Nous n’avons pas à avoir honte d’être réactionnaires

La malignité de la société médiatique, de l’immédiateté de l’information, a un effet pour le moins troublant qui fausse le jeu. Tout un chacun peut en faire l’expérience au quotidien. Lorsqu’on discute avec des proches, des amis, des relations, on s’aperçoit qu’à de rares exceptions près, la majorité, quelles que soient leurs opinions politiques, se retrouve sur une vision commune de la société, fort éloignée des délires progressistes qui sont passés au forceps par le gouvernement en place. Pourtant, lorsqu’on prend connaissance des sondages réalisés sur ces questions, comme le dernier en date sur la PMA, on peut voir qu’une majorité, plus ou moins courte se prononce plutôt favorablement.

A cela, plusieurs raisons. Tout d’abord, il faut avoir à l’esprit que la gauche a fini par noyauter le monde de l’éducation, instillant le venin progressiste dans les esprits de nos jeunes, d’autant plus facilement que l’adolescence est une période de révolte contre l’autorité, l’ordre établi. Ensuite, le milieu culturel est également acquis à ces thèses, et les artistes ne manquent jamais une occasion d’en faire la publicité. Idem pour les médias et une bonne partie des intellectuels. De fait, les rares réactionnaires ayant accès aux micros se retrouvent dans la position inconfortable de l’infériorité numérique. Position fatale dans un régime démocratique qui a pour règle de donner raison à l’opinion majoritaire en dépit de toute autre considération.

Ensuite, il faut avoir à l’esprit que toutes les réformes sociétales s’inscrivent dans une stratégie du « petit pas ». Chacune séparément apparaît alors comme assez mineure, une sorte de « compromis » acceptable pour la majorité des citoyens. Évidemment, le mensonge, il n’y a pas d’autre mot, réside dans le fait que cette stratégie n’est pas déclinée, que ce qui est présenté comme une action unique n’est que l’étape d’un plan concerté qui vise à mettre à bas ce qui reste de la société traditionnelle.

Enfin, il ne faut pas négliger la puissance des tabous, la gauche a su développer un art consommé de la communication autour de la notion de « progrès ». Patiemment, elle a fini par inoculer dans les esprits que le « progrès » ne peut que constituer un bien, une avancée pour l’humanité. De fait, la critique du progrès a fini par constituer un tabou majeur, tous ceux qui s’y essaient se font médiatiquement étriller. Et lorsque le « progrès » a été intégré dans notre droit, comme l’avortement par exemple, sa critique est quasiment impossible, et ceux qui se livrent à cet exercice sont désignés à la vindicte populaire comme étant des personnages abjects qui veulent que la société retourne au moyen-âge, époque où sévissait l’obscurantisme de l’Église qui, c’est bien connu, génocidait à tour de bras, aidée en cela par la sainte Inquisition. Que ceux qui ont un doute visionnent « Inquisitio » la série de France Télévisions, ils auront un aperçu du parti pris, de la mauvaise foi, de l’art consommé de l’inexactitude historique des petits soldats médiatiques de ceux qui ont choisi de faire partie de cette « armée du Bien ».

Nous n’avons pas de programme, car nous ne cherchons pas à accoucher d’une humanité nouvelle, nous ne cherchons pas à créer de nouveaux droits fantaisistes, sortis de l’imagination malade de progressistes qui n’ont pas encore résolu leur Œdipe. Notre combat doit porter sur ce qu’est une société humaine, s’opposer aux objectifs globaux des gouvernants progressistes, d’autant que maintenant ils n’en font plus mystère. Il ne sert à rien de manifester au détail, loi après loi, il nous faut attaquer de front leur projet de société, dans son ensemble, au lieu de se perdre dans une contestation au détail. Il convient de montrer que ces gens ne sont pas animés par la recherche du Bien Commun mais par un nihilisme moral auquel s’adosse une pulsion profanatrice. Haïssant le sacré, ils ne désirent rien tant que le salir, abaisser tout ce qui fait la beauté paisible d’une société humaine respectant la loi naturelle. Ils haïssent les vertus telles que l'honneur, le sacrifice de soi, la nécessité de respecter ses devoirs. Ils daubent les familles qui manifestent actuellement parce qu’elles montrent par l'exemple qu'être de bons parent n’est en rien une impossibilité physique. Immatures, incapables de supporter la moindre entrave à leurs désirs égoïstes, ils donnent libre cours à leur passion profanatrice, semblables à tous ceux qui brisent le miroir qui montre la beauté de la réalité, les renvoyant à leur laideur intérieure, parce qu'ils ne supportent pas de voir que cette beauté est accessible à ceux qui font l’effort de l’embrasser.

Il nous appartient de montrer qu’il n’y a aucune raison de rougir de l’appellation « réactionnaires » qui nous est décernée par tous ces progressistes à la petite semaine. Bien au contraire, nous devons montrer qu’il y a toutes les raisons d’en être fiers. La morale traditionnelle nous ancre dans la reconnaissance due à nos ancêtres pour ce qu’ils nous ont légué, ainsi que dans l’obligation morale de travailler plus pour nos descendants que pour nous-mêmes. A contrario, la gauche progressiste ne séduit que par son opportunisme, par la corruption morale, en proposant aux gens la voie de la facilité, du refus de l’effort, de la rigueur, de la conscience : assistanat, « droit au sexe », élimination de ce qu’ils considèrent comme des obstacles à la liberté égoïste de jouir (fœtus, malades, personnes âgées, etc.). Les « idées généreuses » de gauche ne sont que des alibis moraux pour consommer et coucher en s’affranchissant de la moindre idée de responsabilité.

Pierre Guillemot

Commentaires  

#5 Renaud, serv du Roi 22-02-2014 12:06
Cher Monsieur Cambon,

Votre article est une source à laquelle chaque Français, chaque Catholique, chaque Royaliste devrait venir se rafraîchir régulièrement.
C'est la 8ème fois que je le lis et y puise à chaque reprise un désaltérant surcroît de conviction !
Merci !
Pour Dieu, la France et le Roi !
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#4 Pellier Dominique 10-02-2014 13:36
Bien au contraire, nous réagissons contre la décadence de la société orchestrée par les dirigeantq actuels de notre pauvre France, les philosophes crétins qui les conseillent. NOus, notre conseil c'est JESUS et personne d'autre. NOus voulons suivre Sa loi et celle-là seule et par elle sauver la France QUE NOUS AIMONS, à la différence de ces gens dont je doute de l'attachement au Pays. Dieu les prenne en pitié
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#3 Jean-Yves Pons 10-02-2014 10:45
Comme vous ne l'ignorez, pas le terme RÉACTIONNAIRE a été construit par les révolutionnaire s, dès 1794 :"partisan d'une politique de réaction". Impliquant de fait le sens de "RÉAGIR" à...
Il a pris et gardé une valeur uniquement polémique et même péjorative de retour en arrière, de conservatisme et même d'ennemi du progrès. Toutes élucubration qui ont été imposées par la pensée conforme et obligatoire depuis 220 ans. C'est bien pour cela qu'il est grand temps de...RÉAGIR !
Alors vive les réactionnaires et bravo Pascal Cambon.
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#2 chantemerle 09-02-2014 21:38
Merci en effet, pour cet excellent article.
Je m'échine depuis longtemps à expliquer ce fameux noyautage de la pensée par les institutions de gauche, la notion faussée de progrès, etc etc...sans un succès notable.
Vous l'avez très bien fait (chacun son métier) je communique votre article à ceux de mes contacts qui méritent d'être instruits.
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#1 Solange Strimon 09-02-2014 12:24
Merci infiniment pour cet excellent article. Nous royalistes, catholiques généralement, défenseurs de la famille traditionnelle, nous paraissons comme des réactionnaires, des conservateurs, pire des dinosaures,dont il faut se débarrasser. Nous n'étions pas représentatifs "avant" les grandes manifestations. Nous le sommes devenus et avec le pape François, un vent nouveau s'est levé nous donnant la force d'afficher nos convictions avec force. "On ne lâche rien" : quelles que soient les lois imposées et celles qui sont en train de se préparer, nous réagirons toujours et de plus en plus nombreux. Nous triompherons de toutes ces lâchetés, de tous ces mensonges, plus rien ne sera jamais comme avant l'installation de ces "irresponsables ", mais nous savons que Dieu est avec nous !
Prions pour que François Hollande reçoive l'Esprit Saint et donne à son actuelle (pitoyable) existence un nouveau sens dans la lumière et non les ténèbres. Croyons aux miracles...C'es t difficile, je sais, mais tout est possible pour le Très-Haut.
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