Il souffle comme un vent de révolution

Il souffle comme un vent de révolution dans notre pays depuis ces derniers mois. Il faut dire qu'il en a l'habitude. Cinq républiques, deux empires et une Restauration, tout ceci en près de deux siècles. Est-ce parce que nous sommes des latins ou des instables, que nous aimons renvoyer dans leurs quartiers les gouvernants qui ne nous satisfont plus ?

Toujours est-il que ces derniers mois, la France traverse une crise comme elle n'en avait pas traversé depuis des lustres. Crise économique, crise morale, politique et institutionnelle forment un véritable cocktail  explosif. La cote de popularité de François Hollande ne cesse de baisser. Jusqu'où ira-t-elle d'ailleurs ? Les choix politiques ne sont nullement remis en question. Nous avons l'impression d'être dirigés à vue. L'exécutif ne semble pas savoir où il va et gouverne au coup par coup. Ce n'est pas là une politique digne d'un pays qui se targue de vouloir jouer dans «la cour des grands».

Au premier semestre, il a réussi à mettre dans la rue plusieurs centaines de milliers de personnes afin de défendre l'institution qui fonde la société, à savoir le mariage entre un homme et une femme. Tout une foule de gens, venus des quatre coins de la France, des jeunes, des anciens, et surtout des familles... Ceux que l'on entend d'habitude jamais parler ; ceux qui paient leurs impôts, qui obéissent aux lois. Pour l'instant, les sujets de société sont mis sous le boisseau. Notre gouvernement ayant d'autres « chats à fouetter ». La réalité le rattrape. Il faut toutefois rester vigilants.

On nous avait promis que la rentrée serait chaude et cela n'a pas manqué. Avec son désir d'instituer une taxe de plus, l'écotaxe, les bretons se sont levés pour dire : STOP ! Là aussi, nous assistons à un mouvement qui n'est pas contrôlé par les experts en manifestation, c'est-à-dire les syndicats. Mieux ou pire pour la bien-pensance, les manifestants ressemblent à la France de tous les jours. Il y a des ouvriers, des patrons des transports et de l'agro-alimentaire, des prêtres et mêmes des évêques, soutenant les « bonnets rouges »(1) ; c'est le nom donné à ce mouvement en référence aux bretons qui s'étaient rebellés contre Colbert et ses taxes (2). Le mouvement semble s'étendre à toute la France, d'autant que nous avons appris que la société qui gère les portiques servant à comptabiliser les poids-lourds en vue de les faire payer, pourrait être impliquée dans un scandale d’État (3).

Les mécontentements ne cessent d'augmenter, jour après jour et le gouvernement s'enferme dans une rigidité idéologique qui pourrait lui coûter cher.

A l'extérieur, notre pays n'est pas mieux loti. Après l'euphorie qui a suivi la libération des quatre otages détenus depuis près de trois ans, nous avons appris la mort de deux journalistes de RFI au Mali.

La lutte contre le terrorisme ne semble pas donner les résultats escomptés. Il faut dire qu'on n'y comprend pas grand chose. D'un côté on lutte contre les implantations d'Al Qaïda au Mali et de l'autre on soutien les mêmes en Syrie contre le régime d'El Assad... Allez donc savoir pourquoi ?

Tous ces éléments que nous venons de voir nous montrent un pays en déclin, malade de sa propre gouvernance. Que va-t-il arriver dans les semaines et les mois à venir ? Nul ne le sait ! Il y aura d'abord les élections municipales et européennes. Il n'y a pas besoin d'être devin, pour savoir que la gauche va se prendre une vraie «raclée». Enfin il faut l'espérer, sinon c'est à désespérer de nos concitoyens.  Mais même si la gauche perd les élections, cela ne résoudra pas la grave crise que traverse la France. Il lui faudra davantage qu'un changement de majorité, que ce soit au niveau local ou même national. C'est un vrai électrochoc qu'il lui faut. Un changement de paradigme (4) est nécessaire afin de remonter la pente.

Tant que la France continuera de s'égarer dans des voies de garage et ne renouera pas avec sa longue tradition qui a fait sa grandeur, elle ira de Charybde en Scilla.

Jean-François Martot

 (1) Figaro du 5 novembre 201

(2)  La révolte du papier timbré sous Colbert.

(3) Le Point du 4 novembre 2013

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