Parutions du livre-conversation du Pape François : "Le nom de Dieu est Miséricorde"

Un premier exemplaire de l’édition italienne du livre-conversation du pape François avec Andrea Tornielli « Le nom de Dieu est Miséricorde » (chez Piemme, en italien) a été remis au pape François lundi 11 janvier, à la Maison Sainte-Marthe, par la présidente du groupe éditorial Mondadori, Mme Marina Berlusconi. Plusieurs exemplaires des principales éditions du livre lancé simultanément mardi 12 janvier dans 86 pays du monde ouvrent la porte à cet appel à la miséricorde, dont nous avons tant besoin.

 « Pour la première fois dans un livre-interview signé de sa main, le pape François s’adresse à tous les hommes et toutes les femmes de la planète dans un dialogue simple, intime et direct. Le pape aborde le thème de la miséricorde, si central dans son enseignement et dans son expérience personnelle en tant qu’homme, prêtre et pasteur. Ce livre est la synthèse de son magistère et de son pontificat. Le pape a voulu rédiger personnellement le titre des couvertures des éditions dans les langues suivantes : italien, anglais, français, allemand, espagnol et portugais. » Nous reproduisons ci-après son discours :

« Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, nous commençons les catéchèses sur la miséricorde dans une perspective biblique, afin d’apprendre la miséricorde en écoutant ce que Dieu lui-même nous enseigne par sa parole. Nous partons de l’Ancien Testament, qui nous prépare et nous conduit à la pleine révélation de Jésus-Christ, en qui se révèle de manière accomplie la miséricorde du Père.

Dans l’Écriture Sainte, le Seigneur est présenté comme « Dieu miséricordieux ». C’est son nom, à travers lequel il nous révèle, pour ainsi dire, son visage et son cœur. Comme le raconte le livre de l’Exode, en se révélant à Moïse, Dieu se définit lui-même ainsi : « Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, qui garde sa fidélité » (34,6-7). Dans d’autres textes aussi, nous retrouvons cette formule, avec quelques variantes, mais l’insistance est toujours mise sur la miséricorde et sur l’amour de Dieu qui ne se lasse jamais de pardonner (cf. Jn 4,2 ; Jo 2,13 ; Ps 86,15 ; 103,8 ; 145,8 ; Ne 9,17). Voyons ensemble, une par une, ces paroles de la Sainte Écriture qui nous parlent de Dieu.

Le Seigneur est « miséricordieux » : ce mot évoque une attitude de tendresse comme celle d’une mère à l’égard de son fils. En effet, le terme hébreu employé par la Bible fait penser aux entrailles ou encore au sein maternel. C’est pourquoi, l’image qu’il suggère est celle d’un Dieu qui se laisse émouvoir et attendrir par nous, comme une mère quand elle prend son petit enfant dans ses bras, désireuse de seulement aimer, protéger, aider, prête à tout donner, et à se donner. C’est l’image que suggère ce terme. Un amour, donc, qui peut se définir comme « viscéral », dans le bon sens du terme.

Il est ensuite écrit que le Seigneur est « tendre », dans le sens où il fait grâce, il a compassion et, dans sa grandeur, il se penche sur celui qui est faible et pauvre, toujours prêt à accueillir, à comprendre, à pardonner. Il est comme le père de la parabole rapportée dans l’Évangile de Luc (cf. Lc 15,11-32) : un père qui ne s’enferme pas dans le ressentiment parce que son plus jeune fils l’a abandonné, mais qui, au contraire, continue de l’attendre – il l’a engendré – et puis qui court à sa rencontre et l’embrasse, ne lui laisse même pas terminer sa confession – comme s’il lui couvrait la bouche – tant son amour et sa joie de l’avoir retrouvé sont grands ; et ensuite, il va même appeler son fils aîné qui s’indigne et ne veut pas participer à la fête, ce fils qui est toujours resté à la maison, mais en vivant davantage comme un serviteur que comme un fils ; et sur lui aussi, le père se penche, l’invite à entrer, cherche à ouvrir son cœur à l’amour pour que personne ne soit exclu de la fête de la miséricorde. La miséricorde est une fête !

De ce Dieu miséricordieux, il est aussi dit qu’il est « lent à la colère », littéralement « long de respiration », c’est-à-dire avec la respiration ample de la longanimité et de la capacité à supporter. Dieu sait attendre, son temps n’est pas le temps impatient des hommes ; Il est comme l’agriculteur sage qui sait attendre, qui laisse au bon grain le temps de pousser malgré l’ivraie (cf. Mt 13,24-30).

Et enfin, le Seigneur se proclame « plein d’amour et de vérité, qui garde sa fidélité ». Comme elle est belle, cette définition de Dieu ! Il y a tout. Parce que Dieu est grand et puissant, mais cette grandeur et cette puissance se déploient dans son amour pour nous, nous qui sommes si petits, si incapables. Le terme d’ « amour », employé ici, indique l’affection, la grâce, la bonté. Ce n’est pas l’amour des feuilletons télévisés… C’est l’amour qui fait le premier pas, qui ne dépend pas des mérites humains mais d’une immense gratuité. C’est la sollicitude divine que rien ne peut arrêter, pas même le péché, parce qu’elle sait aller au-delà du péché, vaincre le mal et le pardonner.

Une « fidélité » sans limites : voilà le dernier mot de la révélation de Dieu à Moïse. La fidélité de Dieu ne diminue jamais, parce que le Seigneur est le gardien qui, comme le dit le psaume, ne s’endort pas mais veille continuellement sur nous pour nous conduire à la vie :

« Qu'il empêche ton pied de glisser, qu'il ne dorme pas, ton gardien. Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d'Israël. (...) Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie. Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, maintenant, à jamais » (121,3-4 ; 7-8).

Et ce Dieu miséricordieux est fidèle dans sa miséricorde et saint Paul dit quelque chose de beau : si tu ne lui es pas fidèle, lui demeurera fidèle parce qu’il ne peut pas se renier. La fidélité dans la miséricorde est précisément l’être de Dieu. Et c’est pourquoi Dieu est totalement et toujours fiable. Une présence solide et stable. C’est cela, la certitude de notre foi. Et alors, en ce Jubilé de la miséricorde, faisons-lui totalement confiance et expérimentons la joie d’être aimés par ce « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, qui garde sa fidélité ».

C’est en s’imprégnant de ce texte que nous réussirons peut-être à être miséricordieux nous-mêmes avec nos ennemis et tous ceux qui piétinent la France et ses valeurs, qu’ils soient en haut de l’échelle sociale et politique ou en bas…

Solange Strimon

Commentaires  

#2 Charles Meret Zolver 18-01-2016 11:12
Rendons grâce au Tout-Puissant. Notre pauvre langage "terrestre" et nos intelligence limitées ( le fini ne pouvant totalement COM-PRENDRE l'infini) sont bien impuissants à totalement saisir toute la profondeur de cet insondable mystère, le regretté André Chouraqui disait d'ailleurs que la seule certitude est que" Dieu EST": il est toujours délicat de donner des "attributs" a Dieu.
Merci au Saint Père pour cette catéchèse totalement" en phase" avec notre époque; à ce propos, il est plus que touchant de constater avec quel "délicatesse" la Divine Providence, par le truchement d'âmes privilégiées,se révèle à ses brebis d'une manière toujours plus intime, plus nous tombons bas, plus "Papa Bon Dieu"( comme aimait à l'appeler la mystique Marie-Julie Jahény) se fait tendre et paternel pour nous relever; la pire forme d'orgueil, donc le plus grave des péchés, étant de douter, de ne pas accepter, la miséricorde de Dieu. Si seulement Judas s'était jeté au pied de la croix pour implorer le Pardon de Notre Seigneur, seulement voilà, le Messie correspondant à ses "attentes", était un Messie tout "terrestre"; puissions-nous ne pas tomber dans les mêmes travers, avec nos conceptions "à géométries variables"de la monarchie, dans notre attente du Roy Très Chrétien...
Merci du fond du coeur à Solange, pour la pertinence de son propos, la hauteur de ses idées, au contact desquelles nous pouvons à notre tour nous extirper du marigot nauséabond de nos très cathophobes médias,véritabl es égrégores de nos société déïcides.
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#1 PELLIER Dominique 18-01-2016 08:27
Qui pourrait douter de cette qualité divine de la part de notre Dieu ?
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