Lettre d’un émigré. La laïcité, la vraie

Dans la forêt lugubre des arnaques républicaines, la fabrication artificielle du concept dévastateur de « laïcité » plante ses racines maléfiques profondément dans les cœurs et instille son poison à l’insu de tous, à commencer par les soi-disant personnes pieuses.

La manipulation il-lumineuse est parvenues à ses fins bien plus loin que n’auraient jamais même osé penser les monstres idéologiques républicains. Cette arme de destruction intellectuelle massive n’était pourtant que le résultat de l’anti-religion hystérique des révolutionnaires, transformés par les descendants républicains en arme politique contre la religion et pour terroriser la population, sous couvert des deux tromperies fondamentales de la laïcité et de la « séparation de l’Eglise et de l’Etat ». Un nouveau mot, encore un, pour faire croire que la confiscation des biens de l’Eglise, l’expulsion des ordres, et la persécution religieuse à tous les étages avec une acmé en 1905, continuées par toutes les satanées républiques successives, toujours changeantes, mais toujours essentiellement destructrices.

Et pourtant, cette destruction à peine voilée était si évidente que personne de sensé ne s’y trompait. Mais cette persécution qui touchait dans la chair des croyants n’étaient encore rien par rapport au délabrement ambiant que l’on ne peut contempler qu’avec dépit. Aujourd’hui, la situation est horrible. Même les gens pieux et les pseudo-chrétiens trouvent normal de se cacher, de ne jamais rien dire sur la religion, ou de ne rien faire de religieux en dehors de chez eux – si encore ils font quelque chose de religieux. Les rares qui ont encore un discours autorisé par la terreur républicaine – mais jamais, oh désespoir, d’actions ! – sont ceux qui détruisent le plus sûrement les lambeaux restants de religion, puisqu’ils font du mensonge républicain, antireligieux et areligieux, leur nouveau missel.

Que se passe-t-il au Japon ? La normalité humaine, c’est-à-dire la religion partout dans le monde, dans les actes et les discours, même dans l’époque matériellement faste dans laquelle se trouve le Japon. La liberté religieuse ne veut pas dire l’interdiction de vivre selon sa religion, comme chez nous, mais la réelle possibilité de vivre en religion, indépendamment matériellement, qui est la première condition de l’indépendance spirituelle.

Prenons plus prosaïquement un exemple tout simple, tout naturel. Si naturel ici, et pourtant si impensable là-bas, chez nous. Le diablotin malin nous laisse juste à nous laisser aller à la mesquinerie en imaginant la tête des républicains idéologisés à leur insu et tous les pauvres hères devant la réalité nippone.

Nous voici à Nagasaki pour l’inauguration officielle – et donc religieuse, naturellement – de 16 statues de martyrs chrétiens au début du XVIIe siècle. Petit parterre, beaucoup de religieux, pour une bénédiction par l’archevêque du Japon, et, s’il n’y pas d’eucharistie, chants, cantiques et lectures sont présents. On est déjà ravi d’écouter le chœur unanime des participants, qui chante à peu près par-cœur les chants en question. Beaucoup de prêtres, dont des Français, du fait que l’évènement se place dans la commémoration des 150 ans de la rencontre d’un Père Français, le RP Petit-Jean, avec des chrétiens cachés du Japon, qui ont protégé la foi catholique pendant presque 250 ans, en secret et sans prêtres. Beaucoup de sœurs aussi, et même un cardinal de Philippines, le légat du Pape. En plus, nous avons toute la pompe nipponne classique pour toutes les cérémonies officielles. Petite fanfare, qui ne jouera pas plus de 5 minutes en tout, et tout ce qui va avec.

Jusque-là, rien de bien extraordinaire me direz-vous. Après tout, ce ne sont que des gens catholiques et des religieux qui font leur truc entre eux, rien voir avec la « laïcité ».

Détrompez-vous, bien au contraire. Pauvre naïf aussi étais-je de croire ne pouvoir être ravi que par la ferveur de ces catholiques nippons, spectacle de piété fervente si rare chez nous. Très vite en effet qu’elle n’est ma surprise et mon plaisir de découvrir que cette bénédiction menée par l’Eglise et organisée par elle, trouve l’assentiment public par la présence du maire de la ville de Nagasaki et d’un député. Impensable chez nous n’est-ce pas, ou si rare…

Mais l’agréable surprise ne s’arrête pas là, un certain nombre de PDG d’entreprises donateurs sont aussi présents, et 16 personnes de ce beau monde, responsables politiques, religieux et patrons, inaugurent avec fierté les statues des saints martyrs.

Enfin, la cerise sur la gâteau, pour achever les idéologiques qui me feraient l’honneur de me lire, une remise de « diplôme » de remerciement des mains de l’archevêque aux entreprises, trois en tout, qui ont réalisé les statues. Les patrons se font remettre la lettre de remerciement et l’archevêque félicite tous les employés de l’entreprise en question, qui peuvent être fiers de ces statues, fruit de leur travail, et œuvre de charité.

Et la cerise sur la cerise. En sortant on remarque la présence de prêtres bouddhistes qui étaient présents dans l’assemblée…

Voici la réalité traditionnelle de la religion en société : pas de distinction, tout est lié. L’analyse peut distinguer sphères politique, religieuse et économique, mais cela reste une simple vue de l’esprit et la réalité est mixte. Tout homme est complet, c’est tout, et une société saine l‘accepte et réalise habituellement ce genre de communion entre toute la société, que les cérémonies et autres ne font que révéler.

Seul le Roi, qui incarne par son existence même l’union du trône et de l’autel, sans négliger l’importance de l’économie, c’est-à-dire les nécessités matérielles, peut permettre cette fusion, cette communion dans notre pays. A bas la laïcité pour le retour de l’homme dans son entier.

Paul de Beaulias

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