Lettre d’un émigré. Le vice fondamental des systèmes des retraites

Lorsque le problème des retraites est abordé, il est habituel de rappeler qu’il existe fondamentalement deux formes de système possible : celui par capitalisation et celui par répartition. Hors de ce choix, le néant. En République, il est de bon ton d’encenser notre formidable modèle de retraite – qu’il faudrait prendre en son sens propre, mais ce serait trop beau si les sectateurs du tout État savaient encore le sens originel de ce mot –, censé incarner la belle solidarité (personne n’a parlé de charité heureusement, puisque cette solidarité ne contient pas une once d’ombre même diaphane de charité) entre les générations. Personne ne relève aussi que nous serons, dans cette exemplaire solidarité, à la pointe, puisque nous pourrons euthanasier sous peu tous nos vieux – sans compter les malades et les faux-comateux, après les bébés, euthanasie finalement mois haute dans l’échelle des horreurs comparée à la suppression des bébés. Solidarité intergénérationnelle, disent-ils, puisque les travailleurs d’aujourd’hui – personne n’a dit d’ailleurs toutes les générations en âge de travailler, entre ceux qui campent au chômage, ceux qui tardent à commencer de travailler, ceux qui cessent toute activité tôt ; bien que souvent, hélas, ces situations ne soient même pas volontaires et fassent souffrir les personnes en question de façon consciente ou  non – cotisent pour les générations à la retraite. Les mots sont beaux, la réalité bien éloignée.

Enfin, comment peut-on appeler une solidarité intergénérationnelle cette arnaque généralisée : quand nous cotisons pour la retraite, à qui va cette retraite ? Nous n’en savons rien. Quand nous voyons la facture sur la feuille de paie et ce que touche effectivement notre grand-mère, l’écart est un peu trop grand pour que cela ne sente pas l’abus… Et encore, paraît-il, deux personnes fournissent la retraite d’une, donc ma grand-mère devrait environ toucher deux fois plus que ce que je paie mensuellement pour les retraites… Entre déperditions, gaspillages multiples et déshumanisation de l’aide, puisque jamais nous ne savons où va l’argent donné, et quand je dis donné, il n’est pas évident qu’il soit si souvent consenti que cela ; un don forcé est vraiment proche du vol et de l’extorsion.  Mais même sans aller jusqu’à cet argument qui se suffirait à lui-même, et en supposant que nous soyons consentants au viol permanent– ce qui est en fait le cas la plupart du temps,chose, soit dit en passant, pas très flatteuse pour l’état de vigueur de notre race qui ne sait même plus se défendre – nous n’aidons directement personne, et nous ne faisons pas d’acte de charité, car juste balancer de l’argent à l’aveuglette sans savoir qui le recevra et de quelle façon revient à pire que de ne rien faire et ne rien donner.

Vous aurez remarqué que ces arguments ne sont pas ceux habituellement babillés par les tenants du second incontournable système, celui par capitalisation, dont les libéraux, entendez les profiteurs, sont les tenants. Ici, les arguments sont tout aussi médiocres, et se fondent sur  un individualisme égoïste affligeant, mais peut-être moins monstrueux que la désincarnation déshumanisante de l’assistanat invisible précédente, en ce que nous pourrions y voir une sorte de réaction de défense démontrant un reste de semblant de vigueur résistante. Nous restons néanmoins devant l’affligeante situation de la prolifération de tous les intérêts privés et la jungle sociale qui nient tout autant la nécessité de la charité et du développement du lien entre les personnes que l’autre système.

Que faire alors, me direz-vous ? Réaliser une véritable entraide intergénérationnelle. C’est-à-dire, tout simplement, garder une échelle humaine dans cette charité entière, qui commence par aider son prochain. Rien de neuf, il suffit de regarder ce qui se faisait de tout temps. Le plus proche, en ce qui concerne la retraite, c’est bien nos anciens, soit nos grands-parents, nos parents, nos grands oncles, tantes et oncles et tantes. En bref, le système le plus viable ne peut marcher qu’au niveau de, non pas la famille, qui est encore trop restreinte et exsangue, mais la maison. Chaque Maison a responsabilité de pourvoir aux vieux jours de ses anciens, qu’ils aient travaillé ou non – vous aurez remarqué que la question n’est plus celle de l’argent et prend enfin toute son ampleur. Il suffit ensuite que tout le monde appartienne à une Maison, que ce soit par lien du sang par domesticité, par adoption ou par tout autre lien. Ici, l’État ne fait rien, et n’a rien à faire, ce genre de belle charité ne supporte pas la violence ni la contrainte forcée.

La seule échelle suivante pensable se trouve ensuite dans le village, ou le quartier, tout autant de niveaux où on pourrait imaginer que la communauté villageoise, cette famille de famille, une sorte de Maison localisée géographiquement, pourrait se charger de ses anciens, ou de ceux qui sont là, et qui n’appartiennent à aucune Maison, mais guère plus.

Alors enfin nous pourrions véritablement changer cette froide solidarité de fric, en chaleureuse charité motivée par des liens puissants incarnés dans le sang, dans la maison, dans un long côtoiement et qui auraient un effet vraiment utile, même si peut-être difficilement chiffrable – c’est là où se trouve l’humanité. Les Maisons peuvent entre elles, au fil de temps, s’aider, s’unir, se fondre, se subdiviser sans perdre un lien moins fort mais toujours existant, entre la Maison mère et les Maisons filles, quand certaines sont sur le point de disparaître, ou d’autres croissent trop vites.

Et tout en haut, l’ultime Maison est la Maison de France, notre race de Capétiens, dont nous faisons tous partie puisque nous la servons en tant que sujet, et cette Maison dernière peut, elle, à la différence de l’Etat, puisqu’elle repose sur cette logique de charité, de lien, et d’incarnation, être charitable envers ceux, ces anciens malheureux, qui n’auraient ni Maison, ni famille, ni village, ni attaches et se retrouveraient vraiment complètement seuls, sans autre lien que celui d’être Sujet de notre Bon Roi.

Pourquoi donc personne sur la place publique ne pense-t-il à ce genre de solution naturelle, bonne et simple ? Pourquoi devons-nous seulement assister au déchirement entre fous révolutionnaires et individualistes chroniques, les uns voulant massacrer tout lien, les autres en ayant peur et voulant aussi s’en libérer

Que notre belle Maison de France se réunisse autour de son Aîné, et que nous puissions rendre hommage à nos Anciens et à nos ancêtres déjà dans l’au-delà.

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Commentaires  

#3 claude 05-02-2016 11:15
l'ancien gouvernement a institué de nouvelles taxes "pour les retraités et les handicapés", depuis je paie les nouvelles taxes notamment sur les loyers que je perçois, mais je n'ai pas vu d'augmentation ni de ma retraite (moins de 700 € mensuel ) ni sur ma pension d'invalidité suite à un accident du travail. S'il n'y avait pas eu "la Sécurité sociale" j'aurais une meilleure retraite.
Comme vous l'écrivez si bien : "où passent les prélèvements? " Sans doute à payer très cher les fonctionnaires de ce système.
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#2 Christian AUDIC 25-01-2016 20:22
Tout à fait d'accord avec Dominique PELLIER car nous payons des impôts sur les salaires puis sur la retraite (les cotisations sont issues des salaires donc imposées une seconde fois). L'article dans sa partie touchant la retraite par répartition est malheureusement bien confus (mélangeant l'eugénisme et la retraite par répartition ... expliquez moi le rapport ?!) et comporte à la fois des aprioris et des inexactitudes. Il vaux mieux laisser parler des spécialistes que de tout mélanger. Lorsque l'on évoque un sujet aussi complexe, il convient de le faire avec sérieux !
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#1 PELLIER Dominique 25-01-2016 08:37
Il ne s'agit pas tant de la Maison de France que de réformer le régime des retraites en FRANCE. La république semble appliquer le souhait de Michel Coluche : "les vieux, faut les tuer dès la naissance", en appliquant une sorte d'EUGENISME odieux envers nos anciens. NON! LES RETRAITES DEVRAIENT ETE EXONERES DE L'IMPOT, un point c'est tout. Que voulez-vous qu'ils fassent si, sur une retraite de 800 euros, environ, le fisc leur en retire PLUS DE LA MOITIE ???? Là est le scandale, le crime. A la royauté française, enfin rétablie d'y veiller car ce ne sont pas les ripoublicains qui La précéderont encore qui feront quelque chose!
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