La colère ne suffit pas !

Comment unir, dans un même élan enflammé, des républicains nationalistes, des partisans de Dieudonné, des royalistes de l’Alliance royale, des militants de l’Action française, des opposants à l’islamisation de la France, des soraliens, des militants anti-IVG, des marcheurs de la Manif pour Tous, des bonnets rouges, etc. ?

C’est à cette gageure que se sont attelés les organisateurs du Jour de la Colère, manifestation dont le seul mot d’ordre était « Hollande démission ! » (pour les slogans les moins discourtois du moins.)

Indéniablement, ce rendez-vous fut un succès, au moins d’un point de vue comptable : 17 000 personnes selon la police, plus de 100 000 selon les organisateurs. L’anti-hollandisme aura fait recette au sein d’une France électrisée par plus d’un an d’incurie socialiste.

En revanche, on demeurera plus dubitatif s’agissant des retombées positives de ce rendez-vous. Hélas ! La chute de François Hollande ne constitue en rien un programme politique, même de salut public, à long terme. Et le bât blesse là où se l’on s’interroge sur ce que proposaient ses opposants venus battre le pavé parisien sous une pluie drue.

Bien évidemment, chacune des multiples officines représentées lors la longue marche de la colère, n’était pas en manque d’idées ou de propositions, qui quant aux institutions, qui quant à l’immigration, au modèle social, à la justice, à la fiscalité…

Mais le concert de protestations anti-gouvernementales ne manquait pas de laisser une impression lancinante de cacophonie, tant les discours hétéroclites semblaient souvent inconciliables.

Alors, une manif, pour quoi faire ? On n’ôtera pas au Jour de la Colère le bénéfice d’avoir permis d’exprimer une exaspération plus que légitime contre le locataire de l’Elysée. On ne pourra pas s’empêcher cependant de ressentir un léger malaise lorsque l’on compare ce type d’évènements à un exutoire, analogue aux « Deux minutes de la haine » imaginées par George Orwell dans son roman 1984.

Afin de dépasser une contestation purement stérile à vocation de pur défouloir, il convenait d’enraciner cette démarche dans un projet politique à long terme, et, si possible, un projet qui tranche radicalement avec le système actuel.

C’est là où le Jour de la Colère a montré ses limites. Aucun mot d’ordre, aucun programme, aucun projet, aucune revendication réelle ne s’en dégageait. Et les groupes qui en composaient le cortège, bien qu’ils portassent des revendications plus que légitimes, étaient rarement capables de constituer une alternative sérieuse à la république en place.

C’est cette absence de message, cette absence de but, qui a conduit également à cet étrange melting pot de sensibilités politiques si différentes les unes des autres. Un magma bigarré incluant même des associations extrémistes qui n’ont pas manqué de décrédibiliser la manifestation par leur conduite caricaturale et leurs outrances, à la grande joie des médias.

Il manquait à cette manifestation de porter la contestation jusqu’à son paroxysme, en remettant en cause les soubassements mêmes du régime, en s’attaquant de front à la forme républicaine des institutions et aux idéologies révolutionnaires qui l’imprègnent. Quelques voix s’y firent entendre en ce sens, trop peu nombreuses, noyées sous le fatras d’une rage puissante mais sans but.

Le Jour de la Colère n’était pas suffisant. Loin s’en faut. La Colère, la « juste colère » comme aurait écrit Bernanos, est le déclencheur souvent nécessaire d’une saine réaction. Mais si la colère reste dans une fureur stérile, elle conduit même à desservir ceux qui l’expriment, au profit de ceux qu’elle vise.

C’est aux royalistes de proposer à cette colère une solution. Parce que c’est la République qui la provoque et que c’est la monarchie, seule, qui apportera des réponses. 

Stéphane Piolenc

Commentaires  

#3 Pellier Dominique 29-01-2014 10:04
J'espère sincèrement que le retour de la royauté en France, soit le remède à toute cette misère. J'ose espérer que Dieu guidera le Roi dans ses décisions par Sa sagesse sainte. Les Français sortiraient-ils enfin dans la rue ? Car il est temps de dire notre colère. Il faut faire comme il a été fait dans certaines entreprises, cerner les autorités jusqu'à TOTALE SATISFACTION DES REVENDICATIONS. Cerner les ministères, l'Elysée. Cela n'a pas obligatoirement besoin de violence. DE LA FERMETE, PAS DE COMPROMIS
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#2 Stanislas Derues 28-01-2014 21:43
Tous ces manifestants ont seulement voulu démontrer à celui qui est le Président de la République (quelle honte !)qu'ils peuvent tous se mobiliser ensemble contre lui. Les Français de tous bords et de toutes tendances ne lui pardonneront rien et surtout pas son comportement plus que détestable. Il nous faudra pourtant attendre encore quelque temps avant que les orages ne cessent et continuer de prier pour notre salut. Vive la France et ses contestataires. ..
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#1 AudeLys 28-01-2014 11:46
Je suis totalement d'accord avec vous : seule la monarchie peut résoudre les problèmes de 200 ans de ripouxblique qui nous a menés, ça c'est sûr, dans le mur.
Mais pour en revenir à ce "jour de la colère", il ne pouvait pas aller jusqu'au bout et proposer comme vous le souhaitez une solution, un projet à long terme. Vous le soulignez justement, que cette manifestation était trop hétéroclite et les discours itou. Nombre de manifestants n'étaient certainement pas prêts à défiler sous la bannière de l'Alliance Royale ou d'une quelconque association ou parti qui ne soit pas le sien.
En revanche j'y vois le succès d'avoir non pas uni mais réuni une foule diverse, certes, mais qui n'avait qu'un seul but, celui de dénoncer l'incompétence totale de la zélite politique qui nous gouverne, son incapacité à proposer quoi que ce soit, bref son échec cuisant et total.
Et ce n'est pas l'appel de Normalito 1er à l'Allemand Peter Hartz, père des réformes Schröder, qui va arranger sa courbe d'impopularité (selon le quotidien régional allemand Saarbrücker Zeitung). Par contre, c'est l'aveu même de l'incompétence totale de cette gauche marakkech que les Français ont mis pouvoir, et une veritable honte pour notre pays.
Reste à cette "mouvance contestataire" à travailler ensemble dans un premier temps puis, pourquoi pas à s'unir pour d'autres actions sur des sujets d'accords communs... Reste à éviter l'écueil de la récupération politique comme a tenté de le faire notamment l'UMP lors de la manif pour tous. Dans cette "mouvance", l'Alliance Royale (seul parti politique royaliste) a certainement sa carte à jouer.
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