24 février 1670 : Louis XIV fonde l’Hôtel des Invalides

Ce 20 septembre 2015, seront présents en la cathédrale Saint-Louis des Invalides le Roi Louis XX et la Reine Marie-Marguerite pour la célébration annuelle de la fondation de l’Hôtel des Invalides par leur aïeul Louis XIV en 1670.

Je profite de cette présence royale pour vous relater quelles furent les péripéties de la construction de cet Hôtel.

Après le Traité des Pyrénées en 1659, qui met fin à la guerre franco-espagnole issue de la guerre de Trente ans qui opposa la France alliée aux puissances protestantes aux puissances catholiques d’Europe, Louis XIV se retrouve à Paris avec une quantité d’invalides de guerre qui, sans ressources, déambulent dans les rues, trainent sur les ponts, provoquent ou participent à des rixes, et sont mendiants, voleurs ou se font valets… Ce qui indispose de plus en plus la population.

D’autre part, Louis XIV se positionnant de plus en plus - après la véritable balade militaire de la Guerre de Dévolution (1667-1668) où il a conquis à très peu de frais les Flandres françaises - vers un règne de conquêtes, a besoin de s’accommoder son armée en lui montrant qu’il prendra soin de ses soldats blessés.

L’édit de 1670 pose donc le premier acte de l’édification des Invalides en disposant : « Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie passent le reste de leurs jours dans la tranquillité ». Huit projets lui sont soumis, il retient celui de Libéral Bruant qui lui a proposé un plan s’inspirant de celui de l’Escorial de Philippe II : cinq cours centrées sur une plus grande, la Cour Royale, entourée de quatre corps de logis. Les travaux ne durent que trois ans (1671-1674), ce qui est un délai très court que l’on doit à l’intérêt constant qu’y consacra le Secrétaire d’Etat à la Guerre, François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois. Et Louis XIV vient inaugurer « ses » Invalides au milieu des premiers pensionnaires en octobre 1674.

Néanmoins, à cette date, l’église royale n’est pas encore construite et là, interviennent des raisons de rivalités comme Louis XIV savait, par son seul rayonnement, en entretenir la perpétuelle effervescence. La construction de l’église, initialement confiée à Libéral Bruant, prend du retard et Louvois se saisit de l’occasion pour l’écarter de cette partie des travaux qu’il confie désormais, avec la construction des pavillons d’entrée et des infirmeries, à Jules Hardouin-Mansart, en 1676. Le crime de Libéral Bruant aux yeux de Louvois n’est pas le retard pris dans la construction, mais d’être un protégé de son rival Jean-Baptiste Colbert…

Dès lors, Colbert n’aura de cesse d’opposer des restrictions budgétaires de toutes sortes pour en ralentir la réalisation. C’est sa mort, en 1683, qui débloquera la situation, Louvois le remplaçant et portant le budget de 100.000 à 400.000 livres pour la construction du dôme.

Cependant, les retards de livraisons de matériaux persistent, et Louvois, qui se passionne pour ce chantier, harcèle les entrepreneurs en retard et s’exaspère des reports incompréhensibles des fournisseurs de matériaux. Il rêve de voir l’achèvement du dôme des Invalides sous lequel il désire reposer à sa mort. Mais c’était compter sans la haute main de l’une de ses vieilles adversaires : Madame de Maintenon, qui, obscurément, en retarde la construction. Ainsi meurt-il en 1691 sans que le dôme ne soit achevé, mais il a la satisfaction, si j’ose dire, post-mortem, d’être inhumé dans l’église de ses chers Invalides. Seulement, rien n’est sûr quand l’adversité vous survit : en 1699, une main, est-ce la même ?, décide l’exhumation de son corps et son transfert en l’église du Couvent des Capucines qu’il avait fait construire au débouché de la place Vendôme.

Cependant, allez dans la Cour Royale des Invalides, vous verrez que Louvois, pressentant peut-être la fragilité des plus hautes positions passé le seuil de la mort, avait fait sculpter au fronton de l’une des lucarnes qui regardent la cour, un rébus de pierre qui expose une tête de loup sortant d’un rideau de hautes herbes. Position haute d’où « le loup voit ».

            Ou comment l’esprit surpasse l’adversité…

Cette cabale, qui aura duré trente ans !, s’achèvera quand même, sans doute faute de combattants, le 28 août 1706, date à laquelle, le dôme des Invalides enfin achevé, Jules Hardouin-Mansart livrera le magnifique édifice à son Roi, Louis XIV.

L’Histoire, par la suite, n’épargnera pas cet énorme édifice, somptueux palais destiné au repos des estropiés, manchots et autres corps remodelés par la guerre aux doigts d’acier, de neige ou de gaz…

Finalement, il me semble que ce merveilleux palais suffit à peine à contenir les proportions immesurables de la gratitude que la Patrie doit aux soldats de nos armées qui payèrent et paient encore aujourd’hui, au prix de leurs membres, au prix de leur santé, la sauvegarde de la gloire de la France !

Honneur à Louis XIV, vive Louis XX, vive l’armée française !

Franz de Burgos

  

Commentaires  

#3 PELLIER Dominique 21-09-2015 08:31
Eh non, Seule sa Majesté le Roy était là, notre grâcieuse Reine était absente. Mais j'ai vu de mes yeux, la gentillesse, la disponibilité du Roy pour Ses sujets.
Pour Dieu, pour la FRANCE et pour Son Roy
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#2 descamps 19-09-2015 10:26
Puisse notre Roy, une fois sur le trône faire d'aussi belle oeuvres pour les FRANCAIS qui auront souffert pour la FRANCE. Dieu bénisse le Roy et Sa famille et surtout la FRANCe nous l imploront de revenir sur son trone de france
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#1 PELLIER Dominique 18-09-2015 08:07
Puisse notre Roy, une fois sur le trône faire d'aussi belle oeuvres pour les FRANCAIS qui auront souffert pour la FRANCE. Dieu bénisse le Roy et Sa famille et surtout la FRANCE!!!!!!!!! !!
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