[Point de vue] De la Démocratie en Amérique ?

Nous avons appris ce matin que le peuple américain avait appelé M. Trump à la présidence de leur république fédérale. Je ne commenterai pas le résultat de cette élection parce que je n’ai pas l’outrecuidance de mes compatriotes qui s’arrogent le droit de disserter sur l’avenir d’un pays qu’ils n’ont jamais vu et qu’ils ne connaissent qu’à travers les films de Spielberg et Walt Disney. Je désire plutôt m’attarder sur les réactions des journalistes et des hommes politiques qui me semblent tout à fait révélatrices de l’hypocrisie des démocraties représentatives.

  Par exemple, on lit ce tweet d’Alain Juppé : « Aux Français, je veux souligner tous les risques que font courir la démagogie et l’extrémisme à la démocratie. » Et tout le monde autour de nous explique que le peuple n’est pas conscient des enjeux, qu’il ne comprend pas la complexité de la politique et se tourne vers celui qui tient le discours le plus simpliste.

 Ces propos me rappellent immédiatement les flots d’injures déversés contre le peuple anglais après le référendum de juin dernier. Qu’on songe à tous ceux qui proposaient avec François Fillon de retirer le droit de vote aux anciens ou qui à la suite de Bernard-Henri Lévy ont réclamé un second vote.

  J’ai beaucoup de mal à comprendre.

  Selon la philosophie venue de Locke et de Rousseau que ces gens défendent, la souveraineté appartient au peuple. Bien des fois nous avons entendu dans leur bouche la phrase malheureuse de Lincoln sur le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. » ou celle de la déclaration des prétendus droits de l’homme  « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. » Or si l’on se fie à la définition de Jean Bodin, la souveraineté est « une puissance absolue et perpétuelle ». Par conséquent, il faudrait se soumettre à celui qui la détient dans tous les cas et dans toutes les situations. Ce que de fait ces soi-disant démocrates refusent de faire aujourd’hui comme ils l’ont refusé en juin.

  Ils révèlent ainsi qu’ils ne croient pas dans les principes qu’ils professent, de même qu’ils n’appliquent pas de la séparation des pouvoirs que prescrit leur intolérable droitdelhommisme. Ils ne veulent pas que le peuple décide. Ils veulent en réalité appliquer leur programme satanique de destruction systématique de l’Eglise et de la civilisation qu’elle a construite. Le peuple ne sert alors qu’à légitimer leurs mauvais coups. Ce sont des bonapartistes qui s’ignorent. Ils invoquent le peuple quand ils ont son soutien mais dès que le peuple se prononce contre eux ils le rejettent et le diabolisent. Ils changent les mots : quand le peuple approuve une décision qui leur convient, c’est la démocratie, quand ils la rejettent c’est le populisme, la démagogie et le fascisme.

   Nous royalistes nous ne croyons pas à cela. Nous croyons que tout pouvoir vient de Dieu, omnis Potestas a Deo, et qu’Il le délègue à des gouvernants légitimes. « Car en leur donnant sa puissance, Il leur commande d’en user comme Il fait lui-même pour le bien du monde » tonnait le grand Bossuet aux obsèques d’Henriette de France.

Julien Portal

Commentaires  

#4 Louis SAINT MARTIN 12-11-2016 11:36
Bravo pour cet article qui non seulement a le mérite de décrire en peu de mots la perfidie qui habite au coeur même de la pensée et de la pratique "démocratiques" mais qui précise - et c'est chose rare chez nos contemporains aveuglés par leur relativisme ou leur indifférence - la nature satanique des régimes issus de la révolution française. Régimes pervers qui couvrent leur oeuvre de destruction de la civilisation chrétienne, d'un apparent souci de générosité, d'égalité et de liberté.
Lorsque les députés aux Etats Généraux, trahissant leur serment et leur mandat, s'érigèrent en assemblée nationale, désormais source du pouvoir légitime en lieu et place du Roi en France, ils firent franchir un grand bond en avant au règne de Lucifer sur le monde.
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#3 Patrick Thouvenin 10-11-2016 18:26
Bravo pour votre article. Comme quoi il ne faut pas mésestimer le peuple. Il a le droit et même le devoir de donner son avis, et la personne à la tête de l'Etat doit en tenir compte.
A propos de l'élection américaine, la presse française inféodée au Pouvoir s'est "plantée" sur toute la ligne. En fin de compte, cette victoire est avant tout la victoire de la liberté des américains.Ils ont choisi Donald Trump, à eux maintenant d'en assumer la responsabilité.
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#2 Chantal de Thoury 10-11-2016 14:20
Bien dit et pour servir ce que de droit
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#1 PELLIER Dominique 10-11-2016 08:08
D'ailleurs, la question est : "LA DEMOCRATIE, C'EST QUOI???"
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