Avec François Hollande, parler pour ne rien dire...

… est devenue une habitude, tout à fait détestable et indigne d'un chef d'état qui se voudrait au niveau d'un Barak Obama, alors qu'il ne lui arrive même pas à la cheville. Nous n'avons plus d'illusion quant à la capacité du président de persuader qui que ce soit, et même pas ses ministres qui font semblant de le suivre, découvrant (pour la majorité) les privilèges de leur fonction et n'ayant aucune envie de les perdre.

Pour se convaincre de sa grandeur dans le bureau des ors de la République, à l'hôtel Marigny, une superbe dépendance de l’Élysée, le globe du monde situé à sa droite, François Hollande a endossé les habits du président de la république, du ministre du budget et même ceux de l'ancien premier secrétaire du parti socialiste. Pitoyable prestation que celle de François Hollande qui veut encore faire croire aux Français qu'il a contribué à la décision du démantèlement des armes chimiques en Syrie. Ce serait presque grâce à lui que l'initiative russo-américaine a pris corps. Avec cette habileté qui est la sienne mais ne trompe nullement les Français avertis, François Hollande a rendu hommage à l'armée dont le comportement en Syrie a prouvé l'efficacité. Entre le Mali et la Syrie, il n'existe pourtant aucune comparaison.

Ses pirouettes verbales à propos de la politique fiscale donnent à penser qu'effectivement, il connaît bien les techniques utilisées pour justifier les impôts nouveaux, mais ne convainc personne sur la pause fiscale, qui n'existe que dans son monologue. Avec ce gouvernement, toute décision prise est aléatoire et à court terme. Les certitudes d'augmentation en 2014 : la TVA et le quotient familial ; les « étudiées »si nécessaire (tabac, alcool, etc) le seront – si nécessaire - dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale en 2014. Dangereuse politique que celle qui consiste à avancer d'un pas, à reculer de deux, à passer sur le côté, puis à attendre les réactions pour envisager éventuellement une autre stratégie propre à déstabiliser tout le monde. François Hollande se sera donc contenté lors de cette entrevue d'afficher le mépris le plus total qu'il a des vraies préoccupations des Français.

Concernant l'inversion de la courbe du chômage, François Hollande restera figé dans son optimisme béat. Un an après sa promesse, il a perdu son pari. Il crée des emplois... aidés certes, mais dans le privé, il ne se passe rien et les chiffres du chômage continuent d'augmenter. Qu'à cela ne tienne, il garde le sourire calme et triomphant de celui qui est enfin arrivé au pouvoir et n'a nullement l'intention de se laisser intimider par quelque affaire que ce soit.

Si François Fillon a – sans le dire – donné de futures consignes de vote pour le Front National, le président rappelle qu'il y a « des digues et des règles » à ne pas franchir. Et en 2002, il avait appelé à voter pour Jacques Chirac.  Sur l'affaire du bijoutier de Nice, seule « la justice, toute la justice, rien que la justice » doit résoudre ce problème de délinquance, trop souvent exercée par des voyous multi-récidivistes, qui ne portent nullement de bracelet électronique. Cette affaire, ajoutée à d'autres, suffira-t-elle pour que la réforme de la loi pénale de Christiane Taubira soit aménagée ? Il faut dire que les enfants-délinquants de certains autres ministres donnent à réfléchir (comme les fils Fabius et Touraine) et... influencent vers le laxisme des peines ? La violence ne cesse pourtant de croître dans tous les domaines. Le président pense tout de même apporter aux bijoutiers plus de sécurité par la présence de policiers et plus de vidéo-surveillance. Pour donner au chef de l'état toute la dimension des réactions de commerçants niçois, une trentaine d'associations, accompagnées d'élus, ont défilé ce lundi pour soutenir le bijoutier. Quant à la fronde des écologistes, François Hollande sait reprendre les situations en mains et s'assurer de leur prochain vote. Lequel d'entre eux oserait démissionner ? En dehors de la trop vertueuse Delphine Batho, aucun ne l'envisage nullement, des menaces, c'est tout.

De cette rentrée au cours de laquelle François Hollande a affirmé souhaiter le départ de Bashar al-Assad, retenons son souhait de voir des démocrates prendre sa place, et non des massacreurs. Il arme les rebelles, mais n'y aurait-il chez ceux-ci quelques éléments tout aussi dangereux que ce dictateur ?  Sur la scène internationale, le président peut vouloir donner à tous l'illusion de sa « grandeur ». Les Français qui suivent de très près toutes les interventions du président, ses faux-pas, ses fausses-affirmations, ses faux-discours, ne sont pas dupes. S'il a fait des progrès quant à sa présentation, sur la forme, il est peut-être devenu presque acceptable aux yeux de certains et en y mettant beaucoup d'indulgence, sur le fond, il reste « incolore, inodore et sans saveur ».

Et dire qu'il représente la France !

Solange Strimon

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