24.01.2016 : Louis XX à la Chapelle Expiatoire

En ce dimanche 24 janvier 2016, j’arrive à la Chapelle Expiatoire vers 9h30, afin d’être de ceux qui pourront se trouver à l’intérieur de la Chapelle qui peut raisonnablement contenir cent personnes debout. Le service d’ordre de Sa Majesté, arborant un beau brassard blanc à fleur de lys d’or, nous retient à l’extérieur de l’enceinte jusqu’à 10h00, afin de permettre aux membres de la chorale, aux servants de messe et aux prêtres, de préparer la célébration.

La température est clémente et l’attente en est d’autant plus supportable. A 10h00, tout étant prêt, nous pouvons gravir les dix marches qui mènent au jardin intérieur, puis les cinq ou six autres qui nous font accéder du jardin à la Chapelle. La beauté pure qui émane de l’élégance antique des voûtes de pierre à caissons sculptés de ce Martyrium me fascine toujours. D’autant plus que nous pouvions également apprécier la blancheur immaculée du marbre de carrare des deux sculptures de Leurs Majesté Louis XVI et Marie-Antoinette qui viennent d’être restaurées.

A 10h30, précédé de la Croix de procession, de la lumière des cierges, des volutes de l’encens et des prêtres, Sa Majesté Louis XX entre dans la chapelle et va rejoindre le fauteuil de Chœur sur la gauche de l’Autel. Le suivent le comte de Beaumont-Beynac, Président de l’Ordre de Malte en France et vice-président de l’Institut de la Maison de Bourbon, le baron Pinoteau, Chancelier de France, le prince Hugues de Bauffremont, représentant son père le prince Charles-Emmanuel de Bauffremont, Président de l’Institut de la Maison de Bourbon, le prince Henri de Bauffremont, Président du Mémorial de France à Saint-Denys et son épouse, le prince Benoît de Bauffremont, Monsieur Laurent de la Rozière, Secrétaire général de l’Institut de la Maison de Bourbon, le baron et la baronne Hüe, ainsi que les administrateurs de l’Institut de la Maison de Bourbon.

L’office, dans le rite ordinaire cette année, de la Sainte Messe commence et l’assemblée entame, avec la chorale, le beau chant « A Toi la Gloire, O Ressuscité ! ». Le temps de Pénitence suit, puis celui de la Parole et arrive l’Homélie, confiée à un autre père que celui officiant… Que vous dire… Curieuse homélie qui, sans être totalement dénuée de profondeur, se bâtit en mélangeant allègrement les références à Bernard-Henri Lévy (et à sa sœur convertie au catholicisme) et à Benoit XVI… ou à André Frossard et à Eric-Emmanuel Schmidt… Nous dirons qu’elle fut « actuelle »…

Comme chaque année, de grands haut-parleurs étaient disposés sous le portique d’entrée de la Chapelle, afin que les personnes situées dans le jardin intérieur puissent suivre la messe. En sortant de la Chapelle, j’eu le grand plaisir de constater qu’environ cinq-cents personnes avaient rempli l’intégralité des allées latérales du jardin intérieur, ne laissant que l’allée centrale, que le service d’ordre conservait scrupuleusement vide. Quand, après le chant d’envoi adressé à notre Très Sainte Mère la Vierge Marie, Sainte Protectrice de la France « Chez Nous Soyez Reine ! », toujours précédée de la Croix et du clergé, Sa Majesté le Roi sortit, une belle voix d’homme retentit, clamant « Viva el Rey ! » auquel le Roi répondit par un sourire et un signe de tête, qui fut immédiatement suivi de dizaines de « Vive le Roi ! » et d’applaudissements.

Louis XX se rendit sous le porche d’entrée et reçut, comme à son habitude, avec une gentillesse et une simplicité toutes royales, les hommages empressés de ses sujets. Cependant qu’à l’extérieur de l’enceinte, dans le Square Louis XVI, six membres de Vexilla Galliae distribuaient à chacun des partants de beaux portraits-autocollants du Roi !

Il est environ midi quand Louis XX quitte le Square Louis XVI à bord d’une Peugeot 607 grise, toujours sous les acclamations de « Vive le Roi ! » et les applaudissements.

Un peu plus de cent-cinquante d’entre nous nous retrouvons alors à la brasserie Mollard, en face de la gare Saint-Lazare, située à deux-cents mètres de la Chapelle Expiatoire. Très belle institution au décor Belle Epoque 1880-1915, très bien conservé et duquel se dégage un sentiment de délicieuse insouciance du passé  d’avant-guerre… Le père entonne le bénédicité que nous reprenons tous et Sa Majesté le Roi Louis XX lit le discours que vous retrouverez très bientôt sur Vexilla Galliae. Expliquant pourquoi la France perdit son âme en perdant son Roi, Sa Majesté nous transmet, de sa voix grave et douce - légèrement timbrée des résonnances ibériques qui me ravissent toujours, me rappelant que nos princes Capétiens, par les volontés conjointes de Charles II et de Louis XIV, étendirent leur puissance sur l’Espagne et son immense empire et, de là, sur le royaume des Deux-Siciles, le duché de Parme, de Plaisance et de Guastalla et le Grand-duché du Luxembourg… - un message de confiance en l’avenir, « le Roi ne mourant pas en France » comme Sa Majesté nous le rappela très pertinemment. Un tonnerre d’applaudissements salue ce dense et beau discours, puis le déjeuner est servi. Le service fut très correct, le nombre de serveurs voletant dans les allées les mains chargées de plateaux d’assiettes étant en rapport avec celui des convives, et la chère, pour être simple, fut tout à fait bonne.

Il était environ 15h00 quand Sa Majesté Louis XX se leva et, remontant l’allée autour de laquelle étaient disposées toutes les tables, eut la sensible délicatesse d’adresser à chaque tablée un franc et beau sourire en remerciement de leur fidélité. Chacun put en recevoir l’éclat et en conserver l’heureuse impression. Je vous le dis souvent, mais le dire et le redire vous fait connaître qui est notre Roi : Louis XX est un homme authentiquement chaleureux, cordial, très rieur même, aimant beaucoup plaisanter. Ce qui le rend, pour nous que son charisme paralyse toujours un peu, d’un contact très simple, très amical.

Je vous dis aussi régulièrement qu’il me semble que le charisme de Louis XX se développe, ou, plus exactement, s’épanouit. Je puis vous en livrer un exemple magnifique qui s’est produit lors du départ du Roi : Louis XX se lève et les membres de sa tablée se lèvent également, l’une des raisons purement pratique étant de libérer la voie entre la table et le mur pour que Sa Majesté puisse s’en aller. Les quinze autres tablées sont en pleine conversation et ne remarquent pas immédiatement que le Roi s’est levé. Quand une voix féminine assez claire se fait entendre : « Le Roi est debout ! ». Instantanément, les conversations s’interrompent, tous les regards se portent vers Sa Majesté et cent-cinquante sièges s’entrechoquant font traîner leurs pieds sur le tapis pour permettre à leur occupant d’obéir à l’ancienne règle de déférence qui voulait que l’on se levât quand le Roi se levait. Je relève l’effet du charisme royal qui émane de Louis XX dans le réflex unanime de déférence que provoqua l’audition de cette phrase-étendard : « Le Roi est debout ! ». La déférence est l’hommage de la considération que l’on témoigne à une personne dont l’autorité, les vertus ou le principe qu’elle incarne nous semblent les mériter légitimement. Cette autorité, ces vertus, ce principe sont constitutifs du charisme et Louis XX en rayonne !

Certains échanges reprirent, d’autres tablées se vidèrent et, vers 16h30, chacun était sur le chemin du retour chez soi. Comme chaque année, cette journée en compagnie du Roi nous a comblés de deux bienfaits : en premier lieu, bien sûr, du rayonnement de la présence royale (ce charisme que je viens d’essayer de définir), si essentiel pour entretenir l’ardeur de notre foi légitimiste, mais aussi, en second lieu, des trésors d’échanges, de rencontres ou d’amitiés puisés au sein d’une même fidélité au « Roi de France par la Grâce de Dieu » !

Pour Dieu ! Pour la France ! Vive le Roi ! Vive Louis XX !

Franz de Burgos

Commentaires  

#3 dominjoud 30-01-2016 18:13
bonsoir monseigneur attention de ne pas prêter attention a Bernard henri-levy .car ces un républicain . (manipulateur ) et participe bien au déclin de la françe
bien a vous
votre sujet

François d
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#2 Ivannick 26-01-2016 04:50
Sans ironie aucune, Merci pour ce moment !
Excellent compte-rendu de cette célébration.
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#1 Solange 25-01-2016 20:35
Excellent reportage qui ne peut que nous faire regretter ne pas avoir pu être là. L'année prochaine, nous y serons ! Merci de cette belle traduction de l'évènement qui méritait vraiment la signature de Franz de Burgos, un professionnel de l'écriture qui jongle avec les mots et les émotions.
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