Lettre d’un émigré. La tradition et la technologie

Un des nombreux drames de l’Occident contemporain consiste dans les superstitions inculquées par la révolution que tout le monde croit, même trop souvent les gens de la tradition. Un de ces poncifs veut que la modernité, forcément révolutionnaire en ce sens, soit intimement associée au progrès technologique. Les inventions multiples et les avancées du confort seraient consubstantiels avec les développements récents de la déliquescence révolutionnaire de ces deux derniers siècles, qui sont les temps du satanisme triomphant – ces tendances délétères ont toujours existé depuis que l’homme est mortel, mais ils ont été rarement triomphant et modèles, et peut-être jamais de façon aussi dévastatrice que dans nos temps. Comme à l’accoutumé dans ce monde si manichéen qu’il en devient fatiguant, on se retrouve dans des sortes de caricatures entre celui tout gadget et celui qui refuse systématiquement tout outil qui ne vient pas du fond des âges.

Et pourtant, quelle méprise, rien n’est plus traditionnelle que la technologie. Les succès récent dans les inventions ne viennent pas de la pensée révolutionnaire, mais bien de la tradition : sans discipline, sans transmission des anciens, on tombe, comme ce qui se passe d’ailleurs ces derniers temps, dans le gadget de mauvaise qualité, l’inutile, le moche, bien loin de la tentative de trouver le beau, de produire une œuvre. Un pays traditionnel comme le Japon est en réalité bien plus avancé que nos pauvres pays décadents d’un point de vue matériel, car il est traditionnel justement : un Japonais sait bien qu’au fond une œuvre magnifique de vérité a quelque chose de divin, et que les grands monuments du passé, dans tous les sens du terme, restent incomparablement indépassable, sans empêcher, heureusement, d’œuvrer aussi à son tour dans une sorte d’émulation universelle  et vraiment positive avec nos prédécesseurs. Le progrès n’existe que dans la transmission et la contemplation du passé, dans la tradition en bref, avec le divin, source de vie et de création.

Les étrangers au Japon sont bluffés par la technologie nipponne et veulent l’opposer à la tradition, alors que rien n’est contradictoire pourtant, au contraire.

Le point sur lequel la tradition joue de façon primordiale dans la technologie, c’est dans son rapport classique par rapport à elle, qui n’a pas changé depuis que l’homme existe : les artefacts ne sont que des outils à notre service, et personne ne saurait être soumis à ces outils, qui deviennent alors gadgets, excès et autres abus, tout en étant aussi des œuvres qui peuvent refléter le divin, dans le travail et la discipline des créatures, dans l’aboutissement grâce a une transmission multiséculaire, dans sa beauté, sa vérité, voire sa bonté et le bien qu’elle répand partout, grâce à l’expérience du divin qu’elle peut fournir.

Si l’Occident a pu faire beaucoup d’œuvres encore après la révolution c’est que la tradition était partout dans le pays réel. Aujourd’hui, la mocheté généralisée et le fourvoiement complet montrent bien la limite finissante : plus de liens, plus de services, plus d’amour du proche rendent tout technologie-gadget inutile, idole contemporaine, mocheté généralisée, épuisement général.

La jeune génération pourtant retrouve la tradition sans, enfin, se cogner au progrès : les jeunes restaurateurs en herbe savent utiliser les outils à leur disposition comme des outils, pour recréer du lien grâce à internet, pour réaliser des œuvres en pensant à une fin élevée, au fond et autres. Il faut évidemment beaucoup de discipline et une volonté d’acier avec des idées claires, mais le potentiel des outils à disposition changera le siècle s’ils sont bien utilisés par les traditionnels. Il suffit d’ailleurs de voir l’affolement des révolutionnaires pourrissants au pouvoir qui veulent tout censurer, sur internet en particulier, ainsi que la re-création de liens qui se concrétisent aussi physiquement comme l’ont montré les grandes manifestations contre les simulacres de mariages républicains.

Restaurons et œuvrons en utilisant bien les outils et artefacts. Tout ce qui compte c’est de bien utiliser quelque chose de neutre au départ. Et de remettre le divin partout, à commencer dans les œuvres matérielles et les artefacts, que certains nomment aujourd’hui technologie.

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Commentaires  

#1 Pellier Dominique 19-02-2016 08:10
Demain est fait d'aujourd'hui. on a toujours cherché à perfectionner, améliorer ce qui était avant et donc, tout vient d'hier. Comme disait, en paraphrasant, le grand Sergiu Celibidache , la mesure finale d'une oeuvre dépend de la première.
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