La Démocratie jusqu'à la nausée...

N'étant pas Parisien, je m'intéresse à la campagne qui oppose Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo avec l'œil d'un spectateur, et les deux bimbos centristo-bobos rivalisent d'ardeur dans la mollesse, de profondeur dans la superficialité...        

Français, Parisien, ne t'inquiète pas. Rien ne changera que tu mettes l'une ou l'autre de ces deux femmes politiques sur le trône de Nabab qu'occupe encore Bertrand. Les vrais travaux de la capitale ne sont pas forcément entre les mains de la mairie de Paris, qui peu à peu, année après année devient une agence culturelle plus qu'une administration : organiser Paris-Plage est nettement plus populaire que faire fermer des lignes de métro pendant six mois pour les rénover. Dieu sait pourtant que le réseau de transports en commun Parisien a le besoin urgent de s'offrir une cure de jeunesse, sous peine de sombrer purement et simplement dans l'obsolescence.

La gestion de la ville de Paris est devenue une immense imbrication d'enjeux nationaux et locaux, politiciens et politiques (admirez la finesse d'analyse !)... tant et si bien qu'au final, il ne reste plus qu'un agglomérat particulièrement ingérable de susceptibilités à préserver, d'accords partisans à respecter et d'urgence à traiter.

Au risque de paraître « mou du genou », je me risquerai à avancer que la démocratie n'est pas un mal. Le fait que les édiles soient élus me paraît assez légitime et permet, en théorie, d'éviter un sentiment d'oppression de la part d'un peuple qui, sinon, verrait des élites lointaines, issues d'écoles d'Administration obscures, présider à ses destinées.

Mais la démocratie est un système des plus fragiles, qui se pervertit avec une rapidité effarante. Quand on en arrive à dire par exemple que les inventeurs même de la démocratie (c'est-à-dire les Athéniens), n'avaient pas institué un régime démocratique (c'est ce qu'on enseigne actuellement à vos enfants en seconde en classe d'Histoire), on peut penser qu'on est au paroxysme de la perversion.

Fragilité qui ne lui permet pas de survivre dans tous les milieux, un petit peu comme si vous faisiez faire l'escalade de l'Everest à un Cabillaud.

Vous me répondrez qu'il existe aussi des poissons volants.

Certes.

Mais ils ne représentent pas la majorité du genre*.

Ainsi donc, une ville comme Paris, aux confins des enjeux nationaux et locaux, nous paraît être un milieu où la démocratie ne peut pas survivre : la campagne de la mairie de Paris ne devient qu'un épiphénomène de la lutte** nationale entre PS et UMP, toute promesse étant faite selon un électoralisme malsain.

Il en résulte non plus une lutte politique, un concours entre deux projets de gestion, mais un véritable pugilat, un vain combat de gladiateurs.

Parisien : regarde donc s'affronter les deux quarantenaires siliconées que les partis t'ont désignées, admire leurs affrontements...

Quand tu te seras repu de leurs ébats, tu pourras sereinement emprunter un métro bondé et en panne pour aller au pôle emploi le plus proche !

Paris Plage est proche.

Panem et Circenses !

Et surtout : tais toi !

Roman Ungern

* : Blague odieusement piquée à Michel Audiard dans « Le Président » d'Henri Verneuil. 1961. 

** : si tant est que ces deux formations luttent vraiment : les combats de catch sont souvent « chiqués ».

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