Lettre d’un émigré. La vertu de la hiérarchie naturelle et du groupe

Une communauté, un groupe, ne fonctionnent bien que s’il possède une tête, un chef. En somme, la hiérarchie est une nécessité pour qu’un groupe puisse se lier.  La verticalité ne contredit pas l’horizontalité, bien au contraire. L’un sans l’autre ne conduit qu’à la destruction du lien, et rien d’autre.

Une structure excessivement verticale, telles certaines entreprises ou les fonctions dites publiques, sont si artificiellement hiérarchisées que tout lien devient toujours plus difficiles à tisser. L’ordre désincarné gagne du terrain et nourrit le rapport de force et l’opposition systématique, dont la multitude de « petits chefs » détruit le tissu vital des liens. L’utopie socialiste – communiste, c’est la même chose -, d’une communauté parfaitement horizontale détruit encore plus surement le lien dans la dérive constante et la loi du plus fort sous couvert d’égalité. L’illusion ne marche jamais longtemps, un ordre revient et s’impose dans la réalité, mails il est perverti, car la réalité est niée, et on fait croire à l’égalité de tous là où se trouve la mise en esclavage de la majorité et la violence morale de l’idéologie galopante sous le joug d’une minorité.

Le naturel est l’alliance harmonieuse de la verticalité et de l’horizontalité. Principe d’humilité d’abord dans la reconnaissance de son infériorité absolue par rapport au divin, et de l’ordre subséquent parmi les hommes, ordre gracieux où les chefs servent les subordonnés, ce qui est la forme primordiale et traditionnelle de la hiérarchie. Avec cette idée d’humilité, toujours, que tout homme est mortel, c’est-à-dire pécheur, ou encore souillé. L’ordre n’est ni univoque ni à sens unique, servir excellemment c’est être un bon chef. Mais la tête est la tête, et il ne peut y avoir deux têtes. Seule cette reconnaissance par chacun permet d’apporter l’harmonie, c’est-à-dire la paix par excellence entre les hommes et ainsi d’entretenir le renforcement des liens horizontaux. Si nous sommes tous reliés entre nous c’est grâce au lien vers le chef, et derrière luis vers le divin, qui constitue l’essence tout lien.

Cela semble impossible ? Et pourtant, il suffit de le vivre pour le croire, au Japon. Verticalité et horizontalité s’allient à merveilles dans les expériences les plus simples. Un jour, en pèlerinage dans le sanctuaire royal le plus important du Japon, vous vous retrouvez avec une centaine de Japonais. Les organisateurs sont ici naturellement les chefs, qui, par leur place, sont les mieux placés pour diriger, c’est-à-dire nous aider, puisque c’est eux qui ont organisé le voyage. Tout le monde obéit à leurs ordres ou plutôt à leurs recommandations – dans cette connaissance de l’humble dirigeant qui sait qu’il ne commande jamais par lui-même, pauvre et simple pêcheur, mais par la volonté de Dieu. En haut la tête, le Prince de Sang, qui concrètement n’ordonne presque pas. Mais il est là, comme dernier recours, au cas où. Il permet de tranquilliser et de prévenir. En dessous, les volontaires aidants auxquels on se réfère. Jusque-là, rien de bien étonnant, pourrait-on dire. Les mauvaises langues pourraient même y voir une sorte de parangon de l’ordre désincarné où personne ne réfléchit. Pas du tout, au contraire. La notion de l’ordre est si profondément bien comprise, qu’elle se réalise dans toute sa plénitude : chaque chambrée (un groupe de 4 ou 5) constitue le groupe de base du pèlerinage, avec son chef de chambre, désigné par les organisateurs complètement arbitrairement. Le chef de chambrée est le responsable de son groupe : c’est lui qui fait en sorte que la chambre avance ensemble, dans les temps, et c’est lui qui veille au bien-être de sa chambrée. C’est l’unité où l’on s’entraide quand il le faut, et avec qui on tisse le plus de liens. Résultat des courses : on fait des connaissances solides, on tisse des liens durables, dans un ensemble qui fonctionne parfaitement, avec la culture de l’harmonie et du chef-serviteur.

Ce n’est ni communiste ni autoritaire, simplement royal. Hiérarchie et communauté, horizontalité et verticalité, ordre et universalité.  La royauté sacrée, c’est-à-dire habituellement en chemin purification pour se présenter devant Dieu en état de grâce, soutient la bonne création de liens purs, c’est-à-dire libérés de la souillure, ou encore du pêché, ou encore de la perversion, et se répand partout, jusqu’à l’échelle réellement humaine et locale, pour un régime véritablement humain dans sa divine partie.

Paul de Beaulias

Commentaires  

#2 NOEL Hugues 14-02-2016 22:11
Je crois que ce serait une erreur de proposer que le Roi "gouverne".Un processus démocratique nouveau prend naissance actuellement dans l'ombre, encore ignoré des médias, mais, un jour que je souhaiterais proche, il épargnera à la France la dérision et l'humiliation de "la vente aux enchères" qu'est l'élection présidentielle. Cette vague royaliste et populaire, la "vox populi", deviendra en effet une force comparable à une "ola" des stades qui renversera les ambitions et les calculs des grands fauves politiciens actuels et imposera un chef symbolique à la France: le Roi qui recevra à peu près les pouvoirs du Roi d'Espagne. Il sera le premier Serviteur de la nation, respectueux des élus et de leurs pouvoirs législatif et exécutif. Il rendra l'immense service à la France de lui redonner sa dignité bafouée actuellement et de faciliter le dialogue entre les porteurs de projets politiques différents...Le s hommes étant ce qu'ils sont, ce ne sera pas le meilleur des mondes mais ce sera moins laid qu'aujourd'hui. . Le Prince, sérieux et modeste, mais conscient de la vocation unique qui est la sienne s'y prépare: aux royalistes démocrates de l'encourager respectueusemen t avec toute leur affection..
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#1 Pellier Dominique 11-02-2016 08:04
Au contraire de l'Empereur du Japon, le Roi de FRANCE doit régner ET GOUVERNER. Il est le garant de l'unité nationale, la défend, Il est le phare qui éclaire ses sujets, les rassemble.Il est le CHEF DE L ETAT.
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