Le royalisme : Entre mémoire et espérance

Le royalisme en ce début de XXIe siècle n'est plus que l'ombre de lui-même et comme si cela ne suffisait pas, il s’émiette en chapelles rivales les unes, les autres.

On y trouve des « légitimistes », des « orléanistes », des « survivantistes » et des « providentialistes ».

Quoiqu'il en soit, cette école de pensée demeure contre vents et marrées. Il existe même un parti royaliste : l'Alliance Royale, fondée en 2001.

Aux yeux de nos concitoyens, pour les uns, nous n'existons plus, pour les autres nous sommes une étrange survivance d'un passé révolu.

Comment en est-on arrivé là ?

Avant de tenter de donner une explication, revenons un peu en arrière. Jusqu'à la révolution, le royalisme et les royalistes, n'existaient pas. Tout le monde était pour le roi et le système qu'il incarnait. Même en 1789, personne ou presque n'osait remettre en question les institutions pluriséculaires qui avaient fait la grandeur de la France.

Néanmoins, le 22 septembre 1792, la république fut instituée et ce fut l'an I du nouveau régime. Cette date fut non seulement l'acte de naissance de la république mais également celle du royalisme.

Tout au long du XIXe siècle, les royalistes furent tour à tour dans la majorité ou dans l'opposition. La France se cherchait tellement qu'elle changea de régime au moins six fois au cours de ce siècle.

En 1873, il fallut l'épaisseur d'un cheveu pour que nous renouions avec la dynastie qui avait fait la gloire de notre pays, mais les divisions des royalistes et les hésitation du prétendant de l'époque, le comte de Chambord, firent échouer le projet.

Aujourd'hui, nous en payons les conséquences. Nous sommes toujours aussi divisés et les princes semblent souvent aux abonnés absents, là où nous voudrions les entendre sur des sujets qui préoccupent les français.

Faut-il pour autant se décourager ? Bien sûr que non ! Le découragement est néfaste en politique. D'autant que les français sont des royalistes qui s'ignorent. Il y a peu au moment de la naissance du « royal baby », entendez le fils du duc et de la duchesse de Cambridge, le petit prince Georges, Alexander, le journal « Le Parisien », s'est fendu d'un sondage où l'on demandait à nos compatriotes, s'ils aimeraient être gouvernés par un roi ou une reine. Eh bien, 47% d'entre-eux n'y voyaient aucun inconvénient*. Comme quoi...

Les institutions de la Ve république sont à l'agonie. Elle sont incapables de répondre non seulement aux aspirations de nos concitoyens, mais et c'est plus grave, de résoudre les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Bien évidement, il ne faut pas être naïf. La royauté rétablie n'agirait pas comme une bonne fée avec sa baguette magique. Bien des problèmes subsisteraient, mais au moins, elle serait capable et ce n'est pas rien, d'apporter la stabilité, la sécurité et l'indépendance, dont nous avons tant besoin.

Dans certains milieux, on parle beaucoup de réaction et d'un bon coup de barre à droite. Mais cela ne résoudra rien du tout. La droite comme la gauche sont prisonnières du clientélisme et de la démagogie. Pour exister, prendre le pouvoir et s'y maintenir, il leur est nécessaire de promettre, toujours promettre. D'où la désillusion grandissante des français et leur désintérêt à chaque élection.

Le véritable réactionnaire ne peut qu'être royaliste, sinon il n'existe pas ou fait le jeu du système.

Les rois ont fait la France, elle se défait sans eux !

Jean-François Martot

*voir l’article de Julien Ferréol du 2 septembre 2013 : « Un français sur deux appelle Louis XX à Reims » http://www.vexilla-galliae.fr/royaute/441-un-francais-sur-deux-appelle-louis-xx-a-reims 

NB : article déjà publié sur Vexilla Galliae le 11 septembre 2013 

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