La Première Dame en question

Parmi les serpents de mer législatifs de la Vème république, le statut de la Première Dame de France revient régulièrement.

L'inspiration dite « monarchique » de la constitution gaullienne de 1958 et l'inconscient collectif français, nostalgique de la monarchie, sont les causes de cette problématique très française.

Le débat revient sur le tapis à l'occasion des événements récents autour de la vie privée du président de la républiques sur lesquels nous ne reviendrons pas. Les hommes politiques amenés à commenter l'affaire ont déclaré leur attachement à la « vie privée ». Mais la vie personnelle d'un chef d'Etat est-elle pleinement privée ? Napoléon Bonaparte se demandait s'il avait droit au bonheur. Pour François Hollande, les jouissances ne s'octroient pas, elles se prennent. On a les maximes que l'on mérite...

Le député-maire de Dijon, François Rebsamen, propose une suppression du statut de première dame. François Hollande avait donné des signaux encourageant cette idée lors de sa campagne. De fait, le contribuable fournit à la compagne du chef de l'Etat des bureaux, des collaborateurs et des serviteurs dévoués à la cause de Madame.

Les dépenses du palais de l’Élysée n'étant pas publiées en détail, on ignore quel est le coût exact de l'entretien de la première dame. L’explication réside en une peur de l'utilisation de ce chiffre à des fins militantes...

Toutefois, au vu du niveau de l'endettement national, qui crève tous les plafonds, le coût de la première dame reste anecdotique. Mais cette anecdote n'est pas du goût des partisans de la gouvernance moderne, épurée des dorures et autres reliquats de l'ère monarchique, qui décidément revient au galop même plus de deux siècles après la révolution. Chassez le naturel...

La France deviendrait-elle le premier pays à omettre la présence de la personne qui partage la vie privée du chef de l'Etat lors des cérémonies protocolaires ? Personne qui à défaut de première Dame, pourrait devenir le premier Mari, et ce même si la magistrature suprême ne se féminise toujours pas, au vu de l'évolution des mœurs...

Lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007, François Hollande, à l'époque la risée de la caste politique, était qualifié de future «première dame de France ». Aujourd'hui les hypocrites qui cirent ses fameuses chaussures pour quémander un poste strapontin pour 2017et 2022 rigolent toujours, mais plus discrètement.

De la très chrétienne et très discrète Yvonne de Gaulle à la concubine contemporaine, en passant par les vœux d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing et les sympathies sandinistes de Danielle Mitterrand, les successeurs des Reines de France n'ont pas fini de faire couler de l'encre. Mais elles ne sont plus statufiées dans les jardins du Luxembourg, et on sait pourquoi. Autre temps, autre prestige.

Julien Ferréol

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