François Hollande tétanisé par la crise…

… au présent ne veut parler que de l’avenir « en offensif ». Ce sera donc pour les Français « Wait and see ».

Le chef d’état avait promis de s’exprimer deux fois par an devant les journalistes : il n’avait donc d’autre choix ce 16 mai, dans le salon de l’Elysée devant 400 journalistes accrédités, dont 150 étrangers, que s’afficher comme à son habitude, souriant, décontracté, pourvu d’un optimisme à toute épreuve. Sa grande force et sa faiblesse. Et ce malgré une atmosphère tendue, le constat de 3 millions de chômeurs, la reconnaissance d’une France en récession, une nation plongée dans une crise conjoncturelle et structurelle, des chiffres alarmants, un continent européen malade, le sentiment de confusion ressenti par bien des Français, qui n’hésitent pas à le qualifier d’incompétent et la certitude que l’Europe ne fonctionne que sur l’entente franco-allemande.

Parfaitement conscient de tous ces lourds handicaps, le Président de la République s’est exprimé. À sa droite, tous les ministres, bien sagement assis, conscients qu’ils sont sa base, celle dont il ne peut s’amputer dans la conjoncture actuelle. Jean-Marc Ayrault, « courageux, loyal, désintéressé » (six fois nommé - sans aucune ambition de devenir président !) a été reconduit dans sa fonction de Premier ministre, tout comme tous les autres ministres « liés les uns aux autres ».

Très conscient de son impopularité et de tout ce qui reste à faire au cours des 4 prochaines années, le Président avait donc choisi une stratégie offensive et décidé d’utiliser cet adjectif à toutes les situations comme pour convaincre de son changement de caractère. Y croira qui voudra ou pourra ! S’il suffisait d’un mot magique pour redresser le pays…

Que retenir de cette intervention ? François Hollande a tout d’abord rendu hommage aux soldats qui sont intervenus au Mali et ont fait aimer la France. Il a enchainé sur « la réduction du déficit public, la stabilisation de la zone euro, la définition de l’union bancaire, la baisse des taux d’intérêt dont le nôtre à son plus bas niveau historique ». Et comme le Président socialiste (il a réaffirmé ce statut) revenait de Bruxelles, il n’a pas hésité à souligner que si Bruxelles avait accordé à la France deux ans de sursis pour atteindre un objectif de déficit public à 3% du PIB, « c’est pour un rebond, pas un répit ». Vous aviez interprété autrement ?

Tous les sujets, ou presque, ont été abordés. Évoquons quelques-uns d’entre eux. À propos du chômage, c’est une évidence : « l’état ne peut financer tous les investissements d’avenir. Il appartient aux partenaires privés et étrangers de lui venir en aide ». Oui, mais pour cela, encore faut-il bénéficier d’un climat de confiance, ce qui n’est pas le cas.  D’autres réformes sont envisagées : l’assurance-vie, la formation des maîtres, la formation professionnelle avec les partenaires sociaux, les régions et Pôle Emploi, la retraite avec une conférence sociale dès juin et bien d’autres sujets sur lesquels nous reviendrons prochainement. Pour le dossier du mariage pour tous, personne n’avait d’illusion : «Dès que le Conseil constitutionnel aura fait connaître sa décision, je promulguerai le texte»(1).

Nous reviendrons au coup par coup sur toutes les réformes annoncées, notamment la réforme constitutionnelle, la fusion impôt sur le revenu-CSG, l’amnistie sociale, le pouvoir d'achat, un accord de libre échange avec la Chine, l'Union européenne et la Grande Bretagne, le droit de vote des étrangers, etc. 

François Hollande, passé maître dans l’évaluation des situations, saura aussi profiter de « l’absence » d’Angela Merkel jusqu’en septembre pour se positionner comme leader de l’Europe, s’étant déclaré prêt à une « union politique européenne dans les deux ans ». Ce disciple de Delors sait que si la crise est européenne, la solution l’est aussi.

Une question avant de conclure : qu’en est-il de l’enseignement supérieur et de la recherche, fers de lance de la France pour son avenir et celui de sa jeunesse ? François Hollande reste dans le déni et les Français peuvent continuer d’attendre des solutions nouvelles. Prochain épisode dans six mois…

Solange Strimon 

(1) ce vendredi 17 mai, le Conseil constitutionnel a validé dans son intégralité la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels en France. La France devient le 14ème Etat du monde autorisant le mariage gay et la Nature s’efface devant la Loi. Qu’en pense le Créateur ? Dans les orphelinats où tout enfant rêvait de trouver un papa et une maman, il va falloir lobotomiser.

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