Quoi de neuf sur la planète finance ?

Cinq graphiques commentés très simples pour faire le point en un coup d’œil en cette fin d’année...

Marché des actions :

Autrement dit, la bourse et plus particulièrement l’indice phare de la place parisienne : le CAC 40.

Il a commencé l’année à 3733.93 (clôture du 2 janvier) et finit en chatouillant les 4300, soit une amplitude de variation sur l’année de 15%.

Tout va bien, alors ? 

 Si on prend un peu de recul et que l’on regarde le graphique de l’évolution du CAC 40 depuis le 1er janvier 1999, soit la date d’intronisation financière de l’Euro, on remarque curieusement que l’on est revenu exactement sur les niveaux de 1999 : tout ça pour ça !

Et puisque jamais deux sans trois, à quand la prochaine bulle ?

Marché des taux d’intérêt :

Jamais dans l’histoire de France les taux d’intérêt n’ont été aussi bas :

  • le 13 novembre dernier, la BCE (Banque Centrale Européenne) a abaissé son taux de refinancement à 0.25%.

  • l’EONIA (taux interbancaire pour 1 jour) a passé une bonne partie de l’année à « zéro virgule zéro quelque chose »

  • le taux à un an (Euribor) est autour de 0.50%.

  • le taux du Livret A est à 1.25% et devrait logiquement baisser en février 2014.

Plus étonnant encore, les emprunts d’Etat caracolent aux taux époustouflants de 0.65% (BTAN 5 ans), 2.25% (OAT 10 ans) et 3.35% (OAT 30 ans).

Tout va bien alors ?

Le fait que les taux soient si bas, et notamment les taux courts termes, montre que nous sommes dans une impasse : impossible de baisser encore les taux (en dessous de zéro ?!) pour relancer l’économie, impossible de les laisser monter sans que l’Etat ne voit le poste de la dette exploser et le déficit se creuser encore un peu plus, avec l’enchaînement de catastrophes que cela entraînerait…

Et puis les banquiers ont toujours autant de mal à prêter aux PME qui sont précisément celles qui emploient le plus en France, la faute à des fonds propres encore fragiles au regard de la nouvelle réglementation malgré les aides de l’Etat… L’inversion de la courbe du chômage, ce n’est pas pour demain !

Marché des changes :

L’Euro est une devise forte qui se porte bien contre le Dollar (mais aussi contre le Yen et la Livre Sterling) : pendant la majeure partie de cette année, il aura fallu pas moins de 1.35 Dollar pour avoir un Euro.

Tout va bien alors ?

Un Euro fort n’est pas le meilleur moyen de vendre à l’exportation ! N’en déplaise à nos amis allemands, un niveau de 1.15 serait plus équitable. C’est en fait plus notre « partenaire » américain avec sa politique accommodante (mais qui arrive à ses limites) qui organise la faiblesse du Dollar…

Regardons à présent la devise refuge par excellence, le Franc suisse :

  • Elle est maintenue artificiellement par la banque centrale helvétique aux alentours de 1.20 (1.20 franc suisse pour avoir 1 Euro) car sinon leur devise serait tellement demandée donc chère que leur compétitivité à l’exportation serait anéantie…

  • Il faut aujourd’hui moins de 1 Franc suisse (aux alentours de 0.90) pour avoir un Dollar ! Du jamais vu : il en fallait le double fin 2000 !

Preuve que la confiance n’est pas encore totalement revenue…

Marché des matières premières :

Sur le front de l’or, ça se calme nettement. Les bourses se portant bien, les financiers se sont retirés tout au long de l’année en prenant quelques substantiels bénéfices…

Ainsi, le lingot de 1kg devrait terminer l’année en dessous de 30 000€ après avoir commencé l’année à 40 000, soit 25% de baisse, signe que la confiance revient…

Tout va bien, alors ?

Prenons un peu de recul et comparons en base mille au 1er janvier 1999 (toujours la fameuse date d’intronisation financière de l’Euro), les variations comparées du CAC 40 et du lingot d’or :

 

Si le 1er janvier 1999, vous avez investi 1 000€ :

  • en actions : vous avez aujourd’hui… 1000€ !

  • en or : vous avez encore aujourd’hui près de 4 fois plus malgré la forte baisse !

Un point de vigilance géopolitique : des pays comme la Chine, l’Inde, la Russie sont toujours en train d’accroître leurs réserves d’or…

Terminons enfin par un sujet de préoccupation de notre quotidien : le prix de l’essence à la pompe.

Le cours du baril de pétrole fluctue en fait depuis 2011 entre 100 et 120 $, soit à un peu plus de 80€ « seulement » du fait de la faiblesse du Dollar.

Tout va bien, alors ?

Du premier coup d’œil sur le graphique, on voit bien que l’on est toujours et encore sur des plus hauts historiques. 

L’énergie est une composante majeure du calcul de l’inflation. Grâce à l’exploitation des gaz de schiste, les USA devraient prochainement dépasser la Russie et devenir deuxième producteur mondial derrière l'Arabie Saoudite, augmentant de façon sensible l’offre mondiale et pesant ainsi à la baisse des cours.

Seul un affaiblissement de l’Euro contre le Dollar pourrait « enfin » faire décoller l’inflation des niveaux extrêmement bas que nous avons aujourd’hui : 0.6% sur un an en octobre…

Alors quoi de neuf sur la planète finance ? 

Vous l’aurez deviné, le temps n’est pas encore au triomphalisme : les fondations d’une sortie de crise sont toujours très fragiles !

Arnaud de Lamberticourt

Commentaires  

#2 a de lamberticourt 24-12-2013 10:48
Bonjour Jacques
Le taux directeur est celui auquel les banque peuvent se refinancer auprès de la banque centrale. Si ce taux est à zéro, vous comprendrez aisément qu'il est difficile de le baisser plus !
J'ajouterai qu'aujourd'hui l'économie mondialiste est particulièremen t complexe et les enchainement de cause à effet, genre "je baisse les taux pour relancer l'économie" ne fonctionne plus guère
...
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#1 Jacques Jouan 23-12-2013 10:30
j'avoue avoir un petit peu de mal à comprendre. Qu'est-ce qu'un taux directeur? Pourquoi la BCE ne le baisse pas si ça peut aider de nombreux pays à sortir de crise?

Amicalement
Jacques
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