20.09.2015 : Louis XX à la Messe commémorative de la Fondation des Invalides

J’arrive en la cathédrale Saint Louis des Invalides vers 10h30, en même temps que Monseigneur le duc d’Orléans que je vois, accompagné de quelque membre du protocole, remonter l’allée centrale au milieu des porte-drapeaux au repos, disposés de chaque côté au bord de chaque rang, et prendre place sur la gauche de l’autel. La cathédrale est déjà quasiment pleine d’une assistance assise échangeant ses impressions.

A 11h00 exactement, Louis XX arrive (l’exactitude est la politesse des rois…) et j’ai la grande satisfaction de voir que les porte-drapeaux et toute l’assemblée se lèvent, se tournent vers le Roi tandis que dix sonneurs du Rallye Trompes des Vosges, répartis sur les degrés de l’autel, sonnent « Le Clocher Dampierre » ! Voilà un accueil royal qui m’enchante ! Louis XX entend la sonnerie saluant son arrivée sous les grandes orgues, puis avance vers le chœur pour se placer dans les stalles situées à la droite de l’autel, place protocolaire du Roi de France. A peine trente secondes plus tard, entre le Gouverneur des Invalides, précédé de trois chevaliers de l’Ordre Souverain de Malte, le premier en habit militaire rouge, les seconds en habit de chœur portant la cape noire à croix blanche, qui reçoivent le même brillant accueil des trompes, et vont se placer, le Gouverneur à la droite du Roi, les chevaliers de Malte à sa gauche dans les stalles.

Enfin, Monseigneur Ravel, évêque aux armées françaises, entre en procession et prend place sur sa cathèdre. Son mot d’accueil souhaite la bienvenue à Leurs Altesses Royales, aux personnalités civiles, religieuses et militaires présentes et à toute l’assemblée. Monseigneur insista particulièrement dans son homélie sur la remarquable grandeur de l’idée qu’eut Louis XIV d’édifier, non  un hospice, mais un somptueux palais pour les invalides de ses armées. Y voyant la juste reconnaissance qu’avait le Roi pour le sacrifice sans mesure que ses soldats acceptaient de faire pour la grandeur du Royaume de France ! Il acheva en rendant un hommage poignant aux invalides passés et présents de nos armées.

Au moment de l’élévation, les sonneurs donnent l’éclatante sonnerie de « La Saint Hubert » et, après la communion, retentit de la tribune d’orgue un « Hommage à Saint Louis », œuvre originale créée à l’occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV pour orgue, duo de cors, duo de trompes et ténor, interprétée aux orgues par Olivier d’Ormesson sur un texte de Jean d’Ormesson. Le salve Regina clôt la messe et Monseigneur Ravel donne la bénédiction d’envoi.

Il sort en procession, précédé de la Croix au passage de laquelle chacun se signe, suivi immédiatement des porte-drapeaux, des invalides, des chevaliers de Malte, du Roi et du duc d’Orléans qui sortent ensembles, entourant le Gouverneur (pour ménager les susceptibilités je présume…), des personnalités des premiers rangs parmi lesquelles j’ai reconnu Madame Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française et Monsieur Jean d’Ormesson, Doyen de cette même Académie, ainsi que Monsieur Christian Pinot, président du Centre d’Etudes Historiques, Monseigneur le prince Charles-Emmanuel de Bauffremont, président de l’Institut de la Maison de Bourbon, et son épouse, Messieurs les professeurs Michel-Bernard Cartron, Franck Bouscau et Monsieur Denis Tillinac, enfin du reste de l’assemblée.

Tous ceux qui le désirent se rendent alors dans une vaste salle, accessible après avoir traversé un véritable labyrinthe de couloirs, pour y entendre le discours du Gouverneur. L’entourent Louis XX et Monsieur Jean d’Ormesson : le pouvoir légitime et le dictionnaire vivant de la Littérature française ! Monseigneur le duc d’Orléans avait disparu… Sitôt les applaudissements saluant la fin du discours, je vois se dérouler une scène d’un autre temps : Monsieur d’Ormesson se tourne vers le Roi. Et tandis que Sa Majesté s’incline cordialement devant l’érudition, Monsieur d’Ormesson lui présente ses hommages avec une déférence altière de vieille race qui ne s’attarde pas une fois l’acte d’allégeance rendu… et prend congé du Roi avec la même vivacité qu’il s’était tourné vers lui… (Ah ! Ces Ormesson…). Il se glisse alors vers la sortie et mon impression se confirme : arrêté à deux ou trois reprises dans sa fuite par les salutations d’admirateurs, je le vois à chaque fois répondre de la même façon : jetant un instant l’éclat bleu-ciel très pâle des nouveau-nés qu’ont conservé ses prunelles vers le solliciteur, pour les clore aussitôt avec une légère inclinaison de la tête accompagnée d’un sourire mesuré. Cette posture ne durait que le temps qu’elle fût reçue par son destinataire et se réitéra à chaque nouvelle obstruction. Seulement, il ne répondait pas à la salutation, il en acceptait l’hommage… Monsieur d’Ormesson a les manières pleines d’une douceur courtoise et distante de l’ancienne France et il me sembla un instant apercevoir l’impartial et très subtil Olivier Lefebvre d’Ormesson, à travers les siècles, par la mystérieuse alchimie de l’hérédité, agréer ainsi les hommages de Madame de Sévigné ou de Monsieur de La Fontaine au sortir de sa brillante plaidoirie en faveur de Monsieur le Surintendant…

Ainsi, en l’Hôtel des Invalides par ce dimanche radieux, fus-je comblé à double titre : je vis le Roi reçu selon son rang, qui est le tout premier, et profitai des usages d’Ancien Régime, surannés mais si précieux, de Monsieur Jean d’Ormesson.

Pour la gloire Dieu, vive la France ! Vive Louis XX !

Franz de Burgos 

PS : Vexilla Galliae remercie vivement Mme Stéphanie de Tournon, Mr Yan d’Annoville, Mr David Gandil de Valois et Mr Jacques de Valvigne pour le partage des photos prises lors de cet évènement et diffusées sur notre site et ses réseaux sociaux.  

Commentaires  

#5 Lizot 03-10-2015 21:49
Vive notre Roi Louis xx
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#4 PELLIER Dominique 24-09-2015 07:56
Je ne bl^^ame en rien Sa majesté Marie-Marguerit e, j'exprime seulement le regret de ne pas l'avoir rencontrée. En effet, mais c'est acquis, notre Reine est rétablie par la grâce de Dieu
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#3 Florent 23-09-2015 19:54
Citation en provenance du commentaire précédent de PELLIER Dominique :
Dommage que Sa majesté la reine Marie-Marguerite ne fut pas là, comme annoncé! J'ai toutefois pu aborder Sa majesté et voir confirmer Sa disponibilité, Sa simplicité. Ah, qu'Il soit un jour un bon roi!!!!

La princesse avait cependant une bonne excuse... C'est à cause de sa fracture du pied ! Espérons qu'elle s'en remette rapidement ;)
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#2 Evrard Sainte-Marie 23-09-2015 13:24
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10152282674234882.1073741833.632504881&type=3
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#1 PELLIER Dominique 23-09-2015 07:57
Dommage que Sa majesté la reine Marie-Marguerit e ne fut pas là, comme annoncé! J'ai toutefois pu aborder Sa majesté et voir confirmer Sa disponibilité, Sa simplicité. Ah, qu'Il soit un jour un bon roi!!!!
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