Hollande, Valls, Dieudonné : une journée en Socialie

Jeudi 9 Janvier de l’année de (dis)grâce 2014.

Le soleil se lève sur la ville rose, les rideaux des vitrines se lèvent sur les soldes, un avion demande l’autorisation d’atterrir à Blagnac. Cet avion, c’est celui de François Hollande qui vient à Toulouse pour son premier déplacement de 2014 afin notamment d’expliciter son "pacte de responsabilité aux entreprises". A l’autre bout de la ville, devant l’ENSICA où il se rendra, plusieurs groupes se forment afin de lui adresser leurs meilleurs vœux. Ou peut-être pour lui demander des comptes, qui sait ? Sous l’œil vigilant de nombreux policiers en civils, les uns sortent des drapeaux CGT, les autres une banderole « Sanofi » et d’autres encore, l’arme fatale, des drapeaux « Manif Pour Tous ».

Il est 9h. « Hollande a atterri ». Des CRS appelés en renfort hier à 19h forment un cordon de sécurité autour de l’ENSICA. Pensant sûrement que la vue d’une centaine de Français faciliterait le transit intestinal de François Normal, d’autres CRS appliquent l’ordre de parquer tout ce beau monde bien plus loin dans la rue.

Il est 9h30, Hollande arrive : « Ah bon ? » Oui, il paraît. Cependant, l’honneur est sauf : deux courageux jeunes hommes arrivent sous le nez du président pour lui souhaiter la bonne année à coups de « Hollande Démission ». Normal.

 Quittons si vous le voulez bien le Sud-ouest pour gagner la Bretagne où Manuel Valls est en visite. Petit retour en arrière. Nous sommes le mercredi 8, il est 19h16, Valls descend de son train en gare de Rennes. Soudain, la gare résonne des voix de 80 bretons clamant « Valls démission ! », une drôle d’odeur se répand : des boules puantes sont jetées sur le ministre. Aïe, c’est la guerre.

Aujourd’hui, pas question de reprendre une douche. Que faire ? La solution apparaît tout naturellement à notre ministre : un « village Potemkine » ! Il est 11h, le ciel est gris, Valls déambule dans le quartier de Blosne à Rennes, désert. Désert ? Oui, car la consigne est claire : « Le ministre ne veut voir aucun manifestant ». La police aux ordres a donc préalablement bouclé le quartier et maintient manifestants et habitants à l’écart. Normal.

Mais Valls n’a pas terminé sa journée. Nous voilà en début d’après-midi et la nouvelle tombe : le tribunal administratif de Nantes suspend son arrêté préfectoral interdisant le spectacle de Dieudonné. Coup de tonnerre. Manuel voit rouge. Il exige la tête de Dieudonné sur un plateau d’argent. « Monsieur le ministre, on ne peut pas, on n’a pas de guillotine sous la main » lui chuchote à l’oreille un collaborateur bien informé. Fichtre, qu’est-ce qu’on a d’autre ? Je ne sais pas... un Conseil d’Etat ? Parfait.

Tic tac, tic tac, chaque minute qui passe nous rapproche du spectacle le plus sombre de notre histoire. Des goutes perlent sur le front de Manuel.

18h30, in-extremis : Victoire ! Le Conseil d’Etat fait homologuer son record de vitesse (alors même que les coups de fils répétés de Valls leur ont fait perdre du temps) et annonce fièrement sa décision d’annuler l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nantes. Valls parade. Normal.

La nuit tombe. Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut une journée en Socialie.

Pierre Ardent

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