  possible et réelle une nouvelle fusion des mouvements royalistes ?

Julien Lebreton : Je l’espère de tout mon cœur !  La situation est suffisamment grave et il serait temps que nous nous unissions  rapidement afin de permettre le retour du Roi. D’ailleurs, si nous en étions  déjà au stade du choix de la dynastie la "plus légitime" pour entrer à Reims il n’y aurait plus que quelques marches à gravir. Malheureusement, il y a encore de longs combats à mener  afin de convaincre nos compatriotes que la Monarchie est le seul régime qui  permettra de redonner sa splendeur à la France.

Frederic de Natal : Les français sont profondément attachés à la réalité d’un pouvoir fort. Alors que certains candidats à l’élection présidentielle dénoncent autant la dérive monarchique de la république que la faiblesse actuelle de l’état plus que perceptible sous le quinquennat de François Hollande, pourriez-vous nous expliquer quelle forme institutionnelle devrait selon vous refléter la prochaine monarchie dans notre siècle 2.0.  Absolue, constitutionnelle ou semi-constitutionnelle ?

Julien Lebreton : Tout d’abord réfléchissons à la définition que nos compatriotes donnent à ces termes.

"Absolue" : dictature

"Constitutionnelle" : un Etat avec une Constitution et peu importe les Institutions en place, il n’y a pas forcément de garant permettant de préserver son application.

"Semi-constitutionnelle" : il y aurait un Roi au-dessus de la Constitution donc non soumis à cette dernière et le reste des Institutions soumises à la Constitution.

Selon moi, aucun de ces termes ne correspondent à notre siècle  "2.0" car le Roi en place, bien que dans une certaine mesure, doit être au-dessus de la Constitution détenant légitimement son seul  pouvoir de Dieu. S’il n’était que le simple garant d’une constitution,  il perdrait  toute cette neutralité qui fait son essence royale.

Frederic de Natal : Après un siècle et demi de laïcité qui a imprégné considérablement les mentalités de nos concitoyens, quelle serait sa place et celle des religions en cas de restauration de la monarchie ?

Julien Lebreton : Lorsque la France était une Monarchie la religion dite étatique était le catholicisme puisque le Roi détenait son pouvoir de par son Sacre au sein de l’Eglise. Mais l’ensemble des cultes pouvaient être pratiqués sur l’ensemble du territoire, et le Roi était le garant de cette liberté de culte. Il y a eu certes  des périodes plus troubles où la liberté de culte a été férocement niée mais n’oublions pas que le Roi agissait selon sa conscience et selon la vision en place à l’époque. Nul n’est parfait.

Frederic de Natal : Une fois élu député, quelles seraient les 5 premières propositions de loi que vous voudriez soumettre à l’Assemble nationale ?

Julien Lebreton : Tout d’abord dans l’hypothèse où je serais élu et si d’autres membres de l’Alliance Royale m’accompagnaient au Palais Bourbon, dans l’hypothèse où ne serions que minoritaires,  il est clair qu’aucune de nos propositions de loi ne seraient adoptées. Le système étant gangréné par l’idée même que la République est la perfection et la Monarchie est synonyme de tyrannie.

Ceci étant dit, ma première proposition de loi consisterait à de créer une Assemblée Constituante dans l’objectif de permettre le retour du Roi.

Nous devons impérativement recouvrer notre pleine souveraineté, qu’il s’agisse de nos frontières, de notre monnaie ou encore du choix du vote de nos lois (sortie de l’Europe-ndlr)

Je proposerais ensuite trois grandes lois afin que notre système éducatif, judiciaire ou de santé puisse fonctionner dans les meilleures conditions possibles et surtout qu’il soit pérenne et non soumis au "diktat" des lobbys et de la finance.

Frederic de Natal : Demain le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et actuel chef de la maison capétienne, couronné Roi de France et de Navarre (Louis XX-ndlr). Derrière l’espoir qu’il incarne aujourd’hui pour la Légitimité, une prochaine réalité qui pourrait se concrétiser selon vous, au regard de la crise d’identité, sociale, politique et économique que traverse notre pays ?

Julien Lebreton : Qu’il s’agisse du duc d’Anjou  (Louis de Bourbon –ndlr) ou du comte de Paris (Henri d’Orléans-ndlr) si nous arrivons à déverrouiller notre système médiatique alors tous les espoirs seront réunis pour qu’enfin la France puisse sortir du marasme dans lequel elle se trouve et être sauvée de la noyade à laquelle elle est actuellement promise.

Frederic de Natal, Journaliste.

 

* L'Alliance royale (AR) est une formation politique française  fondée en 2001 . Elle vise à l'instauration d'une monarchie telle qu'elle peut être conçue au XXIe siècle, en prenant comme base de départ la constitution de la Ve république. Elle est également a-dynastique et a plusieurs élus sur le plan local.

 

 

Commentaires  

#4 Chantal de Thoury 26-04-2017 14:41
A La suite de Monseigneur le Comte de Chambord, Notre Prince Louis a redit: Ma personne n'est rien, Mon Principe est tout.
L'Alliance Royale répète continuellement que le rassemblement politique de tous les royalistes doit se faire sur le tronc commun politique des bonnes institutions pour la France en notre 21 e siecle compte tenu de Sa Souveraineté qui doit tenir compte de toute la geopolitique y compris Ses relations de dépendances negociables vis a vis des autres pays.
Tant que la Famille Royale de France n'aura pas réglé la légitimité dynastique en son sein pour le plus grand Bien du peuple de France dans la vision sur le long terme nous continuons de mener le combat dans l'arene de cette fausse démocratie afin de proposer à nos compatriotes de revenir à la Royauté s'appuyant sur cette démocratie vertueuse par les corps sociaux qui a fait la preuve de son efficacité pendant 7 siecles, meilleur rempart contre les oligarchies financières avides de pouvoir.
Le rajout des référendums d'initiative populaire en sus du référendum d'initiative royale qui ont cruellement manqué à Louis XVI sera nécessaire.
Dans sa campagne sur le terrain chaque adhérent a un devoir d'indiquer que l'Alliance Royale s'emploie a Fournir au "Roi qui vient" de bons outils de gouvernement puis... à la question "Quel Roi ? de repondre que l'Alliance Royale laisse a la famille Royale le soin de régler en interne ce problème.
Puis a la question presque automatique suivante "mais vous, quel Prince ?
On peut dire quel est notre choix personnel en specifiant qu'il n'engage pas l'AR.
Il se trouve que dans toutes mes pérégrinations electorales mes réponses ont toujours été bien reçues et je peux assurer qu'en Province profonde le choix populaire est pour l'aîné par primogeniture mâle, sauf avec les ultra gauchistes et quelques ultra féministes encore que...après une bonne controverse on arrive à convaincreles uns et les unes.
Aussi, je peux affirmer que sur le terrain et dans tous les contacts que j'ai avec "mes adversaires" aux elections nos arguments sont tellement convaincants aupres de leurs propres militants qu'il est arrivé souvent que leurs chefs viennent sur le terrain des marchés où je les rencontrais les chercher pour les arracher à nos arguments imparables qui commencaient a les inciter a réfléchir sainement.
Le terrain des élections permet de semer le bon grain, ensuite il faut l'entretenir en ne mentant jamais et en restant totalement fideles a la Doctrine Sociale de l'Eglise sans faire de compromission et en gardant une extrême douceur charitable pour tous.. ..et...en ayant une vie en conformité avec notre ideal chretien tout en avouant sans orgueil nos propres faiblesses parfois à garder la voie droite.
La priere et la Pénitence doivent nous être intrinsèques ainsi que notre consécration aux Cœur Sacré de Jésus et au Cœur Immaculé et Douloureux de Marie.
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#3 PELLIER Dominique 24-04-2017 10:40
Qu'avons-nous encore à débattre de la légitimité d'une branche de la famille royale ou d'une autre, quand tout est clair ? Qu'avons-nous à perdre du temps dans des débats aussi stérile quand la FRANCE et les Français souffrent de quarante ans où leurs dirigeants leur ont menti, pire, dédaignés! Il faut un roi à la FRANCE et travailler à cela au plus vite
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#2 AudeLys 24-04-2017 09:48
J'ai déjà eu l'occasion de le dire, le problème de l'A.R. est de refuser de se positionner derrière Louis XX alors même que la "brouille" avec les Orléans se dissipe et qu'ils semblent entretenir de bonnes relations.
Ceci dit, je pense également que nous ne pourrons faire l'impasse du passage par un parti politique - dans lequel évidemment le Roi n'aurait rien à y faire-. Il nous incombe de "faire le boulot" à sa place pour préparer son retour.
Nous sommes prisonniers d'une constitution et nous devrons faire avec.
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#1 Marc-Marie 22-04-2017 16:49
Militer pour la restauration de la monarchie sans reconnaître le prince légitime cela n'a aucun sens... Les Empires et la monarchie de Juillet n'étaient pas plus légitimes que les différentes Républiques ou le régime de Vichy : reconnaître un monarque illégitime serait donc pire que mieux...
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Caricature du 4 novembre 2017
« La république des privilégiés »

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