Mais ça coûte très cher ! Non, c'est l'Etat qui paye

Non, vous ne rêvez pas. La phrase qui sert de titre à cette chronique a bel et bien été prononcée par François Hollande à l’occasion de sa prestation télévisée du 6 novembre. Afin d'être plus précis, voici le verbatim de ce passage. Un modeste diplômé en droit invité sur le plateau déplorait ne pas trouver d’emploi. Ce à quoi le président rétorque : « je vais vous faire une proposition on va avoir cet enjeu de la politique du climat on a besoin de faire des diagnostics on va créer des emplois d'avenir sans condition de diplôme. » Passant sur le fait que la réponse ne correspond en rien à la question posée, le journaliste objecte : « Mais ça coûte très cher ! ». Et le chef de l’État de répondre du tac au tac : « Non c'est l'état qui paye. »

On retiendra de cette soirée que lorsque l’État paye, c’est-à-dire nous tous, ça ne coûte pas un kopeck, ou presque. À ce compte, on peut légitimement se demander comment l’État peut se retrouver avec une ardoise de deux milliards d’euros. À moins que ça ne soit un des effets de cette merveilleuse magie de l’argent public qui est à tout le monde, donc à personne, qui semble arriver dans l’escarcelle de Bercy par on ne sait trop quel mystérieux procédé, dont on peut user et abuser sans encourir le moindre risque quand on est aux commandes de l’État.

Cette phrase-là, prononcée hier soir en direct devant des millions de gens par François Hollande, devrait suffire pour déclencher une insurrection populaire dans un pays démocratique normalement constitué, et pour faire chasser honteusement sous les tomates pourries et les huées celui qui a osé dire une chose pareille, avec toute sa clique de min...istres et de conseillers. Trop heureux que leurs têtes ne finissent pas exposées sur des piques vengeresses.

Elle est l’exact équivalent du « qu’ils mangent de la brioche » censé avoir été prononcé par Marie-Antoinette. Elle révèle la même incroyable ignorance de la réalité, la même morgue tranquille de ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui trouvent tout naturel que le garde-manger soit toujours garni, le plein de la voiture toujours fait, l’hôtel quatre étoiles toujours réservé, les notes de frais toujours acquittées par d’autres. Sauf que, à la différence de Marie-Antoinette, François Hollande l’a vraiment dit, lui, et que Hollande se veut un socialiste qui a consacré « toute sa vie aux pauvres » (dixit l’intéressé lui-même). Marie-Antoinette n’avait pas choisi de naître aristocrate, ni même de devenir reine de France. Hollande a choisi de devenir président de la république, et il est censé être le commis de ceux qui l’ont élu, et du peuple français tout entier. 

Mais en réalité Hollande appartient à cette nouvelle aristocratie d’État qui mène notre pays à l’abîme depuis des décennies, à ces petits marquis dont toute la vie adulte s’est passée entre les couloirs de l’ENA et les salons dorés de la république, qui n’ont jamais connu autre chose que le monde de la haute fonction publique, qui est aussi celui où les partis politiques et les grandes entreprises françaises viennent régulièrement faire leur marché pour renouveler leur stock de jeunes ambitieux préformatés et interchangeables.

Cette phrase, qui lui est venue si naturellement aux lèvres, soulève un instant le voile de fausse bonhomie et de sollicitude factice pour les sans-grades dont la nouvelle aristocratie s’enveloppe habituellement.

Elle signifie : « Votre argent m’appartient et je le dépense à ma fantaisie. Pour moi, rien n’est jamais cher puisque c’est toujours vous qui payez. L’État, c’est moi ». En entendant cette phrase on comprend pourquoi notre pays court à sa ruine. Et en constatant que si peu de gens s’en indignent, on se dit que les Français n’ont malheureusement que ce qu’ils méritent.

Pierre Guillemot & Aristide Renou

Commentaires  

#10 Dofiar 20-12-2014 11:50
Les Français croyant depuis 200 ans tout ce que la république leur invente comme mensonges – « plus c’est gros plus ça passe » - , ils croient aussi que l’école obligatoire et GRATUITE a été instituée par Jules Ferry, c’est le principe du « Magister dixit » (Le maître a dit, paroles sacramentelles des scolastiques du Moyen Âge, lorsqu’à l’instar des disciples de Pythagore, ils appuyaient leur opinion sur l’autorité du « maître », Aristote), et l’inculte François Hollande le premier. Non seulement ce n’est pas Jules Ferry qui a institué l’école obligatoire, mais Louis XIV *, mais encore elle n’est pas gratuite, ne l’étant que dans la propagande à la Goebbels de la république, vu que nous la payons tous dans nos impôts, les instituteurs et les professeurs n’étant pas des bénévoles !

* L’école : conquête républicaine ou œuvre royale ? de Pierre Van Ommeslaeghe http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/histoire/107-l-ecole-conquete-republicaine-ou-oeuvre-royale
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#9 Ivannick 10-11-2014 16:02
L’essor économique et industriel de la Russie sous Nicolas II

© Photo : RIA Novosti
Par La Voix de la Russie | Les historiens libéraux et pro-occidentaux , ainsi que les partisans de l’approche marxiste évaluent souvent négativement le rôle du dernier empereur russe dans l’histoire de Russie. Or, c’est sous Nicolas II que la Russie a réalisé un grand bon économique en avant, en effectuant toute une série de réformes efficaces, en augmentant sa population et son potentiel de défense. Si la Première guerre mondiale et la révolution n’avaient pas eu lieu, la Russie se serait retrouvée parmi les leaders économiques, militaires et politiques du monde, pensent les experts.


Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_11_09/Nicolas-II-un-empereur-fort-et-faible-a-la-fois-5834/
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#8 PELLIER Dominique 10-11-2014 12:48
Ben c'est tellement plus facile de faire des c...ries et de la faire payer, d'ailleurs toujours par les m^mes! Sauf qu'en république, immonde imbécile (hollande), l'Etat c'est tout le monde.
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#7 Pascal Cambon 09-11-2014 12:20
Citation en provenance du commentaire précédent de Marc de Saint Maur :
2 Milliard d'euros si seulement c'était que deux milliards!!! Mais il s'agit de 2000 (deux mille) milliards d'euros. Petite précision qui permet de situer la dette abyssale qui ne sera jamais remboursée. Un nouveau convaincu d'un retour à la royauté pour sauver la France.

Effectivement, cette erreur a passé la relecture. Mille excuses.
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#6 Marc de Saint Maur 09-11-2014 09:52
2 Milliard d'euros si seulement c'était que deux milliards!!! Mais il s'agit de 2000 (deux mille) milliards d'euros. Petite précision qui permet de situer la dette abyssale qui ne sera jamais remboursée. Un nouveau convaincu d'un retour à la royauté pour sauver la France.
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#5 Ventrachoux 08-11-2014 21:31
Quelle belle chronique !
S'il y avait de véritables journalistes libres en France, elle devrait être encadrée, tellement cette phrase dite par ce personnage est ignominieuse Je ne l'ai lu ou entendu nulle part ailleurs que sur ce site et j'ai encore moins entendu de commentaires soulignant le mépris qu'elle sous-entend. Quant à l'intervention télévisuelle du scootériste de l'Elysée, je ne l'ai même pas regardé.

Vive Louis XX
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#4 Benoît Legendre 08-11-2014 18:12
De toute façon, est il seulement possible d'établir une liste de toutes le énormités enseignées aux petits français par les républicains depuis 1870 ? Rares sont nos souverains et leurs ministres qui ont échappé à l'humeur vengeresse de la clique bavarde qui hante nos assemblées depuis la IIIe... Ce régime républicain a tourné le dos à son sens premier : res publica signifie bien "le bien commun" je crois ? On en est tellement loin...
Vive le roi !
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#3 Renaud Serv du Roy 08-11-2014 15:24
Bravo aussi pour la photo :

l'emplâtreur emplâtré ou l'enfarineur enfariné !
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#2 Pascal Cambon 08-11-2014 13:13
C'est juste une réplique du berger à la bergère, une manière d'arroseur arrosé. La république a créé de toute pièce cette citation pour rendre la reine encore plus odieuse aux yeux du peuple. Il était donc juste qu'elle serve aujourd'hui pour flétrir le chef de la gueuse. Notez au passage que nous n'affirmons pas que Marie-Antoinett e a prononcé cette phrase, bien au contraire.
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#1 Renaud Serv du Roy 08-11-2014 11:13
Magnifique chronique Pascal et Aristide !

Quand je vous lis, j'en deviendrais révolutionnaire , c'est vous dire !

Mais évitez de reprendre, même à titre de comparaison, cette phrase épouvantable jamais prononcée, qui a tant nui à notre Reine martyr et à notre cause.

Qu'elle soit prononcée ou écrite par les séides de la République est normal; qu'elle soit utilisée, même à contre-emploi, par nous est encore lui donner corps dans l'esprit du lecteur.

Cette ignominie doit retourner à ce à quoi elle appartient, au néant.
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