Du galop de Spanghero …

…Pour innocenter son entreprise de toute traîtrise au retour des farines animales, la France devient de plus en plus folle.

En plein délire des surgelés « cheval » qui auraient dû être « bœuf », voici que l’on annonce le retour des farines animales pour alléger nos porte-monnaie et continuer à enrichir certains au détriment de la santé des consommateurs. Même s’il nous est dit que ces farines-là, destinées aux poissons d’élevage, n’ont rien à voir avec celles d’hier, le consommateur va encore faire les frais de ces supposées mesures d’économie.

On a donc oublié le scandale causé par la vache folle voici 15 ans, l’immense détresse des agriculteurs, l’abattage de troupeaux entiers. Les Français ont la mémoire courte, mais tout de même !

Revenons à Spanghero et aux larmes de ses 331 salariés, sans compter les sous-traitants et leurs familles. Depuis que la Roumanie n’a plus besoin de ses chevaux, elle ne sait quoi en faire… si ce n’est de les consommer à défaut de les faire galoper ? Mais ce constat ne fait pas d’elle une coupable. La complexité du système de production et de distribution pour brouiller délibérément les pistes et enrichir les sous-traitants ne peut toutefois qu’interroger sur l’innocence de ces derniers. Une viande transite par un trader chypriote, puis néerlandais, avant d’être redirigée par la société Spanghero, vers la filiale luxembourgeoise du Français Comigel, sous-traitant de Findus et de célèbres marques  de plusieurs enseignes de grande distribution en Europe : pourquoi tant d’intermédiaires ? D’autres conséquences dramatiques pour l’emploi surgissent : l’usine de Castelnaudary (Aude) n’a plus l’agrément qui lui permet de traiter la viande. C’est provisoire, mais ce genre de décision laisse toujours des blessures.

Du bœuf qui devient cheval, aux poissons d’élevage nourris avec des farines animales, voilà qui va peut-être donner aux consommateurs l’envie de devenir végétariens. Ne suffirait-il pas à l’avenir de mettre en place un étiquetage très précis et de permettre aux entreprises locales de vendre leurs produits pour éviter tout dérapage ?

Pour en rassurer quelques-uns : autrefois, on mangeait du cheval une fois par semaine pour fortifier sa santé et les boucheries chevalines existent toujours. Alors, en dehors de l’inacceptable tromperie, la viande de cheval, c’est bon pour la santé…

Solange Strimon

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