Le triomphe du régime des partis

Chers amis,

Les commentaires sur le vote de confiance reçu de l'Assemblée par le nouveau gouvernement ne sont plus à faire. Jusque sur ce site, plus d'un chroniqueur y est allé de son avis, souvent fort intéressant.

C'est pourquoi j'aimerais déplacer notre débat sur la question du régime qui est, en vérité, contenue derrière cette pantalonnade. Pantalonnade ? En effet ! Pour la deuxième fois en quelques mois le Premier ministre a dû recevoir la confiance de la nation. De la nation ? C'est une fiction. La nation, dans son immense majorité, désapprouve la politique du gouvernement, désapprouve ses membres et le Président de la République qui gouverne à nos destinées (83 % de Français ne font plus confiance à François Hollande d'après Ipsos, et 63 % ne font plus confiance à Manuel Valls). Ainsi, les députés ont voté une confiance qui n'engage qu'eux, mais certainement pas la nation qu'ils représentent. C'est bien là un autre problème. Ils ne représentent plus rien. Si d'aventure ils n'avaient pas voulu voter la confiance, le Président Hollande aurait dû dissoudre l'Assemblée, et confrontés aux électeurs, bon nombre de nos députés seraient devenus des dépités... Quand on sait que bon nombre d'entre eux emploient leurs épouses ou leurs filles comme assistantes parlementaires, le siège du Palais-Bourbon est une affaire délicate qu'il convient avant tout de conserver. C'est par l'union partisane entre le gouvernement et la majorité des députés que le Président et son Premier ministre tenaient les votants. Parce que l'impopularité de ces deux loustics rejaillit sur les bancs du Parlement.

Nous voici en fait au cœur d'un problème de régime, celui du régime des partis, qui est triomphant contre la volonté nationale, grâce à ses combinaziones. Que Manuel Valls décide de recevoir la confiance d'un vote conjoint de l'Assemblée et du Sénat, déjà le régime des partis s'effritait, en incorporant une plus grande pluralité de groupes politiques. Mais le groupe au pouvoir préfère assurer sa sécurité que se confronter au réel.

Ce régime des partis consiste à l'accaparement du pouvoir de l'Etat par un groupe partisan majoritaire, au détriment des autres groupes partisans et surtout de tous les corps constitués de la nation. Face au peuple, le parti élu par lui se croît tout permis. C'est le cas du parti socialiste qui, en 2012, disposait de la présidence de la République, de la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat, de la majorité des conseils régionaux et généraux, de la majorité des municipalités et des communautés de communes. Ainsi, le pouvoir du parti socialiste était-il sans limites. A quoi cela a-t-il servi pour la France ? Cette incroyable puissance fut-elle utilisée pour nous servir ? Elle fut utilisée pour asseoir un peu plus la puissance de ce parti et de ses membres dirigeants.

Mais cette situation n'est pas nouvelle. Elle fut la même en 1995 lors de l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République.

Le régime des partis utilise l'appareil public à ses propres fins. Ainsi, en 2003, après des semaines de grèves et de négociations difficiles, le gouvernement Raffarin obtenait à l'arrachée une réforme des retraites bâtardes. Quelques temps plus tard, au cœur de l'été, le gouvernement faisait voter l'augmentation des salaires des ministres par l'utilisation du vote bloqué selon l'article 49-3 de la Constitution. Ainsi, pour le bien du peuple français, il fallait négocier, reculer pour moins bien sauter, mais pour le portefeuille du gouvernement, il fallait faire preuve d'autorité... Déjà, en 1981, François Mitterrand avait donné l'exemple de l'opportunisme. Le parti socialiste de l'époque n'avait eu de cesse de vilipender la Ve République et sa soi-disant nature dictatoriale. Mais parvenu au pouvoir, il s'en contenta bien. Plus récemment, on a vu François Hollande promettre de mettre fin à ce qu'il appelait l'Etat UMP, à savoir le trust des fonctions administratives supérieures et des grands groupes industriels publics par des proches du Président Sarkozy. Cette promesse a été tenue. Nous disposons désormais d'un formidable Etat PS...

Ce régime des partis est notre vraie plaie. C'est la véritable chaîne qui empêche notre pays de se réformer et dont nous avons eu un exemple éclatant ces derniers jours. Tant que des groupes partisans se partageront l'Etat comme un fromage et seront prêts à toutes les compromissions pour conserver ce qui est devenu leur gagne pain, notre nation sera perdante.

Ainsi, l'urgence semble être une réforme des structures de l'Etat pour mieux réformer la France ensuite.

En attendant, Monsieur Valls, vous qui venez de recevoir la confiance de votre parti, je vous souhaite bonne chance pour gouverner notre patrie.

Charles

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