Déclaration de Monseigneur le Duc d’Anjou sur la sépulture du Roi Charles X

J’ai souhaité solenniser le 180ème anniversaire de la mort du Roi Charles X, mort à Gorizia, le 6 novembre 1836, en venant me recueillir sur son tombeau.

            Le dernier roi légitime de France est mort en exil et il repose dans le Couvent des Franciscains de la Castagnavizza en Slovénie dans lequel une crypte a été aménagée pour recevoir la dépouille des Bourbons accueillis dans ce qui était alors un territoire de l’Empire Austro-Hongrois.

            A plusieurs reprises a été soulevée la question d’un éventuel transfert de la royale dépouille en France pour être placée dans la nécropole de Saint-Denis où reposent presque tous les rois. Mon Père, lui-même, le Prince Alphonse, duc d’Anjou et de Cadix, en venant à Gorizia-Nova Gorica en 1986, avait pu l’évoquer et il s’était rapproché des différentes autorités religieuses et politiques. Le contexte était alors très différent puisque le rideau de fer d’alors faisait qu’à l’exil s’ajoutaient des difficultés de déplacements dans ce qui était la Yougoslavie. Avec 1989 un double changement est intervenu. Tout d’abord par le décès de mon père je me trouvais nouveau Chef de la Maison de Bourbon étant âgé à peine de 15 ans. La question Charles X ne pouvait pas être dans les premières que j’avais à résoudre. Ensuite la chute du mur de Berlin puis l’indépendance de la Slovénie précédant son entrée dans la Communauté européenne, étaient autant d’événements qui modifiaient la donne politique. Il n’était dès lors plus question de transfert des dépouilles des Bourbons puisqu’elles étaient accessibles par tous ceux qui voulaient venir s’y recueillir.

            Il y a quelques temps des initiatives privées, associatives, animées sans doute par de louables sentiments, ont ré-ouvert le débat. Initiatives extérieures à la famille de Bourbon, même si certains membres ont été approchés et ont parfois montré leur intérêt individuel. Sollicité, comme aîné et chef de la Maison de Bourbon, et donc premier à pouvoir m’engager, j’étais resté sur une prudente réserve. Il me semblait, en effet, que l’ensemble des questions que pouvait soulever un tel transfert n’était pas vraiment étudié. Il y avait notamment deux grands absents : le Couvent des Franciscains qui depuis cent quatre-vingt ans garde et protège les dépouilles des Bourbons et d’autre part les Villes de Nova Gorica et de Gorizia qui, depuis la même époque, sont fidèles à cette page où leur histoire et celle de la France ont été confondues. La moindre des choses est toujours de rencontrer toutes les parties. Mon voyage est l’occasion de telles rencontres.

            Ainsi, bien évidemment, sans préjuger de l’avenir qui ne nous appartient pas et de circonstances extérieures, actuellement trois arguments vont à l’encontre d’un retour des cendres de Charles X en France.

-          Un argument historique. Charles X est mort en exil en 1836 et le Gouvernement alors en place n’a pas cherché à faire revenir sa dépouille, préférant faire revenir celle de l’Empereur Napoléon Ier, en décembre 1840… Ce transfert ne pourrait, en effet, avoir qu’un objectif de réconciliation. Un retour sans ce mobile n’a pas vraiment de sens. Le rapatriement du corps d’un souverain est un acte national, pas celui de quelques nostalgiques. Ajoutons que le retour d’un souverain est, par nature, un acte public qui doit engager le pays au plus haut niveau. La dépouille doit être accompagnée par les armées, le gouvernement en place doit être présent, etc… Seul l’Etat peut en décider. 

-          Un argument factuel. La crypte des Bourbons telle qu’elle existe actuellement dans le Couvent de la Castagnavizza n’est pas une sépulture du hasard, même si à l’origine il n’y avait pas de plan clairement défini et si le roi a été déposé dans un caveau déjà existant mis à disposition par une famille princière locale. La volonté d’avoir un lieu de sépulture spécifique et surtout pérenne a été manifesté par le Comte de Chambord, chef de la Maison de Bourbon. Il a souhaité organiser la sépulture de ses proches déjà décédés ainsi que de lui-même et de son épouse. Une crypte a été aménagée à sa demande expresse au début des années 1880 pour recevoir les cercueils. L’emplacement a été spécialement choisi sous le chœur de la chapelle. Cela traduit le souhait d’avoir un second lieu de sépulture officiel autre que Saint-Denis, pour marquer l’exil. La restauration de la royauté en France n’étant pas à l’ordre du jour, le retour des cendres ne peut pas l’être non plus puisque la monarchie est toujours dans une sorte d’exil. La question n’est donc pas actuelle et admettre le retour serait admettre la fin de l’espoir en une Restauration. Mais elle demeure une question familiale qui est du ressort du Chef de Maison. 

-          Un argument d’opportunité. A une époque où l’Europe cherche un second souffle, il faut maintenir les symboles forts qui forgent son unité et son identité. Les nécropoles royales en font partie et, en ce sens, la Castagnavizza a toute sa place dans le « réseau » constitué de Westminster, l’Escorial, les Capucins à Wien, et bien évidemment Saint-Denis. A cela s’ajoute le rôle culturel d’une telle nécropole qui renforce les liens entre la France et la Slovénie.

Ainsi, compte tenu de tous ces éléments, il ne paraît pas souhaitable d’envisager actuellement un quelconque transfert d’un ou plusieurs cercueils reposant dans le Couvent des Franciscains de Nova Gorica. 

Que Saint Louis et Saint François veillent sur les Bourbons.

Fait à Nova Gorica-Gorizia le 19 février 2017

Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou     

Commentaires  

#7 Patrick MOCAER 09-03-2017 23:27
La déclaration du souverain est digne et responsable, que Dieu nous aide à le rétablir rapidement sur le trône de France, afin que ce beau pays retrouve tout son éclat et sa souveraineté
PfM
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#6 Janvresse 07-03-2017 18:50
Si Sa Majesté est bien l'aîné des Bourbons, les héritiers
désignés par le comte de Chambord pour ses affaires privées étaient les enfants de sa sœur épouse du duc Robert de Parme.
Comme tels ces derniers et leurs propres héritiers sont à mon sens les seuls à pouvoir décider d'un transfert.
Cela ne remet pas en cause mon soutien à Sa Majesté dans l'affirmation de ses droits à la Couronne
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#5 Benoît Legendre 05-03-2017 23:16
Le retour des cendres royales a déjà été abordé sur Vexilla ; la déclaration de Mgr le Duc d'Anjou a le mérite d'être claire, et pour moi elle doit être respectée : que le roi Charles X repose en Slovénie !

Les filous et les incapables qui gouvernent notre cher vieux pays sont absolument indignes de recevoir les cendres du roi, ils feraient une réception en catimini ou pire, une cérémonie grotesque, qui courrerait de surcroît le risque d'être perturbée, et même salie par ceux qui n'ont de cesse de détruire la France...
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#4 PELLIER Dominique 03-03-2017 08:03
LONGUE ET HEUREUSE VIE A LA PRINCESSE EUGENIE DE FRANCE QUE DIEU BENIT
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#3 PELLIER Dominique 28-02-2017 08:07
Mais on se moque d'où se trouve le tombeau de nos rois !!! Cette affaire a-t-elle une quelconque importance devant l'état de notre Pays!!!!! C'EST UNE AFFAIRE QUI NE CONCERNE QUE LA FAMILLE DE BOURBON, NOTRE FAMILLE ROYALE de laquelle NOUS N'AVONS PAS A NOUS MELER
METTONS A NOUVEAU UN ROI A NOTRE TETE POUR LA PROSPERITE DE LA FRANCE ET LE BONHEUR DES FRANCAIS
En quelle langue faut-il le dire ????????
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#2 castelfulgens 28-02-2017 06:23
Bravo Monseigneur, votre position est très claire et exprimée avec simplicité et objectivité. Vous êtes le seul à pouvoir vous prendre un décision sur ce sujet touchant vos ancêtres et les agitations de trublions auto-proclamés décideurs de l'avenir de ces sépultures sont nulles et non avenues si au minimum elles n'agissent pas en liaison avec vous et votre famille... ces gens-là tentent de se donner une importance qu'ils n'ont pas et donnent une piètre image du légitimisme avec des communiqués orgueilleux autant qu'inutiles et creux. Nous sommes vos fidèles sujets et nous plaçons sous votre autorité et vos sages décisions. Vive le Roi.
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#1 Michel VILLE 27-02-2017 20:38
Très belle et responsable déclaration de Louis XX, digne d'un chef d'état
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