La jeunesse anesthésiée

« La jeunesse est le brasier du monde ; lorsqu’elle se refroidit, le monde claque des dents. »

Au cas où certains l’aurait oublié, ce qui semble être le cas, la jeunesse est l’avenir. Dans une société (et une actualité…) où l’on sape tous les repères, il est bon de rappeler les évidences. Les enfants deviennent des adolescents, puis (normalement) deviennent adultes.

Notre société, entraînée dans la frénésie républicaine et le rythme des jingles de journaux télévisés, ne sait plus qui elle est. Elle a en effet renié ses racines chrétiennes et royales.

Et puisqu’une société qui ne sait plus d’où elle vient ne sait pas où elle va, son avenir est sombre, inconnu, flou, voire bouché.

Voilà la destinée de la jeunesse. Quel funeste constat ! La jeunesse, faite pour construire l’avenir et affronter les épreuves de la vie avec l’énergie héroïque qui la caractérise, est enlisée dans, disons-le, la vase du je-m’en-foutisme, de la jouissance déréglée et de l’inconscience parfaite de ce qui se passe à l’extérieur de sa bulle.

Ne me faites pas le procès du vieil acariâtre, adepte inconditionnel du « c’était mieux avant ». Je n’ai pas 20 ans. Donc, l’avant, je ne l’ai pas connu, je ne sais pas si c’était mieux ou moins bien. Parce que je n’y étais pas et je n’ai pas ni la prétention ni l’intention d’élucider cette question inutile. En effet, si l’histoire de France était enseignée dans les écoles de la république (avant que l’histoire des peuples du monde ne vienne remplacer la très « has-been » Jeanne d’Arc) et qu’elle est une discipline à part entière, c’est bien parce que connaître son passé permet d’avancer. C’est vrai pour les nations, par l’histoire, pour les familles, par les recherches généalogiques…

Dans les années 1790, de jeunes républicains sans-culottes se battaient contre de jeunes royalistes muscadins dans le centre de Paris. Et les images des grands événements du XXe siècle sont claires : les acteurs de l’avenir sont les jeunes.

Aujourd’hui, en France, en l’an 2013, il y a toujours des jeunes, ne nous inquiétons pas. Seulement ils sont anesthésiés par un certain nombre de facteurs.

1) La perte d’identité

Les jeunes hommes qui s’engagent dans des « groupuscules d’extrême-droite » aujourd’hui auraient des problèmes hormonaux. Leur « quête identitaire » est la risée du Tout-Paris.

Bien sûr, on ne peut que déplorer que des jeunes fassent le choix de s’engager dans des structures à l’idéologie flirtant avec le racisme, le nazisme, ou un paganisme dégénéré et anachronique.

Seulement on peut les comprendre. Les jeunes Français, aujourd’hui, n’ont plus d’identité. Même avant que l’on n’ébranle le modèle père-mère, les générations précédentes (je pense aux enfants de certains événements de 1968) ont coupé l’herbe sous le pied de la jeunesse. Plus le droit d’être français et fier de l’être, c’est raciste. Plus le droit d’être catholique et fier de l’être, c’est intégriste et insultant pour l’œcuménisme et le merveilleux dialogue. Plus le droit d’être fier d’être breton, corse, occitan, lorrain ou basque1, ça n’a plus de sens. Et maintenant, plus le droit d’être fier d’être une femme ou un homme, c’est machiste, rétrograde et ringard.

On ne doit plus être que des numéros mystico-gélatineux, unisexe, citoyen du monde, et si t’es pas content, c’est pareil.

Il n’est pas tout à fait surprenant que des jeunes souhaitent se réapproprier une identité, quitte à le faire de manière malvenue ou excessive, ou en allant la chercher ailleurs (origines familiales étrangères vantées entre amis, fascination pour le Japon, la culture US, islamique ou autres).

2) La rupture politique

Les jeunes se foutent éperdument de la politique. « Toujours la même chose », « on se fait systématiquement berner », etc. Du coup, l’immense majorité des jeunes déclarent ne pas aimer la politique, ne pas s’y intéresser, et mettent tous les politiques dans le même panier afin de ne pas avoir à s’engager.

Puisque le conservatisme est absurde 2, s’il faut avoir un avis, la majorité des jeunes auront naturellement le cœur à gauche, mais ils ne s’engageront pas. Il est affolant de constater le ratio minuscule de jeunes engagés en politique.

Leurs sources d’information sont les suivantes : 20 minutes, Métro, Direct Matin, (les journaux gratuits), à la limite BFM TV, voire les brèves du Huffington Post sur iPad pour les plus politisés (Science Po, fac de lettres…). Les lignes éditoriales de ces médias sont totalement identiques.

En somme, la jeunesse sous-traite sa pensée aux médias de masse et laisse la politique et leur avenir aux crânes d’œufs de la politique.

3) Le détournement d’attention

« On asservit plus les peuples avec la pornographie qu’avec les miradors » dixit une victime du goulag, Alexandre Soljenitsyne.  Nul besoin d’en dire plus.

Aussi, vous aurez du mal à compter beaucoup de jeunes gens n’étant pas dans leur bulle musicale (casque, écouteurs…) ou en train de tapoter des « textos » sur leur téléphone portable si vous sortez dans les transports en commun. L’enfermement des jeunes dans les bulles fictives des jeux vidéos, des réseaux sociaux, de l’alcool (et des drogues pour certains), les éloigne du réel et les empêche d’ouvrir les yeux.

L’encouragement étatique de tous ces leurres révèle la peur que les hommes politiques ont de la jeunesse. L’ampleur relative des jeunes mouvements de Notre-Dame des Landes ou des groupuscules d’extrême-droite, additionnés aux maigres chiffres des jeunes UMP, PS, MoDem (ne pas rire), FN (plus grande formation politique de jeunesse avec 15 000 adhérents jeunes) montre que le grand ventre mou de la jeunesse de France n’est nulle part, et qu’il ne vaudrait mieux pas pour le système qu’elle se réveille.

Dormez jeunes gens, le gouvernement veille.

Julien Ferréol 

 

1 Quoique, j’aurais l’occasion d’en reparler, l’oppression européenne sur les nations et la perte d’identité généralisée fait resurgir les fiertés régionales.

2 Se reporter aux conclusions de « L’homme de droite, le girondin de la république »

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