Entretien exclusif avec Marie-Neige Sardin

Marie-Neige Sardin a fait l’objet d’un article le mardi 18 juin*, où l’on découvrait la personnalité exceptionnelle de cette femme qui a supporté l’insupportable : des années blessées par des dizaines d’agressions au cœur d’une banlieue française. La zone de non-droit a vu ses soldats violer, asperger d’acide, traîner au lasso en pleine rue, braquer, tabasser, menacer, harceler cette libraire qui tient bon. Au nom de ses valeurs.

Vexilla Galliae, sensible à son histoire, vous offre le point de vue de cette résistante. Les réponses à ces questions ont été formulées dans la librairie, entre deux clients. Reportage de guerre par Julien Ferréol, pour la dignité d’une femme en grève de la faim depuis plusieurs jours.

Vexilla Galliae : Marie-Neige Sardin, bonjour. Merci d’accepter cet entretien. Nos lecteurs ont pris connaissance de votre histoire et votre témoignage marque les esprits. La question qui brûle toutes les lèvres est simple : qu’est-ce qui vous fait tenir ?

Marie-Neige Sardin : L'ultime raison qui me fait rester, est le devoir que je me suis imposé de diffuser la culture et le savoir. Pour moi la liberté se gagne par la connaissance qu'une égalité qui se limiterait au droit serait incomplète et que pour se sentir frères d'un même pays, il faut avoir quelque chose de commun à partager. La lecture n'a t-elle jamais transformé une vie, bouleversé un destin.

Vexilla Galliae : Comment expliquez-vous toutes ces violences, dont certaines sont littéralement atroces ?

Marie-Neige Sardin : Je ne les explique pas, c'est plus facile à surmonter. Elles font partie de ma vie de libraire et donc de mon univers professionnel. Je symbolise dans ma ville, mais également dans le département, la seule barrière jamais posée ; j'incarne le "non" que personne n'osera jamais imposer. Certaines communautés et certains jeunes désirent tout simplement devenir les maîtres du quartier. Je suis la dernière petite emmerdeuse qui peut encore titiller leur conscience, qui leur fait comprendre qu'ils ne peuvent pas tout. Je suis cette borne qui, une fois dépassée, fera d'eux des êtres sans limites.

Vexilla Galliae : Vous sentez-vous investie d’une mission ?

Marie-Neige Sardin : Sourire Pas vraiment, je fais juste mon devoir, soit le rôle d’une libraire de proximité : contribuer à cultiver les gens tout en préservant nos valeurs et notre culture française. Je poursuis le chemin tracé par mon père et mes grands-pères, servir au mieux la nation qui a fait de moi sa fille, en toute simplicité et avec beaucoup d'amour : celui des gens, de mon métier et de ma Patrie.

Vexilla Galliae : Vous avez exprimé votre désir d’être une « soupape » pour les victimes, en particuliers les femmes, celles et ceux qui vivent l’enfer chaque jour en France. Que souhaiteriez-vous dire à ces personnes auxquelles il vous tient à cœur de vous sentir proche ?

Marie-Neige Sardin : C'est effectivement dans un premier temps , pour elles, pour eux, que j'ai écrit "celle qui dit non", afin de leur faire comprendre que le silence imposé par notre société, face aux drames vécus, est tout simplement la dernière balle qui les achève. Cette chape de plomb permet aux agresseurs d'aller toujours plus loin, plus fort en toute quiétude. La justice pour une victime n'est rien d'autre que de l'injustice en intraveineuse au quotidien. En parlant, elles donneront un autre sens à leur vie, elles ne subiront plus au moins et elles deviendront actrices de leur destin, ce qui n'est pas rien lorsque celui-ci a été laminé.

Vexilla Galliae : Outre la noble et urgente cause des victimes, êtes-vous animée de convictions politiques particulières ? Pour vous, de quelle manière la cause et le salut de la France seront accomplis ?

Marie-Neige Sardin : Pour mes convictions politiques, je suis gaulliste tant dans mon quotidien que dans mes pensées et mon cœur ; une seule chose m'importe toujours : par mes actes, mes choix, ai-je bien servi mon pays ? Je reconnais avoir un sens de l'abnégation assez poussé, mais justement tant d'autres l'ont eu pour moi, bien avant moi.

Chacun à sa manière, avec ses moyens, dans son quotidien doit penser " France, j'écris ton nom" dans l’intérêt général de tous.

Un peuple uni dans le partage des mêmes valeurs, ouvert aux autres certes, mais refusant qu'aucunes ne viennent s'y imposer.

Vexilla Galliae : Marie-Neige Sardin, au nom de nos lecteurs et de ceux pour qui la cause de la France n’est pas étrangère, je vous remercie. Soyez assurée de notre soutien et de nos prières.

Propos recueillis par Julien Ferréol 

*http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/societe/363-l-heroine-du-bourget

 

 

 

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