Croire en la jeunesse !

Amis lecteurs, je dois vous présenter deux fois mes excuses car je ne vais pas vraiment parler d’histoire et parce que je vais parler surtout de moi.

Je vous l’ai dit dans ma tribune de janvier [Tribune d'un jeune sujet du roi], je suis revenu à la Foi vers mes dix-sept ans après une période d’incertitude. Lorsque bon nombre de mes pairs s’écartaient de la religion, je la redécouvrais. Ou plutôt je la découvrais. Car je n’avais de contact avec elle que par un biais déformé, assez médiocre, dans un esprit très enfermé et inculte. Ce que j’avais retenu du catéchisme était si faible en termes de connaissances générales et si médiocre en contenu spirituel qu’il me fallait tout reprendre.

La Foi était pour moi un fardeau et il nous fallait rechercher la douleur pour suivre le Christ…

Depuis quelques temps, j’accompagne l’aumônerie des lycéens de ma paroisse. Grâces soient rendues au prêtre qui m’a proposé cela ! Accompagner ces jeunes qui ont quelques années de moins que moi est une joie. Voir évoluer ces lycéens en apprend beaucoup sur eux autant que sur nous. La difficulté d’être leur animateur alors qu’ils cherchent un grand frère et une sorte de modèle est oubliée lorsqu’ils se livrent un peu, qu’ils acceptent de briser la glace.

Beaucoup ont été bercés et élevés dans la Foi, d’autres non, certains sont impliqués et d’autres moins… Mais tous ne savent pas assez, ou pas du tout, qu’ils ont quelque chose de superbe, de grand et de beau en eux !

La jeunesse s’ignore, et ne sait pas qu’elle a beaucoup de talents et de force. Elle est énergique quand elle s’implique dans un projet qui lui plaît et qui lui parle. Il faut être allé au FRAT pour comprendre ce que peut être le paradoxe des jeunes dans ce monde, il faut avoir vu cette jeunesse passer des cris au silence total devant le Saint-Sacrement. Avec les autres animateurs, nous étions fatigués et las de la journée écoulée mais voir ceux que nous accompagnons prier ainsi nous a émerveillés : l’esprit du monde séduit la jeunesse mais une partie a encore une vie intérieure. A nous d’aider ces jeunes de s’en rendre compte !

Il faut avoir vu une adoration en pleine nature à minuit avec vingt collégiens plus énergiques les uns que les autres !

Il faut avoir vu un lycéen demander de l’aide et en regard comprendre qu’il a confiance en nous !

Tout cela nous invite à la réflexion : est-il si facile de croire en Dieu pour les jeunes et de voir ce que Dieu fait pour eux, autour d’eux et en eux ? Evidemment que non !

J’admire leur Foi car à leur âge je rejetais tout cela d’un revers de bras et d’un haussement d’épaules. Le sacré a disparu dans notre société mais lorsque l’on écoute ces jeunes, leur recherche de sens et de sacré est compliquée mais existe.

Aborder cela avec eux est délicat. La génération qui vient est bien souvent dans son canapé ou sort en groupe, sorte de seconde nature chez elle ! Mais seul à seul, il faut savoir être à l’écoute et bienveillant. Nous sommes à la fois un confident en puissance et un ami, ce qui n’est pas forcément évident pour eux autant que pour nous !

Dans quelques jours, je vais partir à Taizé pour accompagner une trentaine de lycéens, certains m’ont déjà dit que ce rendez-vous est une pause dans leur année où ils retrouvent leur amis et leur Ami, le Christ… Parfois les jeunes disent joliment ce que nous avons oublié : l’essentiel !

Oui, ils nous aident à retrouver l’essentiel eux qui paraissent si souvent dans leur monde et leurs fantasmes. Avec eux, j’ai retrouvé ce que veut dire la Foi : dans les jours malchanceux comme dans les jours heureux, nous sommes là non pour être servis mais pour servir selon notre talent propre ; et qu’il ne nous faut pas rechercher la douleur et la souffrance mais la transformer en force. Je répète aux jeunes qu’ils sont des cadeaux et qu’ils ne peuvent pas laisser tomber l’espérance ! Le monde a tant besoin d’eux. En effet, ils nous rappellent que nous sommes de chair, d’esprit et d’âme : ces trois ne sont pas séparés ! L’équilibre entre ces trois éléments est bien dur, même pour nous mais il est nécessaire. Les jeunes nous rappellent aussi qu’il faut aimer plus que comprendre et vouloir tout décortiquer rationnellement.

Je suis bien conscient que ces jeunes représentent une faible partie de la population mais depuis longtemps un tel besoin de Dieu et des hommes n’avait été exprimé aussi clairement, sachons répondre à l’appel !

A nous de les aider comme nous le pouvons, avec nos propres qualités et nos défauts, pour que se lève l’étendard de la Foi, de l’Espérance et de la Charité.

Sursum corda !

A ce prêtre, à Pierre, Camille, Eric, Constance, Kalissa et tous ces jeunes qui ont de belles choses eux et qui l’ignorent trop souvent.

Charles d’Antioche

 

Commentaires  

#2 NOEL Hugues 25-10-2016 17:38
Merci à Charles d'Antioche pour son beau témoignage enthousiaste. Moi, j'accompagne des malades, des mourants et des morts...(Mon âge me le permet) mais nous servons le même Seigneur!
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#1 PELLIER Dominique 25-10-2016 08:10
Oui, cent fois oui, même si cette jeunesse est encore si peu nombreuse dans la foi, mais tant mieux!!! Ils découvrent un essentiel que le matérialisme de notre époque ne peut leur fournir. Etre aimé et aimer à leur tour, alors, je les accompagne. Je les suis dans leur soif de Dieu, de cet idéal de foi qui est le leur, je les y encourage. Il y a tant à gagner en Dieu. Ah, qu'ils ne s'en détachent pas !!!!
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