Tout est possible à celui qui ose

Un système politique s’avérant incapable de s’adapter à l’environnement économique devient obsolescent et est voué à disparaître. Lorsque cela arrive, on appelle ça une révolution.

Ainsi le modèle aristocratique a-t-il été balayé par la révolution industrielle. Les Rois et les Tsars, que l’on croyait immortels, l’ont payé de leur sang.

Notre modèle politique actuel vient donc de la Révolution industrielle… ce qui lui fait 250 ans d’âge.

Il est fondamentalement hiérarchisé, pyramidal, centralisé. Il s’appuie sur des théories économiques qui ne correspondent plus que très peu aux réalités modernes. Il n’évolue que par incrémentations perpétuelles, ce qui le rend de plus en plus lourd et complexe, donc de moins en moins efficient… donc de moins en moins légitime…

Pendant des lustres, les dinosaures du social clientélisme se sont maintenus au pouvoir en achetant les voix des électeurs grâce à des emprunts dont on assume qu’ils seront remboursés par leurs enfants ou leurs petits-enfants.

Où en est-on aujourd’hui ? Une lecture :

  • Une majorité de la population vit aux crochets du système et ne peut donc faire autrement que de continuer à voter pour son maintien, quand bien même serait-il devenu totalement obsolète ;
  • Le poids de la dette est tel que le doute s’installe sur la capacité des générations futures à la rembourser et de la génération présente à en payer les intérêts ;
  • Les nouvelles structures économiques, dont le maître-mot est l’innovation, sont « plates », flexibles, mobiles géographiquement et difficiles à taxer, tout le contraire des grandes structures pyramidales d’autrefois ;
  • Les dinosaures, conscients du problème et voyant de moins en moins d’argent rentrer dans leurs caisses, se livrent à une (dernière ?) incrémentation : les banques centrales, curieusement aux ordres, rachètent les obligations émises, ce qui n’est rien d’autre qu’une création massive de monnaie…
  • …sans que personne aujourd’hui ne sache où cela va nous mener : inflation, déflation, protectionnisme, fin de la globalisation, appauvrissement général, autoritarisme ?

Il y a urgence à lever la contradiction entre l’organisation de la politique et les nouvelles structures économiques afin que ceux qui prétendent nous gouverner jouent enfin leur rôle, qu’il est bon de rappeler ici : nous guider vers un futur souhaitable partagé de tous.

Pierre Massé disait en 1965 : « L’imagination a ses limites. L’avenir est fait d’imaginable et d’inimaginable ».

Ainsi donc il y a les futurs imaginables et les futurs inimaginables, les futurs possibles et les futurs impossibles. Le futur souhaitable appartient à tous ces futurs, même à l’impossible comme nous le rappelle non sans humour Marcel Pagnol : « Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait ».

Le temps est à l’audace et non à la résignation. Première acte : faire de la vraie prospective, c'est-à-dire lire le temps présent pour éclairer l'action présente (la décision) à la lumière des futurs possibles et souhaitables.

Élémentaire, me direz-vous ? Pas si sûr…

Petite leçon de méthodologie prospective à l’attention de nos chers dirigeants :

  • Prendre conscience que le temps de l’extrapolation des données passées est révolu ;
  • Poser les problèmes vite et bien, car s’ils se posent d’eux-mêmes, c’est qu’il est déjà trop tard ;
  • Avoir l’humilité de s’interroger sur le bien-fondé des questions que l’on se pose ;
  • Se méfier des idées reçues et des idées à la mode ;
  • Remettre en question les représentations communément admises et ainsi éviter les « réflexes » qui conduisent à l’inertie intellectuelle ;
  • Ne pas s’intéresser seulement aux informations qui confortent ses pensées ;
  • Briser ce « silence organisationnel » qui limite l’expression d’idées différentes, et donc l’innovation ;
  • Assumer que rien ne se réalise sans risque ;
  • Prendre en compte les ruptures : le pire fait partie des possibles et il n’est jamais décevant !

À vous, chers lecteurs, de compléter la liste pour participer au vrai changement, à commencer par celui du système politique !

AC

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