Le jansénisme médiatique

Une dictature est un régime politique où un seul homme, ou groupe d’hommes, commande aux destinées d’un pays, sans que ses décisions ou son mandat ne soient légitimés par un processus de consultation universelle de son peuple. 
Parmi les régimes démocratiques autoritaires, les dirigeants d’hier, libyen et vénézuélien, sont considérés comme des tyrans. Les têtes des dirigeants d’aujourd’hui, russe, syrien sont posées sur la traverse de la guillotine. 
Sans prendre parti, et n’ayant pas la prétention de connaître l’intégralité des circonstances de leur élection ou de l’exercice de leurs mandats, il est regrettable qu’aucun média de l’oligarchie - les seuls consultés par la majorité des braves gens pressés et criblés d’inquiétudes - n’ait la volonté de rendre compte d’enquêtes sur leurs bilans économique et social1, les plus importants de tous. 
Les journalistes oublient que ces condamnés ont été élus démocratiquement  et sont aimés de leur peuple respectif.
Aujourd’hui, contester le bilan des Printemps Arabes, en termes d’avancée sociale ou plus essentiellement de paix des canons, revient à favoriser les tyrans qui siégeaient précédemment. Et pourtant, ces mouvements ont été autant ensoleillés par la justice sociale, que notre mois de mai par les anticyclones.
 
Parmi les régimes démocratiques libéraux, les peuples français, américain, israélien ont élu leurs dirigeants démocratiquement2. Et, à partir du moment où la presse est libre, l’économie sans entrave et les mœurs libérées, les médias encensent leur action.
Et pourtant, Hollande harcèle les manifestants pour tous, il refuse de condamner l’action des groupes d’extrême-gauche, il trahit ses promesses de campagne. Quant à Obama, il semble bien embarrassé par son soutien à Israël, au mépris de la Palestine, par les armes chimériques du chef d’Etat baasiste et par l’affaire Snowden. Enfin, Netanyahu n’est pas inquiété alors qu’il opprime les palestiniens et organise la ségrégation dans son pays.
 
L’élection démocratique n’est résolument pas un critère suffisant pour que le dirigeant élu et son peuple soient respectés par le journalisme français. 
 
Nos élites auto-proclamées – évoquant le temps du jansénisme parlementaire3  - veulent nous convaincre que nos représentants doivent défendre les intérêts des minorités souvent décrites comme opprimées, oubliant la défense des intérêts de la majorité et la défense du bien commun...
Des dissidents comme Etienne Chouard, Pierre Hillard ou encore le Sheikh Imran Hosein ont parfaitement identifié que ce critère est la soumission à un nouvel ordre mondial atlantiste, qui se définit par la promotion d’une économie libérale ne profitant en réalité qu’à une élite et par une lutte acharnée contre les valeurs morales. Ce nouvel ordre mondial qui aboutit à la séparation des individus des corps constitués, au profit d’une multitude ou chacun est isolé et manipulable à loisir. 
 
Connaissant la grille d’analyse des médias dominants français, il ne faut pas tomber dans la caricature complotiste. En ce qui concerne nos journalistes, Robert Ménard a raison de parler d’une « réelle conviction ». 
Les journalistes confondent sincèrement la liberté de la presse et la liberté d’expression. Ils pensent que le slogan de la république « liberté, égalité, fraternité » est un programme politique, alors que ces mots ne veulent rien dire seuls. 
Alain Soral a pu, à de multiples reprises, s’exprimer sur ce sujet : la Liberté ou l’Egalité pour elle-même n’a aucun sens,  il faut l’associer à quelque chose, la liberté de, l’égalité de. 
 
Le peuple a toujours raison, s’il a eu tort, c’est qu’on l’a trompé. La dissidence ré-informe, ou désinforme le peuple, lui laisse le soin de se forger une opinion par lui-même. A nous de lui démontrer que l’autorité, la hiérarchie, le corporatisme et l’Ordre permettront contrairement à l’égalitarisme, au libéralisme et au libertarisme de le protéger et de lui permettre de se réaliser au sein d’un corps social et national reconstitué.
 
En tant que citoyen de la république française, je suis favorable à la restitution de son pouvoir au peuple. La république doit, à minima, instituer la proportionnelle intégrale à l’assemblée, et inciter les paysans et les ouvriers à rejoindre les Palais Bourbon et du Luxembourg. 
 
Je ne suis pas de ceux qui, plus royaliste que le Roi, disent ce qu’il doit faire. J’exprime une opinion en espérant que le Prince l’écoutera. Pour autant, je me soumets à son autorité légitime issue de l’Histoire.  En tant que royaliste légitimiste, je souhaite que le Roi exerce un pouvoir absolu. Personne d’autre que lui-même ne peut décider en dernier ressort. Il est né pour gouverner, pour agir dans le bien commun, en s’assurant qu’aucune minorité n’est opprimée. Il respecte l’ordre naturel et les valeurs chrétiennes. J’espère son retour, j’espère qu’il sera appelé par le peuple français, en partie grâce à notre œuvre dissidente pédagogique.
 
Il ne s’agit pas d’une position réactionnaire, mais d’une position progressiste, basée, sur les exigences de notre temps. A ce titre, imprégné par les idées de mon temps, je souhaite convaincre de la nécessité de réformer la royauté absolue avec la nomination par tirage au sort d’un parlement qui commente puis enregistre les ordonnances du Roi, d’un sénat nommé par celui-ci pour service rendu au bien commun, que les hommes de foi s’unissent derrière ce Roi Chrétien, que de nouvelles corporations, dignes de Colbert soient instituées. Vive le Roi ! A suivre…
 
Jacques Jouan
 
1 Par exemples, la réduction de la pauvreté pour le Vénézuela ; La réduction de l’illettrisme, de la mortalité infantile, et la tentative de création d’un dinar-or, pour la Libye qui a été sauvagement envahi et laisser à l’abandon.

2 A l’exception de Mouammar Kadhafi qui a pris le pouvoir en 1969.
3 Se référer aux conférences en ligne de Marion Sigaut.

Rappel de Vexilla Galliae : Les tribunes sont libres et n'engagent que leurs auteurs

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