Complexité et progrès

L’humanité, au gré des découvertes, n’a eu de cesse d’évoluer. On appelle ça le progrès. Ainsi elle a pu s’affranchir des contraintes naturelles et gagner en confort, en espérance de vie et en spiritualité.

Depuis la révolution industrielle, notre civilisation n’a cessé de progresser techniquement avec une accélération vertigineuse dans la deuxième moitié du XXième siècle. Tant est si bien qu’aujourd’hui notre quotidien est rythmé par l’utilisation de biens et services basés sur les découvertes récentes mais dont la complexité technologique est bien au-delà des capacités de compréhension du commun des mortelles.

La complexité influe sur l’organisation de la société : le monde moderne est devenu celui des spécialistes, voire des hyperspécialistes. La spécialisation étant par nature élitiste, la complexité conduit à la concentration du savoir et donc du pouvoir. De même, la globalisation débouche sur la résurgence des monopoles.

La complexité est aujourd’hui partout : Nouvelles technologies, finance, hyper-science, réseau de communication, économie de la mondialisation… et cette complexité s’accompagne d’un certain chaos.

On pourrait ainsi s’avancer à tracer une courbe en cloche avec en abscisse la complexité et en ordonnée le bien être général :

La partie croissante représente le progrès, c'est-à-dire la complexité maitrisée donc déterministe, la partie décroissante la décadence (le mot est peut-être un peu fort mais je n’en trouve pas d’autre), où règne le chaos.

Média et gestion de l’information, marchés financiers et prédictibilité, surabondance de textes législatifs et sécurité juridique, multiplicité des règles fiscales et efficacité de l’impôt, actions politiques et résultats, millefeuilles administratif français[1], activité humaine et environnement… Il semble que dans tous ces domaines nous soyons sinon dans le rouge, du moins pas très loin.

Dès lors que l’on est proche de la zone rouge, il devient vital d’innover. L’innovation est synonyme de rupture. Elle est le contraire de l’incrémentation perpétuelle (ajouter de la complexité à la complexité) qui conduit à une société bloquée (à droite sur le graphique)…. Pour être aussi synonyme de progrès et garantir un bien être supérieur, l’innovation doit permettre de repartir sur des bases simples (à gauche sur le graphique), pour un autre « cycle produit ». 

L’homme a un besoin vital de se projeter dans le futur, c’est même ce qui fait sa particularité. Quelles sont aujourd’hui ses capacités de découverte et d’innovation ? 

De la même manière qu’il ne semble pas possible qu’un athlète puisse un jour courir le 100 mètres en 8 secondes ou sauter 3 mètres en hauteur, il est raisonnable de penser qu’il puisse arriver un jour où notre capacité de découverte et donc notre aptitude à en tirer profit pour notre bien être, se heurte à une limite.

On aurait alors une courbe avec en abscisse le temps et en ordonnée la difficulté à découvrir (ce qui n’est rien d’autre qu’une forme de complexité):

On ne nous a laissé voir jusqu’à présent que la partie droite de la courbe, nous laissant croire que nos possibilités étaient exponentielles. La représentation des choses montrant une limite est-elle plus réaliste ?

Où nous situons-nous aujourd’hui sur cette courbe ?

Il est tout à fait possible qu’un jour une découverte fondamentale rende tout à coup les choses d’une grande simplicité. A coup sur, c’est cela le progrès véritable, une révélation, apportant au monde une conscience nouvelle, une évidence universelle. La science est-elle capable de remplir ce rôle messianique ?

Libido dominandi : Péché d’orgueil que de croire que nous savons et saurons...

Libido sciendi : Péché de curiosité que de vouloir savoir ce qui n’est pas destiné à être connu…

Gardons espoir même si l’espoir est un risque et prions pour que la science de l’homme ne se dépare jamais de conscience.

AC

[1] 577 députés, 348 sénateurs, 34 ministres, 5.2 millions de fonctionnaires… 36683 communes (40% des communes de l’union européenne !), 14786 syndicats intercommunaux, 5162 Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, 2510 communautés (urbaine, de communes, d’agglomération), 100 départements, 27 régions…

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