Inégalités mortelles…

…entre nos élus socialistes et les Français. L’affaire CAHUZAC a ouvert la boite de Pandore et accentué le discrédit sur le numéro un du gouvernement et son second. Et pendant qu’on essaie de nous « distraire », avec la publication du patrimoine des uns et des autres (complètement faussée d’ailleurs), on ne parle pas de la croissance économique et des autres problèmes douloureux de la France. Le Président Hollande a certainement déjà oublié l’échauffement des ouvriers de Peugeot Aulnay qui – le samedi 13 avril – avaient envahi la tribune du Conseil national du PS pour signifier leur perte de confiance dans son gouvernement. Cette fronde entre le pouvoir en place et la classe ouvrière devrait pourtant alerter nos dirigeants : ce n’est qu’un commencement. La colère se nourrit chaque jour des fermetures d’usine et des licenciements.

Si les Français prenaient le temps de s’informer réellement - et les outils de communication ne manquent pas – sur les avantages et les privilèges de leurs élus, ils comprendraient mieux pourquoi leurs élus sont tellement en dehors des réalités. Qui n’a pas été surpris de découvrir à propos de la déclaration des patrimoines que nos élus disposaient de peu d’argent sur leurs comptes bancaires ? Eux au moins ne se font aucun souci pour leur retraite ! Il faut dire qu’entre biens immobiliers, valeurs mobilières, assurance-vie, CODEVI, livrets A, PEL, LDD et divers, leur avenir est assuré.

Selon un décret publié récemment, le traitement mensuel des membres du gouvernement est de 9 940 euros pour un Ministre et 9 443 pour un Ministre délégué, ce qui correspond à quatre fois plus que le salaire moyen par tête dans le secteur privé, établi à 2 410 euros bruts. Et pour combien d’heures de présence et de travail à l’assemblée nationale ? Les Ministres perçoivent l'intégralité de leur salaire jusqu'à six mois après leur départ, s’ils n’ont retrouvé d’emploi. Une belle allocation chômage : elle représente environ 22 000 euros par mois pour le Premier Ministre, 14 000 euros pour un Ministre et 13 000 euros pour un secrétaire d’Etat. Certains Ministres conservent toutefois quelques avantages. Ainsi, s’ils perdent leur logement de fonction et la gratuité du réseau SNCF en première classe, il est d'usage que le Premier Ministre ait droit à une voiture avec chauffeur, d’une secrétaire et d’un garde du corps à vie. Cette protection rapprochée, évaluée par la Cour des comptes à 71 879 euros par an, en dit long sur le gaspillage public. D'autres Ministres d'Etat comme le Ministre de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense, ou encore, des Affaires étrangères peuvent également bénéficier de certains privilèges, mais aucun texte ne régit leur attribution et le gouvernement reste silencieux sur le sujet. Selon René Dosière, spécialiste du gaspillage de l’argent public, les autres Ministres ne devraient pas bénéficier des mêmes avantages.

Alors qu’on demande aux Français de faire des sacrifices sur leur vie de tous les jours et sur leur retraite, on laisse aux prescripteurs de loi le privilège de se protéger en s’assurant une vie et une retraite heureuses.

Deux de nos ministres sont millionnaires par héritage, et on ne peut que s’en réjouir pour eux et leurs proches : 6 042 000 millions d'euros de patrimoine pour Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, 5 244 000 millions d'euros  pour Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes âgées et à l'Autonomie quant au troisième Michel Sapin, Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, il ne dispose que de 2 151 000 d'euros… vite une larme de crocodile.

Nous n’évoquerons pas la fortune du Président, qui n’aime pas les riches, mais vit dans le luxe, cela irriterait. Comment demander à tous ces élus, qui ne connaissent rien des fins de mois difficiles et ne les vivront jamais de se projeter sur le mal-être des citoyens. Ils respirent sur une autre planète où la morale naturelle est exclue. Alors nos problèmes quotidiens… 

Solange Strimon

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