Un souverain au-delà de la cacophonie électorale

Quel sondage étonnant que celui qu’a dévoilé le Journal du Dimanche du 3 mars 2013. En apparence, pétri de contradictions et dénotant une irrémissible fracture au sein de la société française.

Que disent les résultats de cette enquête d’opinion ? Les deux femmes politiques préférées des Français seraient, d’abord, Christine Lagarde, patronne du FMI, et Marine Le Pen, chef de la formation nationaliste française.

Bien entendu, ce n’est pas nous, royalistes, qui accorderont à ces photographies floues des sensibilités du moment qui traversent le pays, un crédit disproportionné par rapport à leur valeur réelle. Mais il faudrait être volontairement aveugle pour chercher à nier les profondes inquiétudes et aspirations qui soufflent à l’heure actuelle dans la société française, et que ce sondage met à jour.

Au-delà des imprécations de quelques internautes ulcérés, souvent de lecteurs du Monde ou quelque journal bien pensant dont les fidèles fulminent, non pas contre le résultat lui-même qu’ils nient simplement, mais contre le principe même d’avoir publié le fruit d’une telle étude, quelques observations s’imposent.

En premier lieu, le contraste saisissant entre les profils des deux personnalités en tête du podium ne peut être que le signe d’une société en crise. Le dire relève bien entendu du truisme, mais c’est la principale explication : la France, inquiète sur son avenir, aux abois dans une guerre économique qui prend des tournants apocalyptiques pour certaines franges de la société, et qui doute sur ses propres forces, ne semble plus savoir à quel saint se vouer et, de crainte d’en oublier un, parait vouloir les appeler tous.

Un état d’esprit qui se conclue par un résultat où toute cohérence semble avoir cédé le pas aux atermoiements et aux peurs bien légitimes de nos compatriotes.

En second lieu, d’aucuns pourraient y voir le symbole des contradictions propres à la démocratie et l’incapacité de ce régime à produire une voie pour sortir de la crise. Même au travers d’une simple enquête d’opinion, il semble bien que les Français aient plébiscités deux extrêmes irréconciliables : la technicité internationale d’une part, le populisme national d’autre part.

Nous ne rejoindrons pas pleinement cette hypothèse, généralement aboyées par quelques détracteurs fanatiques et intransigeants de quelque chapelle idéologiquement réactionnaire. Pour demeurer dans la nuance, disons plutôt que c’est la limite de la démocratie qui est ici atteinte. Le suffrage, qui n’est qu’une photographie plus « cérémonielle » de l’enquête d’opinion, favorise, surtout en période de crise, deux blocs politiques distincts, voire opposés.

Dans cette enquête, l’un de ces blocs s’appuie sur la gouvernance globale et la compétence technique pour résoudre les crises que nous traversons. L’autre en appelle à la solidarité nationale, le pacte patriotique, le rétablissement des frontières et de l’autorité de l’État et, sur un plan plus métaphysique quoique non moins politique, la revalorisation de certaines valeurs morales.

La limite de la démocratie est de ne jamais réussir à rassembler ces deux prétendues antithèses. Elle maintient toute action publique corsetée dans une hémiplégie pathologique et incapacitante. En somme, ce sondage ne demeure inconsistant que dans la mesure où nous sommes en République et que les deux solutions s’enferment dans l’irréconciliable.

C’est sur ce point que, nous autres royalistes, intervenons. Car le roi, que nous appelons de nos vœux, remplit toutes les qualités pour permettre la synthèse d’idées, en apparence seulement, contradictoires.

D’abord, le roi, père de ses peuples et empereur en son royaume, est le protecteur de la nation sans laquelle il ne serait rien au demeurant. Son intérêt se confond avec celui de son pays et la défense de ceux dont il est le souverain, plus que sa mission, est sa raison d’être. Les frontières, c’est lui qui les protège ; l’autorité, c’est lui qui l’incarne ; la France, c’est lui qui la défend.

Mais ensuite, parce qu’il n’est pas issu du suffrage, parce que tout en étant protecteur du peuple, il est au-dessus de lui, il est le mieux placé pour entamer un dialogue international et permettre, par-là même, une coopération avec d’autres pays, même dans le cadre d’une logique mondiale, sans que l’intégrité du pays en soit, par ce fait, entamée d’une quelconque manière.

Et l’histoire de France est, par ailleurs émaillée d’exemples de cette double capacité du roi, d’être à la fois un gardien fidèle de l’intérêt de ses peuples, et un interlocuteur fiable dans le concert des nations.

Et si, au final, derrière de fausses contradictions internes, ces enquêtes d’opinion, qu’on aurait tort de réduire à des personnalités, souvent aussi éphémères qu’inconstantes, n’avaient pas d’autre effet que nous conforter dans la certitude que, même inconsciemment, même en étant persuadés du contraire, c’est un roi que les Français attendaient secrètement ?

Un monarque qui sache aussi bien en regardant son peuple qu’en le gardant tourné vers le concert des nations… un souverain au-delà de la cacophonie électorale.

Stéphane Piolenc

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