Le gentil cadeau de la justice aux politiques

Nicolas Sarkozy est entré hier au palais de justice en qualité de témoin assisté, il en est sorti mis en examen pour abus de faiblesse, dans le cadre de l'affaire Bettencourt.

Il est la 17e personne mise en examen dans cette affaire compliquée qui impliquerait des financements illégaux de la campagne présidentielle de 2007. Des employés auraient vu le candidat à plusieurs reprises dans l'hôtel particulier des Bettencourt, milliardaires déchirés de l'Oréal. Liliane Bettencourt, aujourd'hui sous curatelle, aurait été généreuse pour son ami Nicolas Sarkozy, ce que celui-ci dément catégoriquement. Lui et Me Herzog, son avocat, ont l'intention de déposer des recours contre la décision de celui que Sarkozy accuse de vouloir « se payer un ancien président ».

Politiquement, c'est une nouvelle qui profite à beaucoup de monde. La gauche est soulagée de voir le spectre de Sauveur-Sarko s'éloigner de l'horizon 2017. Et si les militants UMP accusent le coup, les cadres, eux, pratiquent une magnifique langue de bois. Ils feignent si mal l'indignation que leurs égos et ambitions transpirent de leur attitude hypocrite.

Cette décision de justice, qui appelle à être suivie, est intéressante à analyser, pour les raisons suivantes.

Premièrement, le contexte. Au moment où Najat Vallaud-Belkacem a annoncé le désir gouvernemental de « préciser » par la loi le principe de laïcité pour répondre à une décision de justice donnant raison à une employée de crèche qui gardait son voile islamique (affaire de la crèche Baby Loup dans les Yvelines, traitée en cassation. au passage, joli coup de poignard républicain à la séparation des pouvoirs), juste après la démission de Jérôme Cahuzac, l'indépendance de la justice est mise en en doute.

Et puis, la crédibilité de la France. Enchâssée de force dans une république perverse, chaque président depuis Chirac semble respecter la tradition d'ennuis judiciaires. Bien sur toute la classe politique n'est pas délinquante mais il n'y a pas de fumée sans feu, et les Français pourraient finir par protester. Pourquoi pas ce dimanche ?

Julien Ferréol

Note : Nicolas Sarkozy, en souhaitant supprimer les juges d'instruction, n'est pas non plus innocent dans l'asservissement de la justice par l'exécutif.

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