Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Il est vraisemblable que les Français auront quatre ans encore pour supporter François Hollande dont le « credo » reste le même depuis son arrivée au pouvoir et dont il ne changera pas un mot, une virgule, une intonation, assuré que cette méthode Coué a fait ses preuves dans tellement de domaines qu’elle reste la formule idéale.

Le président normal (dans une situation de guerre économique, c’est un président plus qu’exceptionnel qu’il faudrait) « sortira la France de la crise d’ici fin 2013 ». Et si ce n’est pas tout à fait 2013, hé bien, ce sera pour 2014. Et puis, si ce n’est pas 2014, on passera aux années suivantes. D’ailleurs, qu’à cela ne tienne. Il est élu pour un quinquennat mais n’envisage-t-il de doubler la durée de son mandat en annonçant un vaste plan d’investissements pour les dix ans à venir. Tremblez braves gens, la France se meurt, la France est morte.

De quels secteurs s’agit-il ? François Hollande a précisé lors du séminaire du 6 mai « du numérique, de la transition énergétique, de la santé, des grandes infrastructures et d'une manière générale des nouvelles technologies". Aux ministres concernés actuellement (et à tous les autres) de se tenir prêts à travailler sérieusement sur ces dossiers, avec promesses de résultats et sans dissonances. Le chef menace d’un remaniement éventuel mais non encore défini. "Personne n'est protégé dans le gouvernement". "Un jour, des choix et aménagements auront à être faits. Mais j'ai besoin de tous". Si ce n’est pas ménager la chèvre et le chou…Comme tout ce que dit le président Hollande. Un jour, c’est tel discours, le lendemain, un autre le contredisant.

Ses ministres tremblent-ils devant cette menace, qui les priverait des privilèges et autres garanties à vie que leur offre leur condition ? Les « anciens » ont des réserves de notoriété et réseaux assez importants pour ne pas prendre la menace au sérieux. Les « nouveaux » qui découvrent les joies d’un paradis nommé « Bercy » connaissent assez bien leur maitre pour ne pas trembler non plus. Pourtant, n’importe quel citoyen peut se poser la question de savoir pourquoi un certain ministère dispose-t-il de sept ministres. Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, a bien des raisons de croiser le fer avec le bouillonnant Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. Bernard Cazeneuve, ministre délégué du budget, en remplacement de Jérôme Cahuzac (dont on dit - sans preuve - qu’il se présenterait aux élections législatives à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), suite au soutien de ses anciens administrés) reste discret. Benoit Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire et à la consommation, garde ses distances. Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, reste une grande inconnue dans le paysage médiatique. Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique, aurait pu faire entendre sa voix lors de l’affaire Yahoo. On ne lui en a pas laissé le temps et elle n’a pas su s’imposer. Sylvia Pinel, ministre de l’artisanat, du commerce et du tourisme, n’aime pas les auto-entrepreneurs et on gardera d’elle (espérons seulement de passage) un très mauvais souvenir.

Jean-Marc Ayrault, la doublure de François Hollande, (comment appeler autrement le Premier Ministre, sans manquer de courtoisie ?) présentera prochainement ce grand chantier. Les membres du gouvernement seront appelés à faire preuve de davantage de résultats, voire de cohérences dans leurs équipes, s’ils ne veulent subir les foudres du chef.  Celui-ci veut, que dis-je, exige des résultats « sur le chômage, le logement, l’école, mais aussi le retour de la croissance, la maîtrise de la dépense et donc le niveau des prélèvements".

Et pendant ce temps… Bruxelles espère sur deux ans la réforme des retraites, le marché du travail et une plus grande libéralisation avec un Président qui pour 62 % des Français est incompétent. Le rêve n’est pas encore taxé…

Solange Strimon

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