16 octobre 2015 : Messe à la mémoire de Marie-Antoinette, Reine de France et de Navarre

Comme chaque année depuis près d’un siècle, le Mémorial de France à Saint-Denys, dont le Protecteur est le Roi Louis XX, organise une messe à la mémoire de notre Reine Martyre qui monta à l’échafaud le 16 octobre 1793.

J’arrive vers 11h30 et découvre, au sortir du métro de la ligne 13, la magnifique façade restaurée de la Basilique Royale de Saint-Denys. Façade gothique à la pierre ocre-jaune très pale, presque blanche, parfaitement nettoyée de son hâle de suie, présentant en son centre la splendide rosace-horloge qui a retrouvé sa polychromie et ses dorures ! Au bas de cette façade, les trois porches aux portes ornées de pentures extraordinaires de fer forgé et aux gâbles dont nous pouvons maintenant apprécier toute la vivacité des sculptures.

Entré à l’intérieur, je salue très respectueusement Sa Majesté l’impératrice Tây Phuong, la princesse Vinh Thuy, veuve du dernier empereur du Viet Nam, Bao Dai, qui, chaque année fidèle à cette commémoration, partage avec moi sa satisfaction de la qualité des travaux de restauration de la façade et du chœur de la Basilique Royale. Nous remontons l’allée centrale vers le chœur pour découvrir l’absence du Maître-Autel, qui a disparu à l’occasion des travaux, remplacé par un mur aveugle le long duquel ont été disposés des sièges dorés garnis de velours rouge. Mais, sans sourciller contre cette mauvaise fortune à peine concevable (songez que la Basilique Royale de Saint-Denys n’a plus de Maître-Autel !), la forme tridentine du rite romain a pu être respectée par le bon cœur des servants qui dressèrent, en le recouvrant d’une grande nappe de velours noir broché de rinceaux et volutes de fils d’argent, le cube central qui sert d’autel dans les formes qui l’orientent naturellement vers le grand Christ crucifié en bronze doré du Sanctuaire. L’évêque officiant, en chape de velours noir broché d’argent, officia en latin et un prêtre, remplissant l’office de diacre, donna une très belle homélie sur la Reine, certains arguments pourvus d’une surprenante actualité, dont voici en substance  l’esprit: 

La Reine fut accusée d’être une étrangère néfaste à la France : Elle était pourtant une Habsbourg-Lorraine, dont le père avait été le dernier duc Habsbourg de Lorraine, François III, duc de Lorraine et de Bar, dépossédé de ses états par le traité de Vienne qui mettait un terme à la Guerre de Succession de Pologne. Stanislas Leszczynski, Roi déchu de Pologne et beau-père de Louis XV, reçut le duché de Lorraine et de Bar qui reviendrait à la France à sa mort. Ainsi peut-on dire que la Reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, apporta en dot la Lorraine à la France, mais sur un patrimoine venant de la famille de Marie-Antoinette… Le mariage de Marie-Antoinette avec le Dauphin Louis, duc de Berry, venait donc apporter comme une confirmation de l’intégration à la Couronne de cette si belle province. Mais, surtout, elle donna à la France une princesse et deux Dauphins… que l’adversité allait pourchasser… Enfin, quand la marche au Calvaire commença, elle soutint le Roi sans faillir, répondit aux ignominies de ses calomniateurs avec la dignité de la première des Françaises, ce qui lui acquit, l’espace d’un instant, le soutien de celles présentes dans l’enceinte du « tribunal » (qui était une chambre d’exécution pour être exact). Elevant la fin de sa courte vie (37 ans !) à la dimension surhumaine de la vraie France millénaire, catholique et défenderesse des libertés locales, que la révolution devait assassiner pour y substituer une dictature élective anti-Dieu (la république), elle accepta de boire le calice du martyre jusqu’à la lie, et de recevoir l’insigne gloire d’incarner la France jusqu’au sacrifice !

Lorsque les têtes de Louis XVI, de Marie-Antoinette ou de la pauvre princesse Elisabeth furent montrées à la foule, c’est la tête de la France ancestrale, de la France de soixante Rois de trois races, Fille Aînée de l’Eglise du Christ, chérie de Dieu, que la Convention révolutionnaire montrait au peuple rendu fou par trop de crimes ! Marie-Antoinette fut donc la plus française de toutes, ce 16 octobre 1792 ! Et je reprends la très belle conclusion du prêche : « Plaise à Dieu que nous recevions, aujourd’hui, beaucoup d’ « étrangers » qui apportent et s’identifient autant à la France que le fit Sa Majesté la Reine ! ».

L’office s’acheva par la lecture de la dernière lettre, poignante, que la Reine rédigea le 16 octobre 1793, à quatre heure du matin, sans savoir si sa destinataire la lirait jamais, à l’intention de sa belle-sœur, la princesse Elisabeth (que la révolution, hydre assoiffée du sang de l’innocence, assassinera à son tour sans aucun motif sept mois plus tard), qui nous montre la Reine dans le dénuement d’une âme repentante qui s’avance avec confiance vers le Père et pardonne sincèrement à ses bourreaux. Un silence ému suivit cette lecture où nous entendîmes la Reine nous parler d’outre-monde…

Enfin, Monseigneur l’officiant, le père, les servants, le prince Charles-Emmanuel de Bauffremont, son fils le prince Henri et son épouse, la princesse Vinh Thuy et toute l’assistance descendîmes à la Crypte et pûmes nous recueillir et bénir les tombes où reposent Leurs Majestés Louis XVI et Marie-Antoinette.

Je ne manquais pas, sitôt après, d’aller m’agenouiller devant la châsse de cristal contenant le cœur de notre Saint Roi martyr Louis XVII, dont l’agonie et l’expiration à dix ans, abandonné de tous dans l’infâme cachot de la Tour du Temple, doit avoir forgé une âme d’une grande puissance au Ciel, qui prie incessamment pour la France et son peuple ! Je suis allé l’en remercier.

A genoux devant ce petit cœur de Roi de France qui battit aux derniers soubresauts de l’ancienne France que l’on assassinait, mais que la Providence a préservé de la prédation révolutionnaire et des aléas innombrables de l’Histoire, je revoyais notre Roi, Louis XX, son successeur, le portant en procession jusqu’à cette chapelle des Bourbon dans la Crypte, le 8 juin 2004, et considérais avec une infinie reconnaissance les merveilles de Dieu et Sa confiance maintenue en l’Aîné des Capétiens !

Dieu bénisse la Reine Marie-Antoinette et nous accorde de recouvrer la vraie France dont j’entends de plus en plus le cœur toujours battant dans l’attente de son Roi !

Vive la France ! Vive le Roi ! Vive Louis XX !  

Franz de Burgos

Commentaires  

#2 Charles Meret Zolver 19-10-2015 11:00
Quel coeur chrétien, ou tout simplement "humain", peut rester insensible à l'évocation du martyre de notre pauvre famille royale?
Permettez-nous simplement de suggérer la lecture d'un ouvrage, assez peu connu, mais très "éclairant" et instructif, car s'appuyant sur des sources auparavant inexploitées, voir, ignorées: "Marie -Antoinette intime " de Nesta Webster.
Même si l'auteur, par son antisémitisme virulent et la "promotion"qu'e lle fait des thèses dites du "complot intégral", nous agace prodigieusement , son étude sur notre reine martyre n'en demeure pas moins un témoignage poignant, nous dévoilant des aspects jusqu'alors peu connus de la personnalité, si attachante de celle qui passa du "statut" d'archiduchesse d'Autriche à celui de "Bouc-émissaire ", dans l'acception la plus littérale, donc "religieuse", du terme.
Alles Erdreich ist Österreich untertan! ( je vais me faire des ennemis...) Charles-joseph Meret Zolver
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#1 PELLIER Dominique 19-10-2015 08:18
NE PAS OUBLIER L'ANNIVERSAIRE DE NOTRE REINE MARIE-MARGUERIT E, CE MERCREDI 21 OCTOBRE.
DIEU BENISSE NOTRE REINE !!!
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