Abus d’insouciance

Depuis des décennies les différents gouvernants républicains se succédant, se sont attachés à réduire la difficulté de l’enseignement afin qu’il soit adapté aux plus faibles, bridant ainsi les plus brillants.

Ce nivellement par le bas coïncide aussi avec cette mentalité toujours plus coriace d’obliger la jeunesse à poursuivre des études, et ainsi déserter les emplois des secteurs primaires et secondaires.

Ce constat est loin d’être anecdotique puisqu’avec un bac général de plus en plus faible et des taux de réussite en hausse perpétuelle (88.5% de réussite en 2016), de plus en plus d’étudiants entrent à l’université, c’est ainsi qu’à la rentrée 2016, 45 000 étudiants de plus qu’en 2015 se sont assis sur les bancs de la fac.

Nos néo-étudiants sont-ils informés qu’en moyenne seuls 30% d’entre eux seront diplômés d’une licence 3 ans plus tard et que seuls 40% réussiront du premier coup leur première année ?

Ces chiffres sont l’explication cinglante du fait que de nombreux jeunes se retrouvent, après quelques tentatives universitaires, sans qualifications professionnelles et avec pour tout diplôme un baccalauréat général, qui seul n’apporte absolument rien.

Tant d’années perdues alors que des secteurs comme la boucherie, la plomberie ou encore la maçonnerie sont en recherche de main d’œuvre et doivent faire appel à des travailleurs étrangers.

S’agissant des diplômés, l’avenir n’est pas tout rose non plus puisque la période de recherche moyenne d’un emploi est de 7 mois après l’obtention d’un master.

Si le taux de chômage des jeunes diplômés en master est relativement faible par rapport aux jeunes en général (11,5 % de chômage pour les diplômés de master contre 22 % pour les moins de 25 ans), il pourrait être beaucoup moins élevé si une information était donnée en début d’études sur les domaines d’avenir et ceux qui sont « bouchés », voire même par l’instauration d’un numerus clausus en fonction du taux d’insertion moyen dans la vie active de chaque licence ou master.

Le système de sélection peut permettre de rehausser le niveau des diplômes par rapport à l’enseignement privé ainsi qu’une meilleure répartition des diplômés sur le marché du travail, et donc d’empêcher la fuite des cerveaux.

La république veut lutter contre le chômage des jeunes mais prend tout à l’envers puisque leurs logiques électoralistes les empêchent de prendre les mesures nécessaires car elles risquent d’être impopulaires et bloquées par les syndicats étudiants, qui ne représentent qu’eux-mêmes (8,52 % de participation aux dernières élections étudiantes)

En contre-pied de ce constat, le ministre de l’éducation vient d’annoncer une réforme visant à supprimer la sélection en master, afin selon ses mots d’aboutir à « 25 % d’une génération diplômé d’un master ».

Cette mesure est bien entendu inconsidérée puisqu’elle pèsera à la baisse sur les salaires des jeunes diplômés, à la hausse sur le chômage et obligera les plus brillants à partir.

Elle n’a pour but que d’attirer les jeunes électeurs en leur promettant des diplômes et des emplois de cadres.

La logique électoraliste des dirigeants potentiels de tous bords républicains bloque totalement la possibilité d’une évolution différente de la situation.

La nécessité impose encore et toujours une personne au-dessus de ces logiques partisanes, qui place les intérêts de la nation avant les intérêts électoraux, et qui peut prendre les mesures en apparence impopulaires sur le court terme, mais réellement bénéfiques sur le long terme.

Julien Sanchez

NDLR :

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Caricature du 4 novembre 2017
« La république des privilégiés »

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