Pour un Royalisme du XXIeme siècle

Bien souvent la sphère monarchiste n'est qu'un monde sclérosé dont les fantasmes sont aussi irréalistes que néfastes. Bien souvent les royalistes forment une population de nostalgiques, à son corps défendant, tout en la laissant paraître au grand jour. Non pas que le passé soit mauvais, il ne l'est pas et c'est dans l'Histoire que s'enracine le présent, c'est dans le passé que se trouve le terreau de notre avenir.

Toutefois, si monarchie il y a à espérer, faut-il souhaiter qu'elle soit une restauration stricte de l'Ancien Régime? On me répondra sans doute un franc et unanime « non ! », réponse qui prélude, bien souvent, l'évocation larmoyante des privilèges de jadis.

N'en déplaise à certains, si nous retournions à la monarchie de jadis, selon les règles de jadis, quelle famille noble pourrait se prévaloir de n'avoir jamais dérogé ? Faut-il aussi rappeler qu'en France, nombreuses sont les familles qui, grâce à la complicité de faussaires, se firent fabriquer des actes attestant de la participation d'un ancêtre à la Croisade [1]? La tendance de « musée » qui sévit actuellement dans le monarchisme, et notamment dans certains courants légitimistes, est une idée d'immobilisme et de défaite.

Nous sommes tous passionnés d'Histoire, au point d'en faire, comme c'est le cas de votre serviteur, un métier. Toutefois, si nous sommes Royalistes, alors il nous faut considérer que le royalisme n'est pas l'Histoire, n'est pas le passé, mais est le présent, c'est-à-dire notre avenir !

Certes, il y aura un mérite énorme, une satisfaction personnelle qui rejaillit sur toute une famille d'être resté fidèle, tel Chateaubriand, à nos Rois qui firent la France. Cependant que dirons-nous à nos petits enfants ? Que nous griffonnions, au fil des ans, des articles sur les antiquités monarchiques européennes qui passaient l'arme à gauche, ou que nous écrivions, avec force, à la plume d'acier, l'avenir du Royalisme ?

Malheur à nous ! Où est le Charles Maurras de notre temps ? Où sont les d’Estiennes d'Orves, les Henri de Chambord du XXIeme siècle ?! N'existe-t-il plus d'intelligence dans ce royalisme français pour débattre, construire et convaincre ? Sommes-nous réduits à agiter des fidélités de boudoirs et des noms poussiéreux pour ne pas dépasser les douves virtuelles d'un site internet ignoré ?

 
Se contenter d'un entre-soi malsain quand notre pays souffre de ne pas avoir de Roi ?

Nous avons pourtant un projet : le Roi.

Nous avons des principes : le sens du Devoir, le Respect de l'Homme.

Nous avons des attachements politiques, par exemple le respect des corps intermédiaires, seuls garants des Droits des peuples de France, le respect des droits de l'homme libre, le consentement de ce même homme à l'impôt, l'inaliénabilité des biens de la couronne, le fait que le Roi soit le protecteur du peuple auprès des puissants tout en n’étant pas le laquais de ce peuple.

Chez Vexilla Galliae nous souhaitons défendre un monarchisme du XXIeme siècle, apte à s'interroger sur le monde avec curiosité, non sans critique ; Estimant aussi que notre fidélité inconditionnelle à Monseigneur Louis, Duc d'Anjou, doit s'employer à convaincre autour de nous de ce que pourrait être la Monarchie, et non pas de ce qu'elle fut. Que cette fidélité doit s'employer à faire comprendre qu'être royaliste ne signifie pas être déconnecté de la réalité, de l'actualité.

Il est temps d'abaisser le pont levis, de remiser la perruque poudrée et de concevoir que les Royalistes ne mesurent plus leur engagement ni au nombre de quartiers de noblesse, puisque nous sommes bien nombreux à en être dépourvus, ni à leur détachement des choses de ce monde.

J'ai honte d'être obligé de redire tant d'évidences, je ris d'avance des réponses outrées de ceux qui sentiront offensés leurs précieuses lignées, trop heureux de se cacher derrière le souvenir pour ne rien construire.

Mais si j'ai bien un devoir au sein de notre mouvance royaliste, c'est de donner un salubre coup de pied dans les lambris vermoulus. Si nous n'annonçons pas le Roi, qui viendra le chercher ? Si nous ne l'incitons pas à venir nous protéger, pourquoi sortirait-il de sa réserve ?

Nous n'allons pas céder, nous n'allons pas abandonner le débat politique et la grande bataille de l'information au prétexte que ceux-ci seraient souillés par l'ignominie républicaine et feraient de ceux qui l'approchent de piètres royalistes. C'est faux et c'est l'argument pathétique de ceux qui ont refusé tout espoir pour se réfugier dans leur tour d'ivoire, compulsant les armoriaux défraîchis de la noblesse d'autrefois alors qu'une aristocratie nouvelle se lance à l'assaut du monde.

A nous de nous joindre à ce mouvement, ou de périr.

Roman Ungern

Article initialement publié le 20 janvier 2015

Afin de ne pas laisser le lecteur sur une faim, et de donner des arguments et des formations pour se convaincre et convaincre on recommandera le site Vive le Roy[2] ainsi que notre site. Toutefois il est aussi important que chacun apporte son lot à la réflexion, dans ses sphères de compétences. On ne peut demander à un plâtrier de parler d'Aristote comme le ferait un professeur de Philosophie, mais le plâtrier parlera infiniment mieux de l'entreprise et de la condition de l'artisan que ne le fera jamais le philosophe.

 

[1]    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1956_num_100_3_10648

[2]    http://www.viveleroy.fr/

Commentaires  

#22 NOEL 07-12-2015 22:17
J'ai vu au journal télévisé de France 3 lundi 9 décembre le décor devant lequel triomphait Marine Le Pen. On y voyait des symboles héraldiques et, particulièremen t, des fleurs de lys! Ce serait un appel du pied de cette dame aux royalistes que ce ne m'étonnerait guère. Alors franchement, ça ne me plait pas du tout.
Je suis royaliste démocrate, proche de l'idéal socialiste, de l'idéal républicain si on enlève l'acception odieuse du mot république depuis le 21 janvier 1793. Je voudrais qu'il soit affirmé très clairement que l'idéal royaliste ne peut accepter un parti totalitaire qui exclut les groupes sociaux qui ne lui plaisent pas.
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#21 NOEL Hugues 02-09-2015 17:01
Bonjour à tous,
je viens de lire et d'imprimer le texte de Marini. Il avertit qu'"il faut être réaliste"! Comment ne pas être d'accord avec cette expression? Mais il me semblerait que le signataire de ce texte ne l'est pas assez!
Le retour du Roi que nous espérons ne pourra "s'imprégner de l'ancien régime" : la définition de "Roy" dans le dictionnaire Furetière de 1690 se lit:"Monarque qui commande seul et souverainement à une région de la terre". Il ne peut plus en être question...sauf le fait que le Roi sera l'héritier de la dynastie nationale capétienne de tradition officiellement catholique....L e retour du Roi sera une re-création, un renouvellement radical de la fonction.
D'abord, le peuple est souverain maintenant, -saut en cas de dictature. Et toute dictature idéologique ou royale est à rejeter. Le Roi à venir sera tout autre chose: premier Serviteur de son peuple, Symbole vivant et non pas un symbole mort comme le buste de Marianne dans nos mairies! Il fera le lien -"symbole"- en sa personne entre le passé -l'Histoire nationale de son peuple- et le présent de ce peuple; il fera et sera le lien entre les citoyens appartenant à des groupes politiques différents, puisque non issu d'un parti vainqueur aux dernières élections; partout chez lui dans son royaume il participera par sa haute présence officielle aux joies, aux peines et aux travaux de son peuple. Issu de la tradition catholique royale française, il reconnaîtra les autres traditions religieuses dans une laïcité (à redéfinir sans doute) qui ne saurait ignorer le spirituel comme c'est le cas dans la France républicaine d'aujourd'hui.
Cette très haute fonction à créer exigera de grandes qualités humaines de la part de son titulaire qui doivent s'acquérir par l'éducation pendant toute l'enfance comme il semble bien que ce fut le cas pour l'actuel Roi d'Espagne. Le Roi (ou la Reine chef d'Etat) en charge de cette fonction unique située bien au-dessus et au-delà des pouvoirs exécutifs et législatifs reconnaîtra et honorera les représentants élus par le peuple lors d'élections libres. Il me semble que c'est ce qui est en train de se créer avec Felipe VI dans l'Espagne voisine et amie. Expérience que doivent suivre les royalistes avec espoir et intérêt passionné. Hugues NOEL :
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#20 Marini 28-08-2015 19:35
Bonsoir à tous.

Bien qu'admiratif de la royauté de droits divin,où le roi aurait tout pouvoir, il faut être réaliste. Je pense que la royauté d'aujourd'hui en France, se doit s'imprégner de l'ancien régime en l'adaptant à notre société actuelle. Tout d'abord je suis intimement convaincu , que le Roi doit régner mais aussi gouverner , sans quoi quel pouvoir aurait-il de s'interposer à une politique qu'il juge néfaste pour son peuple ?
Bien que marseillais, j'ai vécu 2 ans en Belgique et le roi sert de ciment à la nation mais il est encerclé de franc maçon qui vote des lois aussi abjecte que dans notre pays, si ce n'est plus nocive encore. Comment voulez vous qu'il le père de tous les Français si son droit le plus fondamental lui est enlevé. Avez vous déjà vu un père de famille qui ne gouverne pas son enfant ? qui ne puisse pas lui donner des ordres et lui donner des droits ?
Un Roi qui aurait moins de pouvoir qu'un président de la république ,serait un roi de théâtre, un souverain allant de galas en défilé et sa vision de la France ne serait sans doute pas appliqué. Regardez Baudoin pour s'opposer à l'avortement il a dû abdiqué quelques jours, seul moyen pour lui de protester sans certitude de retrouver sa place à son retour. Ma vision de la royauté française serait celle-ci:

- Un Roi sacré à Reims comme tous les Rois de France en laissant la liberté de culte à chacun (une sorte d'édit de Nantes)
- le pouvoir exécutif à sa Majesté, le judiciaire et le législatif à un Ministre, ce dernier pour entrer en vigueur doit avoir l'aval du Roi, tout en portant son choix en écoutant sa conscience, le peuple et de ceux qui ont formé la loi.

- la noblesse restituée sous une autre forme que celle de l'ancien régime, qui n'aurait aucun pouvoir (ou peut être de conseil), aucune terre juste un titre de mérite que l'on donnerai à ceux qui on défendu la France de quelques manières que ce soit, avec certaines valeurs . La noblesse n'est pas un truc poussiéreux si on l'adapte à notre temps. De plus en montrant qu'elle est accessible à tous et qu'elle véhicule un sens de l'honneur, de la défense de la patrie, les français seront sans doute appelé à suivre leur exemples.

- Une démocratie (pas comme on l'entends de nos jours, galvaudé erroné. Le référendum à chaque loi, une assemblée nationale par province où le peuple pourrait venir s'opposer en cas d'opposition du roi, cela éviterai les manifestations )

enfin tout cela serait à travailler pour qu'elle soit réalisable
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#19 Catoneo 21-08-2015 11:22
Hugues NOEL a raison.
La pratique de la constitution de 1958 nous a accoutumés à la direction solitaire de la Défense et de la diplomatie. L'accédant au chausse-pied à ce cadre constitutionnel aurait suffisamment de charge sur le dos pour dire qu'il gouverne tout en laissant les débats économiques et sociétaux à la représentation nationale sur lesquels il ne ferait que régner.
Les effets de la monarchie ne sont pas que le résultat de droits écrits, Hugues Noël les décrit complètement en observant la conduite de Felipe VI d'Espagne. Il y a une sorte de jurisprudence du comportement royal.
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#18 NOEL Hugues 19-08-2015 22:35
Certains de ces messages se demandent: "comment faire avancer l'idéal royaliste?" (ce n'est pas une citation) Une idée peut être à creuser, la voici: ceux qui connaissent dans leurs relations un personnage politique respecté nationalement, plutôt en fin de carrière, peuvent lui suggérer qu'il fasse son "coming out"! Qu'il déclare son idéal royaliste publiquement!Ap rès Emmanuel Macron et d'autres moins connus, la presse commencerait à évoquer sérieusement ce sujet, ne trouvez-vous pas?
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#17 NOEL Hugues 13-08-2015 18:59
Bonjour à Roman Ungern et aux personnes qui ont avancé des arguments tous intéressants. Je serais volontiers d'accord avec Dominique Pellier avec une réserve importante: un Roi qui règne mais ne gouverne pas! Un exemple actuel nous est donné: le Roi Felipe VI d'Espagne. Il règne dans les strictes limites de la constitution démocratique espagnole; il ne dispose ni du pouvoir législatif ni du pouvoir exécutif: ces deux pouvoirs sont exercés par les élus du peuple. Mais dans une nation aux anciennes blessures mal refermées, face aux ambitions centrifuges de quelques élus dangereux pour l'unité -pire: pour l'existence- du pays, pourrait-on sérieusement dire que ce roi ne fait qu'"inaugurer des chrysanthèmes"? Le Roi d'Espagne va dans toutes les régions, écoute les élus, reçoit les présidents autonomes et, bien sûr, le président du gouvernement. Avec son épouse, il participe à la souffrance du peuple là où elle éclate, il encourage les efforts de ceux qui travaillent pour l'avenir, il se joint aux joies des vacanciers...Il est présent comme le Symbole vivant d'unité dans la diversité de ses peuples.Les sondages lui sont de plus en plus favorables, car le peuple,- sauf les doctrinaires, les idéologues révolutionnaire s,-sent bien que le Roi est le pivot d'un avenir réconcilié pour les peuples de "toutes les Espagne" Voilà qui mérite le respect!
En France, nous avons aussi derrière nous une histoire douloureuse; notre identité nationale a été cruellement brisée un certain 21 janvier 1793. et actuellement, "il y a un manque: c'est le Roi" (un personnage beaucoup plus important que moi l'a dit récemment!) Que la légitimité démocratique populaire puisse un jour reconnaître la"légitimité historique" au-dessus d'elle: voilà mon voeu pour mon pays.... Si le Prince est appelé un jour, proche, je l'espère, à exercer une telle lourde magistrature et s'il y réussit: ce sera vraiment un très grand Roi!
Hugues NOEL
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#16 Ivannick 08-08-2015 16:13
Je commençais à désespérer de lire un tel article sur un site légitimiste, où pour une catégorie d'ultras, ces propos sont sacrilèges.
Sacrilèges ou pas, je les partage entièrement. Le monde d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec l'époque de Louis XIV, qui n'avait déjà plus rien de commun avec l'époque de Louis XVI. Une constitution nouvelle s'impose pour le retour du Roi. Mais, ce n'est que mon avis, je pense que le Général De Gaulle avait créé la constitution de la Vè en imaginant qu'un jour la monarchie reprendrait toute sa place au sein du pays qu'Elle a Elle même bâtie et dont la république l'a spolié.
Remettre le Roi a Sa place, au sommet de l’État, au-dessus des partis politique avec l'objectif de réinstaurer la démocratie directe dans les provinces. Et ainsi affaiblir la force nuisible de ces mêmes partis par l'arbitrage royal et populaire.
Pour Dieu!
Pour le Roi !
Pour la France !
Vive le Roi !
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#15 Catoneo 08-08-2015 14:46
En relisant ce billet sept mois après sa première publication, je pense qu'il aurait été plus "puissant" si monarchisme et royalisme n'avaient pas été amalgamés.
Ce sont deux courants dans le même fleuve mais on en distingue toujours les couleurs respectives - le courant du royalisme est boueux selon Ungern - ils ne se mélangent pas vraiment.

S'il faut réduire le commentaire à une seule phrase avant d'aller couper du bois : le monarchisme ne se nourrit d'aucune nostalgie, c'est un concept froid "auto-porteur" ; le fait-il, qu'il devient du royalisme, un autre concept fondé sur la vénération et l'émotionnel dans lesquels il s'étouffe.
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#14 PELLIER Dominique 07-08-2015 08:12
En effet, le retour d'un roi à la tête de la FRANCE ne doit se faire que par la volonté des Français, sans violence, mais avec fermeté. Ce doit être un DESIR NATIONAL. Pour cela, il faut déjà commencer à parler autour de nous de ce retour, voter blanc (comme la couleur royale), fêter notre Roy (25 avril) et réfléchir à d'autres actions PACIFISTES mais éloquentes et les appliquer.
Je ne souhaite pas le retour d'une monarchie absolue, mais j'espère un roi, chef de l'Etat, qui règne, mais aussi qui GOUVERNE son pays, non un fantoche comme dans certaines monarchies européennes actuelles. Nous pouvons nous baser sur la Charte de Fontevrault pour définir l'action du Roy. Il nous faut un protecteur, certes, de nos institutions, comme de nous-m^mes, mais un guide, un dirigeant qui nous rassemble, un roi lieutenant de Dieu, chef après Dieu de la FRANCE ET DES FRANCAIS;
Dieu bénisse la France et son Roy
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#13 Xavier 2M 11-02-2015 22:38
C'est une évidence... mais ça fait plaisir de voir qu'elle finit par atteindre tous les royalistes.
Lisez Royaliste, vous y trouverez les penseurs que vous cherchez, mélangeant les sensibilités de tous bords, mais toujours à la recherche du bien commun et de la place du Roi à la tête de notre nation.
OK, ils ne sont pas légitimistes, mais là-aussi, n'est-il pas temps de dépasser ce débat qui divise inutilement ?
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