Avant première : Un nouveau Vitrail inauguré à Nantes le 15 Novembre prochain

Le premier vitrail inauguré en novembre 2014 à la Basilique Saint-Donatien (voir article du 5 novembre article du 5 novembre 2014 sur Vexilla Galliae), rappelle le martyr de l'Abbé Yves Coat. Il a été réalisé à la suite d'une souscription lancée par l'association " Mémoire de Lumière " créée par François Hélie de la Harie.

Pour soutenir ce projet fasciné par la Foi et l'audace de ces vendéens en 1793. C'est tout naturellement qu'un deuxième vitrail commémorant le génocide vendéen verra le jour.

Rencontre exclusive avec François Hélie de la Harie nous parlant de son " devoir de mémoire ".

Eric Muth.  Comment a été réalisé ce deuxième vitrail ?

François Hélie de la Harie. C'est grâce à la générosité des donateurs que ce deuxième vitrail aura pu être réalisé : les sommes récoltées ont atteint le montant nécessaire pour la fabrication de deux vitraux. Il nous est alors apparu logique de commémorer à côté de l'Abbé Yves Coat, ses compagnons d'infortune, noyés comme lui dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793.

Ces 83 prêtres ont été noyés non pour ce qu'ils avaient fait mais pour ce qu'ils étaient, en haine de Foi. Ces noyades n'ont été précédées d'aucun procès.

E.M.  Pourquoi le vitrail comme forme d'expression ?

F.H.H.  L'Abbé Yves Coat a été près de 30 ans curé de la paroisse Saint-Donatien, y laissant le souvenir d'un " bon prêtre " généreux et soucieux de ses paroissiens (1), il est naturel que la Basilique Saint-Donatien soit le lieu privilégié pour commémorer sa mémoire. Mais le sacrifice des 82 autres prêtres provoque autant de respect. " Le linceul des morts est la mémoire des vivants " ; ces martyrs de la Foi méritent d'être présents dans notre pensée. Le vitrail permet de combiner l'art et la mémoire pour rendre leur souvenir plus vivant.

E.M.  En Vendée la religion catholique a-t-elle encore un sens ?

F.H.H.  Il m'est difficile de répondre à cette question; toutefois je me rends compte que chaque fois que je fais une conférence en Vendée Militaire sur la " Guerre de Vendée à travers les vitraux " (2), les auditeurs sont nombreux et très sensibles à leur histoire marquée par le courage et la Foi de leurs aïeux.

E.M.  Pourquoi avoir attendu si longtemps pour le réaliser ?

F.H.H.  C'est à l'occasion d'une conférence sur les vitraux qui évoquent la guerre de Vendée qu'est né ce projet; chaque fois que je suis amené à faire une conférence dans un secteur, je privilégie les exemples proches du lieu. C'est en évoquant le souvenir de l'Abbé Yves Coat avec Mgr Michel Bonnet, curé de Saint-Donatien, qu'est né ce projet.

E.M.  Pourquoi la République ne veut-elle pas reconnaître ce génocide vendéen ?

F.H.H.  La notion de " génocide " créée par Lemkin, adoptée par le tribunal de la Haye en 1945 est reprise par le code pénal français. Dans les deux cas, ce qualificatif désigne schématiquement le crime d'exterminer un groupe humain pour ce qu'il est. Le grand historien Reynald Sécher a été le premier à démontrer que la nature de la répression effectuée durant la Révolution en Vendée Militaire constitue un génocide.

Que le génocide vendéen soit reconnu officiellement ou pas, ne modifie pas les faits ! Mais sa reconnaissance remettrait tellement en cause l'Histoire " officielle " véhiculée par les universitaires encore très " Robespierristes ", que le voile demeure sur cette partie de notre histoire. Je pense que la République se grandirait en le faisant.

E.M.  Avez-vous participé à la création de ce second vitrail ?

F.H.H.  Cela a été une grande joie de participer à la création de ces deux vitraux, c'est un véritable travail d'équipe, notamment avec Mgr Michel Bonnet dont le concours actif a été précieux et Van Guy maître verrier (avec son successeur, Jérôme Robert), cependant il faut rendre à césar ce qui est à césar, le rôle du maître verrier est considérable pour rendre en image, et avec quel talent, ce que les concepteurs veulent dire.

E.M.  Ce vitrail véhicule-t-il un message particulier ?

F.H.H.  Le message est essentiellement : témoigner de la Foi et du courage de ces prêtres qui ont choisi de rester fidèles à leur sacerdoce face à la haine de la Foi.

Il sera inauguré le dimanche 15 Novembre 2015 à 14H30, la cérémonie de bénédiction par Mgr Michel Bonnet sera précédée par une conférence que je ferai sur ces héros de la Foi et sur le vitrail en leur honneur.

Propos recueillis par Eric Muth

(1)  cf " Abbé Yves Coat ", un livret très documenté sur la vie et le contexte historique (10 eur.)

(2)  " Les vitraux vendéens " est le recueil complet des vitraux qui évoquent la Guerre de Vendée, rempli d'anecdotes (12 eur.)

Ces livrets sont disponibles auprès de l'auteur François Hélie de la Harie. 2, avenue Maréchal Ney. 44000 Nantes

Tél : 0252100641

Commentaires  

#1 PELLIER Dominique 11-05-2015 08:11
Comme elle reconnait une certaine participation aux rafles qui précipitèrent des frères juifs aux camps de la mort, qu'elle reconnait le génocide arménien, la république française ferait bien, comme disent MM Hélie de la Harie et Muth, de reconnaitre aussi ses victimes françaises, comme celles de ces pauvres religieux. En effet, elle n'en serait que plus grande. Fini le temps des machos qui refusent de s'excuser. La vraie noblesse de coeur est de reconnaître ses fautes, non de les ignorer. A bon entendeur....
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