Pour François Hollande : seulement un remaniement par défaut ?

Le chef de l’État avait imaginé qu’en allant célébrer un peu partout les commémorations des 70 ans de la libération, il allait échapper aux réalités d’un pays qu’il est supposé gouverner, alors qu’il en est totalement incapable, ne sachant rien faire d’autre que nous divertir aux larmes avec ses amours supposées (elles aussi) cachées. Pauvre homme, qui découvre combien il lui a été facile d’être dans l’opposition, mais que diriger un état, c’est autre chose.

Gagner du temps, attendre que la croissance fasse son apparition, croire en la capacité de son Premier ministre pour museler les membres turbulents de son gouvernement, imaginer un miracle venant de l’Allemagne, des États-Unis, de l’Europe, voilà ce en quoi il croyait, comptant toujours sur sa bonne étoile et la chance qui l’avait mené là où il est, non « pour lui », mais « contre l’ex-président ».

Alors qu’il était sur l’île de Sein et que des trombes d’eau s’abattaient sur lui ce lundi (mais n’est-il habitué à la pluie qui l’accompagne dans presque tous ses déplacements ?), avec la froideur qui est la sienne, il a pris connaissance de la crise politique, gouvernementale, peut-être de régime, et a réagi comme « si de rien n’était ». Impassible, toujours égal à lui-même, il est rentré pour voir avec Manuel Valls ce qu’il convenait de faire dans cette situation politique si grave que trois ministres s’en vont et que certains n’ont pas hésité à proclamer haut et fort toutes ses erreurs (Mélenchon a fait très fort !) quant à Cécile Duflot, son livre est tout simplement savoureux.

Qu’importe les chutes de popularité pour les deux hommes, qui poursuivent leur cap et n’en changeront pas, François Hollande est élu pour 5 ans et Manuel Valls encaisse les coups. Jean-Marc Ayrault n’aurait pas tenu un mois dans cette cacophonie des ministres de gauche qui expriment violemment leurs divergences et elles ne sont pas des moindres. Une quarantaine de frondeurs, des radicaux de gauche très mécontents, plusieurs gauches au sein du gouvernement, normal dans une démocratie, mais arriver là où nous sommes, et admettre que plus de 80 % de la population rejettent François Hollande et que tout va continuer comme avant, cet homme croit-il du haut de son Olympe qu’il va continuer à rester le président de tous les Français (un de ses engagements) et qu’il a oublié ce qu’il écrivait en 2006 à propos de sa démission en cas d’échec.

Arnaud Montebourg, l’enfant terrible du gouvernement, le chevalier blanc, a dit toute la vérité, enfin la sienne, et il ne s’attendait peut-être pas à être débarqué aussi vite. Il a croisé le fer avec Manuel Valls, il a perdu. Disposant d’un grand talent de tribun, il est évident qu’il ne va pas se taire à l’extérieur. Il a eu tort de s’en prendre à l’Allemagne, alors qu’une rencontre est prévue prochainement avec Angela Merkel. Les journalistes ne vont pas chômer. Ouf ! Benoit Hamon a suivi, peut-être un peu contraint et forcé, mais il a assuré que ses dossiers étaient en ordre et que les réformes annoncées se feraient. Quant à Aurélie Filipetti, qui a reçu quelques camouflets et avalé plusieurs couleuvres, n’ayant pas un budget pour affronter la crise des intermittents et accomplir son vrai devoir de Ministre de la culture, elle a démissionné « tranquillement » dirons-nous.

Alors, après deux défaites électorales profondes, cette crise qui craquelle la 5ème république, cette affirmation constante que rien ne changera quant aux orientations, où allons-nous ? C’était tout de suite après son élection qu’il fallait s’attaquer aux réformes, pas deux ans après. Notre dette vient de franchir la barre des 2000 milliards d'euros !

François Hollande rêvait enfant de devenir président de la république comme d’autres rêvent qu’ils vont gagner une semaine aux Îles Caïman. Il est seul responsable de l’état de déliquescence dans lequel se trouve aujourd’hui la France avec sa boite à outils ! Un même  titre pour « Libération » et pour « Le Figaro » : tellement exceptionnel dans le monde des média qu’il faut le citer : « CRISE DE REGIME ».

Pour l’essentiel de ce nouveau gouvernement Valls 2 et les trois partants : Michel Sapin (un fidèle des fidèles des amis de François Hollande) occupera seul – enfin presque – un grand BERCY de l’économie, des finances et des comptes publics, en remplacement d’Arnaud Montebourg. Il lui faudra bien s’entourer ! Au fait, que fait-on des dizaines de rapports d’experts économiques qui ont été commandés et payés à prix d’or (MM. Gallois et Attali notamment). Najat Vallaud-Belkacem occupera le poste de Benoit Hamon, en tant que ministre de l’Education nationale. C’est la première fois qu’une femme occupe cette fonction. Fleur Pellerin devient ministre de la Culture à la place d’Aurélie Filippeti. Christiane Taubira reste au gouvernement, suivant la volonté du président. Pour la composition complète avec les secrétaires d’état, ce sera pour la prochaine fois. Toutes ces nouvelles viennent d’être annoncées ce mardi à 18 h 45 sur le perron de l’Élysée par le Secrétaire de l’Elysée. Personne de la société civile ! le pire est à craindre pour l’avenir…

Mais la France se remettra de ce jeu de chaises musicales. Prions seulement pour elle !

Solange Strimon

 LE NOUVEAU GOUVERNEMENT VALLS 2

Manuel Valls a dévoilé son nouveau gouvernement, formé à la demande de François Hollande, qui a exigé « une gouvernement de clarté », après les critiques d'Arnaud Montebourg, appuyé par plusieurs anciens ministres qui ont refusé de participer au gouvernement. Entrants, promus... La liste des ministres du gouvernement Valls II.

Premier ministre : Manuel Valls

Ministre des Affaires étrangères et du Développement international : Laurent Fabius

Ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie : Ségolène Royal

Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche : Najat Vallaud-Belkacem

Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Christiane Taubira

Ministre des Finances et des Comptes publics : Michel Sapin

Ministre de la Défense : Jean-Yves Le Drian

Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes : Marisol Touraine

Ministre du Travail, de l'Emploi, de la formation professionnelle et du Dialogue social : François Rebsamen

Ministre de l'Intérieur : Bernard Cazeneuve

Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire, de la Forêt et porte-parole du gouvernement : Stéphane Le Foll

Ministre des l'Économie, de l'Industrie et du Numérique : Emmanuel Macron

Ministre du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité : Sylvia Pinel

Ministre de la Décentralisation, de la Réforme de l'État et de la Fonction publique : Marylise Lebranchu

Ministre de la Culture et de la Communication : Fleur Pellerin

Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports : Patrick Kanner

Ministre des Outre-Mer : Georges Paul-Langevin

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