Entretien exclusif avec Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou

 

Vexilla Galliae : Il y a 224 ans, sur la place Louis XV, actuelle place de la Concorde, le Roi Louis XVI était la victime malheureuse de la révolution française. Chaque année depuis, et par devoir de mémoire, les royalistes se rassemblent en la Basilique royale de Saint-Denis afin de commémorer le triste anniversaire de cette exécution qui est à l’origine d’une fracture profonde au sein de la société française. Monseigneur, quelle analyse faites-vous des conséquences actuelles de cet événement ?

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Effectivement cet acte monstrueux a créé une rupture dans l’histoire de France. Elle est d’ailleurs telle que même les républicains ne s’en vantent pas. Pour la Révolution cette mort reste aussi une tragédie. Elle ne peut plus être présentée comme « le bon régime » puisqu’elle a permis la Terreur, l’assassinat du Roi et de sa famille, dans des conditions terribles comme ce fut le cas pour Louis XVII, enfant de 10 ans que l’on a laissé mourir. Au-delà de cet aspect historique, la mort du roi, inaugure le processus de désacralisation du pouvoir dont on voit actuellement l’aboutissement avec le désintérêt de plus en plus grand pour la vie politique. Il y a un nombre très important d’abstentionnistes aux élections et une grande coupure entre les citoyens et ceux qui les gouvernent.

Vexilla Galliae : En août dernier, un sondage BVA, largement commenté dans les médias, affirmait que près d’un Français sur cinq (17%, ce qui représenterait 11 millions de personnes !) se disaient favorables à ce que la fonction de Chef de l’Etat soit occupée par un Roi. En outre, le Figaro vous avait réservé une première de couverture et une double-page intérieure en juillet 2015, Paris-Match un article en septembre dernier et l’Obs du 2 mars 2017 vient de vous consacrer un (petit) article mentionnant votre rôle de « sauveur » dans le cas où les Français le désireraient. A l’heure où notre pays traverse une grave crise institutionnelle, économique, identitaire et sociale, à quelles conditions envisageriez-vous, Monseigneur, d’assumer cette charge pour laquelle vous avez été préparé par votre père, Monseigneur le prince Alphonse, duc de Cadix et duc d’Anjou, si les Français vous appelaient sur le Trône ?

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Ma première réponse à votre question est qu’il faut être toujours très prudent avec les sondages. Je préfère y voir des tendances que des chiffres. Sachons raison garder et cela s’applique aussi aux articles. Cette prudence était déjà celle de mon Père et je conserve totalement cette approche. Quant à la seconde partie de votre question et aux conclusions que vous voudriez que j’en tire ce n’est pas à moi de fixer des conditions. L’histoire nous enseigne que les restaurations répondent à des critères qui ne sont pas toujours rationnels. Elles viennent de la conjugaison de facteurs tant internes qu’externes. Souvenons-nous de ce qui s’est passé en 1814 et qui aurait été impossible à envisager quatre ou cinq ans auparavant. Pareillement qui aurait pu dire, après 25 ans de guerre froide, que le mur de Berlin s’écroulerait sans qu’une goutte de sang ne vienne ternir cet événement ? Il convient donc de demeurer dans la ligne de conduite qui est celle de ma famille depuis l’exil de 1830. Comme nous l’avons toujours dit, nous sommes les successeurs légitimes d’une tradition qui puise ses racines avec Clovis et s’est poursuivie jusqu’à Charles X. Il appartient aux Français de savoir s’ils veulent renouer avec leur histoire pour affronter l’avenir.

Vexilla Galliae : A chacun de vos déplacements ceux qui viennent afin de vous apercevoir, ou de pouvoir vous parler, sont toujours plus nombreux. Aux yeux des royalistes mais aussi des Français, vous incarnez une immense espérance. Monseigneur, en cas de restauration de la monarchie, quel type de royauté souhaiteriez-vous incarner ? Une monarchie constitutionnelle, parlementaire, un modèle plus proche de l’héritage du passé ? Ou pensez-vous qu’il sera nécessaire de « réinventer » les institutions pour fonder la monarchie du futur ? 

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Cette question m’est souvent posée, mais elle n’a pas vraiment de sens. La monarchie, en France, n’a jamais été régime de la nostalgie et les règnes ne se ressemblent pas, et heureusement ! Elle s’adapte et se renouvelle pour répondre aux besoins de son temps. Elle a connu plusieurs formes. La monarchie constitutionnelle est celle qui a été la moins longue, une quinzaine d’années. Elle a eu son rôle au lendemain de l’Empire, après la Révolution. Nous ne sommes plus dans le même contexte. La royauté restaurée serait celle qui convient au XXIe siècle. Un nouveau régime à écrire mais fidèle à la tradition, ne serait-ce que sur le point fondamental de l’hérédité. J’imagine mal une royauté élective.

Vexilla Galliae : En 2013, au plus fort des manifestations contre le « mariage pour tous », vous avez rappelé avec force l’importance du « respect des droits fondamentaux de la Famille, cellule de base de toute société constituée selon l’ordre naturel et chrétien ». La Famille est effectivement sacrée et la Famille Royale en est, naturellement, l’étendard. Vous êtes, Monseigneur, avec Madame la duchesse d’Anjou, les heureux parents de trois beaux enfants. Voudriez-vous, Monseigneur, partager avec nous quelques éléments relatifs aux personnalités de la princesse Eugénie, aînée des Enfants de France, du prince Louis, Dauphin de France, duc de Bourgogne et du prince Alphonse, duc de Berry ?

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Comme vous le savez je ne veux pas que mes enfants soient surexposés. Ma femme et moi donnons une place importante à leur éducation et à leur formation. Pour pouvoir être un adulte responsable il faut avoir eu, enfant, de bonnes bases. Nous voulons aussi qu’ils aient une éducation équilibrée d’enfants de leur âge. Ils pratiquent des sports car c’est une bonne école de responsabilité et de solidarité. Chaque fois que je rentre d’une cérémonie je leur explique pourquoi j’y suis allé. Mais tout cela doit se faire en tenant compte de leur âge, de leur développement. Ce sont encore des enfants. 

Vexilla Galliae : Monseigneur, vous êtes l’Aîné des Capétiens, le Chef de la Maison de Bourbon et dès lors, le légitime successeur de vos ancêtres les rois de France au Trône de France. Votre parole porte forcément en elle la charge historique de votre héritage. Quel message souhaiteriez-vous adresser personnellement aux Français en cette tumultueuse période où l’avenir de la France se joue ?

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Déjà depuis un certain temps la France est confrontée à une crise notamment morale. La période électorale accentue sans doute une prise de conscience en particulier sur l’avenir mais le phénomène est plus profond et vient de plus loin. Que veut faire la France de son futur ? Telle est bien la question qui se pose. La France veut-elle renouer avec son histoire prestigieuse qui en a fait durant des siècles et des siècles le miroir et le modèle des nations? La France s’est construite sur des principes hérités à la fois de l’antiquité gréco-romaine et du christianisme. Ainsi elle a su faire la part des choses entre le collectif et l’individuel, entre le commun et le privé et par-dessus tout entre le matériel et le spirituel. Ce dernier lui a toujours permis de s’élever et de donner un sens à la mission civilisatrice qu’elle a portée sur les cinq continents. Actuellement le monde est malade de vision trop matérielle. Il faut savoir retrouver la part du gratuit sans laquelle rien de grand ne s’écrit. La France doit le retrouver pour elle-même d’abord et, ensuite, pour le montrer en exemple aux autres peuples. Nous en revenons toujours à la même interrogation rappelée il y a 20 ans par Saint Jean-Paul II à propos du baptême de Clovis, la France est-elle encore capable de vivre selon les principes qui ont façonné son histoire et ont fait d’elle une grande nation.

Merci, Monseigneur, de nous avoir accordé ces quelques minutes d’entretien.

Nous remercions également le Secrétariat du duc d’Anjou.

Frederic de Natal 

   Stéphane Piolenc

Franz de Burgos

Commentaires  

#7 Jonathan MTC 10-05-2017 23:59
« la France est-elle encore capable de vivre selon les principes qui ont façonné son histoire ? » Eh bien tant que la république sera en vigueur, la réponse est « non ». Mais avec tout mon respect monseigneur, qu'attendez-vou s donc pour reprendre votre couronne et chasser ces usurpateurs loin du trône de france ? Si vous ne vous battez pas pour la monarchie soit la France, qui le fera ? De droite comme de gauche, ces républicains ne font que détruire notre pays depuis trop longtemps maintenant, et vue la tournure des derniers événements, l'avenir ne s'annonce guère plus brillant. Alors pour la France et nous Français, je vous en conjure, monseigneur, revenez parmi nous. Revenez le plus promptement possible car notre pays est en train de mourir. Sans vous, la France n'a jamais et ne saurait vivre.
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#6 Francesca 08-05-2017 01:12
Bonjour,
Merci à Monseigneur Louis XX pour cet entretien accordé tout récemment à Vexilla-Galliae , et par là-même à nous tous, français(es) qui espérons dans "le retour du Roi". Il n'y a pas si longtemps, par le simple biais de mes réflexions sur notre France actuelle, je suis venue à penser que ce dont la France a un réel besoin, ce serait d'un Roi, dont la seule présence nous remettrait déjà sur la pente de l'élévation de l'esprit. Fruit de ces pensées, j'ai recherché de l'information sur la royauté en France, et j'ai découvert - excusez-moi du peu - votre existence, votre présence fréquente sur notre sol, et l'existence de plusieurs médias permettant d'avoir de l'information sur la royauté de France de nos jours. C'est un immense espoir en ces temps où nous sentons bien qu'une page se tourne, mais ne semblant ouvrir sur aucun avenir solide. Merci infiniment Monseigneur, d'être là, d'avoir su et pu faire tout ce chemin vers nous, votre peuple, nous vous attendons, et pour ma part, je prie dorénavant de tout mon cœur et toute mon âme pour que le chemin s'ouvre pour votre accession au trône de France. Par cet évènement majeur, elle retrouverait sa force, sa solidité et son rayonnement. Que Dieu vous garde et vous porte toute sa bienveillance, ainsi qu'à votre épouse la Reine et vos trois merveilleux enfants.
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#5 kifdiamond 07-05-2017 20:29
Les années 90 ont prédit l' essort de la monarchie "Toute puissante" et l' édification d' un chateau royal dépassant l' imagination .Cette vision ne verra peut-être pas le jour car nos ennemis nous harcellent ...Les terroristes ,révolutionnair es qui sillonnent tous les pays du monde .
De part et d' autre ,la mornarchie a été corrompue comme l' église à devoir se soustraire à la politique ,se contenter de profiter sans plus diriger .Cette monarchie n' a plus d' avenir .Elle se contente de parader ,voir le système se gangrainer et s' effondrer .La religion n' existe plus ,le droit d' en pratiquer les règles n' est pas admis .
Il n' y aura pas de retour de la monarchie toute puissante dans ces conditions .Et se contentera de rester 1 pantin de la république ,achetée et manouevrée dans sa cage de bronze .
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#4 LELIEVRE 02-05-2017 20:25
Vive le Roy!

Vive la Reine!

Et vivent les Enfants de France!

Domine salvum fac regem.
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#3 PELLIER 26-04-2017 07:59
Avec retard, joyeux anniversaire, Sire, toutes les bénédictions de Dieu et l'amour de Vos sujets
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#2 Claude Bertin 25-04-2017 18:12
Cher M. de Natal
Depuis 1975, je suis "légitimiste". Tout cela après un véritabble sursaut: mon père était avant la guerre un royaliste "Maurassien" dirions-nous. J'ai découvert avec Mgr. Jacques, duc d'Anjou, l'autre versant de l'histoire. Guy Augé et le bon. Hervé Pinotau m'ont aidé dans ma réflection. J'ai eu le plaisir de connaître Mgr. Alphonse, duc d'Anjou, lors de mes déplacements en France (et les siens en 1987).
Pourquoi ce préambule? Tout simplement pour ajouter aux propos fort clairs et puissants de Mgr. Louis, dus d'Anjou, deux remarques:
La première touche les vraies racines culturelles de notre France: nous sommes Gaulois avant tout et les cultures greco-romaines ne sont aucunement nos vrais racinees. La seconde remarque touche à la Vrai Monarchi, comm le roi Louis XVI la recommanda aux Etats Généraux en 1789. Monarchiee non constitutionell e, non héréditaire (la couronne n'est pas propriété du prince) mais transmissive dans la famille dynastique (lees Capetiens). Voilà où nous devons tous oeuvrer pour sauver la France.
Bien à vous.
Claude Bertin
Ciudad de México
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#1 Lizot 25-04-2017 09:35
Un joyeux anniversaire à notre Prince Louis Duc d'Anjou dieu vous garde nous avons besoin de vous
À bientôt de vous voir sur le trône de France

Vive LouisXX vive le Royaume de France
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