La mystification dominicale

L'ultra-libéralisme a au moins une vertu : il arrive à unir l'extrême gauche et la pensée traditionnelle. Jean-Luc Mélenchon, en parlant de l'ouverture illégale de grandes surfaces dimanche dernier, s'est offusqué de voir ces grandes enseignes braver ouvertement la loi.

Bien que cette "union" ne soit qu'un point de recoupement isolé, et que les tenants des positions mélenchoniennes et royalistes sont bien différents, nous avons là un ennemi commun : l'ultra-libéralisme.

Ce dernier a pour fin d'asservir l'homme à Mammon et de couronner l'argent roi de la société humaine. L'argent devient une fin et non un moyen; de serviteur il passe maître. Pour assouvir les passions de cette idole en carton (il suffit d'une crise pour que le château de cartes ne s'écroule), les hommes, après avoir nié Dieu en toutes choses, nient l'homme en rognant sur les signes extérieurs de sa dignité. Aujourd'hui, c'est la famille qui est visée, c'est le jour du Seigneur que l'on viole.

Sans même évoquer ladite violation d'un commandement de l'Eglise, nous sommes face à un enfumage de grande envergure. Tout y est : médias poussant à la désobéissance en interrogeant les clients heureux de faire leur course le dimanche, salariés satisfaits de pouvoir augmenter le pouvoir d'achat, et de lutter contre la récession et le chômage en généralisant le travail dominical. Toujours sur la base d'un "volontariat". Mais le jour où cette pratique sera banalisée, quid du volontariat ? Ce refrain nous est coutumier...

Si seulement les petits commerces indépendants, ravagés par la concurrence déloyale des grandes enseignes avaient, seuls, le droit d'ouvrir le dimanche afin de combler leur retard (comme l'a suggéré Marine Le Pen lundi matin sur France Bleu), peut-être que l'esprit du repos dominical serait conservé. Mais ce sont les grands magasins qui réclament l'ouverture le dimanche, afin d'augmenter leurs profits.

Ce lundi a eu lieu une réunion de travail à Matignon pour réfléchir à la question après l'intimidation de ce dimanche. La loi Mallié, passée sous Nicolas Sarkozy impose un statut quo qui n'est "pas tenable à l'évidence".

Alors la république, comme d'habitude, fait passer la pilule en douceur. Alors les socialistes, comme d'habitude, contournent leurs responsabilités en supprimant le délinquant par la légalisation du délit.

La veine de la haine de la famille et de l'individualisme pousse à une société "à la carte", où chacun pourra choisir ses jours de repos. La république solférinienne n'a plus l'Être suprême de Robespierre et n'a même plus la force de proposer une alternative aux religions et coutumes de chacun. Ainsi nous courrons vers une vaste jungle où la loi éponyme régnera.

Julien Ferréol


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