« Les c*** ça ose tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît ! »

Chers amis, 

Le vengeur masqué a encore frappé en la personne de l'antenne vendéenne de l'association de la Libre pensée, mouvement laïcard hystériquement athée, qui, ayant saisi le tribunal administratif de Nantes en 2012, vient d'obtenir gain de cause pour l'avent 2014. La crèche de Noël du conseil général de la Vendée est interdite. C'est à nos grands justiciers que je m'adresse aujourd'hui.

Merci messieurs !

Je ne sais comment vous remercier ! Grâce à votre combat si hardi, contre l'infâme cléricalisme rampant dont les manigances d'un autre temps viennent empuantir les antichambres de notre glorieuse république, nous voici débarassés de ce symbole si abject, celui d'un enfant à naître entouré de sa famille et des bergers de son pays. Ce symbole, pauvres de nous ! Nous en avions fait un élément constitutif de notre culture française. Comme nous étions naïfs ! Mais vous nous avez dessillés les yeux, chers amis de la Libre pensée.

Nous le savons, votre croisade ne s'arrête pas là. C'est maintenant la crèche de la mairie de Béziers que vous voulez interdire. Il se trouve, partout dans notre pays, des juges de combat, des juges résistants, prompts à arracher de l'espace public, ces objets de haine que sont les crèches de Noël. Mais d'ailleurs, ce mot, Noël, qui est aussi un nom propre, n'est-il pas le cœur du scandale ? Il est le signe vivant de cette présence de Jésus Christ au terme de l'année calendaire. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, chers amis de la Libre pensée, interdisez aux Noël de porter ce nom et supprimons le 25 décembre comme jour férié. Pendant que vous y êtes, intentez une action en justice contre les Alsaciens et les Lorrains, ces peuples rétrogrades encore soumis au joug du concordat et qui honorent chaque année saint Nicolas, cet épiscope douteux, toujours accompagné de son inséparable père Fouettard. Il y a sans doute, dans ces confins orientaux de notre pauvre France, des athées comme vous, qui souffrent dans leur chair de ces fêtes superstitieuses. Il y a quelques années, de zélés instituteurs du nord de la France avaient consciencieusement gratté les croix sur les pièces en chocolat à l'effigie de saint Nicolas, avant de les distribuer à leurs élèves. Voilà une bonne pratique dont vous pourriez vous inspirer.

Mais que dis-je ? Ma langue s'égare. Depuis tout à l'heure, mon esprit, abîmé par toute une vie de mauvaises habitudes cléricales, parle de saint Nicolas. Evidemment, je voulais vous parler de Nicolas. D'ailleurs, il serait temps de revenir aux bons principes de la révolution en supprimant le mot saint de notre vocabulaire, de nos communes. Dehors Saint-Exupéry, entre ici Exupéry, illustre auteur du Petit prince ! Amis russes, venez passer désormais vos vacances à Tropez, pendant que nos grands-mères continueront de prendre les eaux à Malo et nous irons trainer en fin de semaine aux puces de Ouen. Pour du Nectaire ou du Marcelin, rien ne vaudra mieux, désormais, qu'une bonne bouteille d'Emilion, de Nuit George, ou d'Esthèpe. Enfin, au parc des Princes, j'irai voir maintenant jouer le Paris-Germain peut être contre Etienne? En ces heures de rigueur budgétaire imposée par l'Allemagne, après tout, rebaptiser ainsi notre club de football parisien est plus qu'une marque d'appaisement laïc, c'est un geste d'amitié entre les peuples.

Mes chers amis de la Libre pensée, vous le voyez, c'est un chantier immense qui s'ouvre à vous.

Oublions la liberté ou la fraternité et engouffrons nous dans l'extrémisme égalitaire laïcard. 

Mais d'ailleurs, au passage, n'oubliez pas de voiler de noir tous les tableaux à thèmes religieux dans nos musées. Mieux encore, faites-les rendre aux églises, aux synagogues aux temples, etc. qui sauront très bien les mettre en valeur. Quant à la croix de la légion d'honneur, ou la croix de guerre, n'oublions pas que le choix de ce signe correspond à des réflexes acquis dans nos racines profondément chrétiennes, dont il convient de nous laver. Je propose donc de remplacer la croix par un emblème plus neutre. Pourquoi pas le canard d'honneur ? Il n'y a plus qu'à changer la première voyelle du canard, et cela nous donnera quelques soirées plaisantes...

Enfin, je vous laisse méditer ce morceau de bravoure de vos grands ancêtres, juges durant la Terreur, à Paris, en 1793.

Monsieur le marquis de Saint-Cyr était alors jugé pour conspiration contre l'Etat, du simple fait de son titre et de son nom... Le juge commença ainsi :

- Présentez-vous !

- Monsieur le marquis de Saint-Cyr.

- La révolution a supprimé les titres de noblesse.

- Monsieur de Saint-Cyr.

- La révolution a supprimé les particules nobiliaires.

- Monsieur Saint-Cyr.

- La révolution a supprimé les termes de saint et sainte.

- Monsieur Cyr.

- La révolution a supprimé la royauté et le titre de Sire.

- Si je n'existe pas, comment voulez-vous me condamner ?

A bon entendeur !

Charles

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