Que j’aimerais avoir un emploi précaire !

 

Que j’aimerais avoir un emploi précaire !

Imaginez, pouvoir enfin être libéré de l’inquiétude des lendemains. Pouvoir enfin ne plus compter sur les besognes journalières dont ne sait jamais combien de temps elles dureront.

Pouvoir profiter toute sa vie durant de la stabilité et de la garantie du souverain sur son emploi précaire. L’emploi précaire fait rêver !

Certes, il ne serait peut-être pas transmissible à ses enfants. Certes, pour penser à long terme, sur plusieurs générations, il n’est pas idéal. Mais qui sait, l’emploi précaire pourrait être reconfirmé pour son fils, et le petit-fils pourrait peut-être l’acquérir complétement.

 

 

Qui suis-je ? Et bien, un simple journalier du moyen-âge.

 

***

Le précaire au Moyen-âge est en fait une terre concédée par un supérieur à un inférieur pour la durée de sa vie, ainsi que la jouissance des fruits liés au bien. Par extension, si nous avions une sensibilité moyen-âgeuse, un emploi précaire serait donc encore mieux que nos contrats à durée indéterminés. Néanmoins, cela paraîtrait tout de même « précaire » au même moyen-âgeux, car non transmissible aux enfants, et donc non durables au-delà d’une génération... C’est-à-dire que la « précarité » au Moyen-âge consiste à ne pas pouvoir construire à très long-terme.

 

Que l’on aimerait revenir à ce beau Moyen-âge où ce qui semble précaire dure déjà à l’horizon d’une vie, et ce qui est stable implique la continuité des générations. Quand on imagine que le monde contemporain ne parvient plus à voir plus loin que son nez et a même du mal à concevoir ne serait-ce que les quelques années qui suivent... Ne parlons pas de la perspective de l’éternité, tout bonnement évanouie.

 

Le Moyen-âge barbare ? Si la barbarie suppose que la précarité est ce qui est stable à l’horizon d’une vie humaine, quelle douce barbarie.

La modernité, un progrès ? Si l’impossibilité de penser sur plusieurs générations, de ne rien construire de véritablement durable, et d’en être réduit à courir derrière un lendemain désespérant de temporalité sans aucune vision ni du long-terme ni de l’éternité est le progrès, et bien quel progrès barbare.

 

Peut-être faudrait-il réviser nos jugements de valeur et restaurer une société saine qui obéit aux lois naturelles sous la bienveillante direction du Roi garant de la paix, de la justice et de la stabilité, pour accomplir la prospérité naturelle et surnaturelle.

 

Antoine Michel

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