Les principes restaurateurs : Réinvestissons la res publica

Nous touchons ici à un sujet essentiel pour la restauration de la France : notre relation à la République. Une sorte de malédiction, assez naturelle et compréhensible du reste, a hanté les contre-révolutionnaires et autre conservateurs depuis la Grande Révolution, et encore plus pendant le premier vingtième siècle avec le royalisme d’Action française : la République est à l’origine de tous les maux, et la monarchie de tous les biens. L’analyse n’est pas forcément fausse selon le sens donné à tous ces mots, mais elle possède trois défauts majeurs aujourd’hui – qu’elle n’avait pas forcément hier d’ailleurs – : le manichéisme nous guette, et il fait le jeu de la révolution intellectuelle et idéologique, car l’oubli de la royauté, bien plus que de la monarchie, nous menace ; et cela fait le jeu de la révolution areligieuse et antidivine ; et enfin la tendance négative à la résistance au lieu de la recréation, avec le danger de faire des républicains, concept très flou, des ennemis, dans un monde où tout le monde se dit « républicain » – sans bien savoir ce que c’est.

Notre temps tragique a pourtant dans le malheur quelques avantages paradoxaux : il nous fait sortir de la résistance et du conservatisme pour aller vers la refondation et la restauration, car trop a été perdu, et trop d’entre nous n’ont plus grand-chose à perdre. Il nous fait sortir du manichéisme, car nous voyons la mollesse spirituelle générale, avec des gens, et des jeunes en particulier, plus vraiment idéologiques au fond, mais surtout perdus, ne demandant qu’à retrouver Dieu et le roi s’ils pouvaient encore entrer en contact avec eux. Il nous rappelle, par le vide de sens de tous ces mots surannés, que les républicains n’existent pas, et ne sont que l’outil d’illuminés cherchant leur propre profit ou la folie perverse.

Réinvestissons donc la res publica de façon positive et entreprenante, en rétablissant le sens véritable du mot.

Ce combat restaurateur de restauration sémantique et principielle est le fondement de toute restauration saine. L’intransigeance absolue en cette matière est requise pour ne jamais se laisser entraîner au double sens, à la mollesse sémantique, à la perversion insidieuse de l’étiquette qui confine aux oppositions irréconciliables.

Réinvestissons la res publica, comme pour tous les mots dévoyés et pris en otage par la Révolution – Peuple, patriote, Nation, etc., il y en a tant… Sachons dire sans sourciller : Je suis sujet de notre bon roi, donc ardent soutien de la res publica éternelle et royale ; je suis donc un véritable républicain. Et si vous aussi êtes républicain, comme vous le prétendez, soyez bon sujet du roi, car hors du roi, point de république. Puisque la république bonne n’est point autre que la res publica, qui est par excellence un autre nom de la Cité voire de l’État, qui n’est autre que l’esprit royal incarné dans l’ordre matériel et politique, dans l’indication du chemin royal de toute spiritualité charnelle, axe vertical vers le ciel et les aïeux, France particulière dans la chrétienté, miséricorde, charité et tendresse horizontale et communion dans la marche vers la divinité. La res publica, la république, c’est la royauté incarnée et sacrée dans son roi, dans sa maison de France, et dans tous les sujets du roi ! La res publica, la chose publique, l’esprit public, c’est-à-dire l’esprit de justice et l’esprit divin incarnés dans le monde, n’est autre que l’esprit royal et le chemin royal en France. La Constitution du royaume de France est ainsi faite.

Seul ce genre de discours, hors des clous, hors des conceptions courantes, peut permettre de changer enfin de dimension, en sortant de la lutte interminable, de la différence irréconciliable, de l’étiquette réductrice de l’homme à une dimension uniforme. Le sujet du roi est multidimensionnel et polyforme, puisqu’il est un homme, plein de contradictions, de corps et d’âme, incarné et spirituel.

Ce procédé permet de désactiver l’opposition stérile et la lutte destructrice du royaliste contre le républicain, ou tout autre schéma binaire. Tout républicain est un sujet royal qu’il faut éveiller, à qui il faut faire prendre conscience du sens véritable de la république, puisque, s’il cherche vraiment le salut public, il ne peut que chercher la royauté, sinon il se fourvoie, par faiblesse, par ignorance ou par malignité, souvent comme une victime pauvre dont l’âme finira mal, pour des petits intérêts au mieux, ou dans une logique perverse de faire souffrir par cruauté les autres – comme ils ont pu souffrir en général eux-mêmes. Mais ces derniers sont minoritaires et importent peu. Ce qui compte, c’est le bon esprit à promouvoir et la conversion des cœurs, qui passe dans le réinvestissement de tous les pans abandonnés par la contre-révolution, à commencer par la république au sens véritable du terme restauré et qui n’a rien à voir avec ce monstre idéologique inexistant et ectoplasmique, prétexte pratique pour abuser des moyens que sont institutions et systèmes pour des profits particuliers au mieux, ou des volontés perverses au pire, bien tristes au demeurant et qui ont besoin de miséricorde et de charité.

Un républicain véritable est un sujet du roi qui ne demande qu’à prendre conscience de sa condition.

Pour Dieu, pour le roi, pour la France,

Paul-Raymond du Lac

Commentaires  

#10 Baile Atha Cliath 05-04-2017 09:42
Je n'ai pas fait de latin hélas, mais je connais le sens du mot république, c'est bien sûr ce que dit Pellier Dominique : res publica, la chose publique, qu'on peut très bien appeler le bien commun...

Et force est de constater que la République Française en est bien loin ! Surtout depuis 30 ans maintenant, et particulièremen t depuis 2012 !
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#9 Sophie 01-04-2017 23:47
Belle image pour illustrer le propos

le Sénat d'HBO Rome
où on peut admirer le suicide de cette assemblée oligarchique puis l'instauration de l'Empire romain.
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#8 Sophie 01-04-2017 23:22
Belle image pour illustrer le propos:

Le Sénat romain de la série de HBO Rome, qui montre le suicide des Sénateurs romains et l'établissement de l'Empire romain avec l'appui du peuple romain.
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#7 PELLIER Dominique 30-03-2017 08:40
Ah bon ? Je croyais que le mot république venait justement de Res Publica, la chose publique. Que les choses aient évolué dans le mauvais sens, je l'entend hélas bien.
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#6 Meuse 29-03-2017 22:01
D'accord avec Catelfulgens. Le mot de république a pris un sens bien différent de celui donné par le vieux Jean Bodin. Il ne sert à rien de le nier. Dès lors, si l'on est royaliste, on est nécessairement antirépublicain .
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#5 Le Vaneau 29-03-2017 14:06
Citation en provenance du commentaire précédent de PELLIER Dominique :
je ne comprends pas bien ce propos. Sinon qu'un roi serait beaucoup plus protecteur de la "chose publique" que nos gouvernants actuels....?

Étymologiquemen t, le « républicain » est celui qui veut le bien commun. Il n'y a donc pas plus « républicains » que les royalistes...
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#4 Franz de Burgos 29-03-2017 12:27
Une nouvelle fois, BRAVO !
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#3 PELLIER Dominique 29-03-2017 09:45
je ne comprends pas bien ce propos. Sinon qu'un roi serait beaucoup plus protecteur de la "chose publique" que nos gouvernants actuels....?
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#2 Essayan 29-03-2017 07:22
Pouvons nous cohabiter avec des gens qui ont reçu une culture issue d'un coup d'état jonché de meutre à répétition dont notre Roi et Reine de France et on volé les privilèges au détriment d'une sois disant re-distibution au peuple qui a servie de prêtexte alors que le peuple était Monarchiste. Le roi est vivant vive le roi
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#1 Catelfulgens 29-03-2017 07:21
Bon courage....les élans lyriques c'est bien mais il ne faut absolument pas confondre la res publica et la république qui n'a rien à voir c'est là l'erreur de cet article idéaliste et bien à côté de la réalité pratique...! Il faut remettre les pieds sur terre et ce méfier des idées lumineuses qui ne produisent jamais rien....Ce serait tellement simple si c'était si facile!
Vive le Roi et à bas la république!
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