Qui c’est Charlie ?

Avant les attentats contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015,  je ne connaissais pas ce titre et ce qui y était écrit. Maintenant, on m’en rabâche les oreilles tous les jours avec des « Une » qui m’insupportent. Je ne le lis toujours pas évidemment (trop grossier, vulgaire, insultant), mais dans les kiosques, et ailleurs, il m’est jeté au visage et il n’est pas possible de ne pas le voir, sans avoir un haut-le-corps.

Pour ce numéro spécial, un personnage barbu qui n’est autre que Dieu, armé d’une kalachnikov, et affublé d’une robe tâchée de sang, a pour titre : « Un an après, l’assassin court toujours ». C’est dans l’esprit de Charlie, rien à dire, mais un  détail ajoute à cette couverture un trop-plein d’insulte.  Un triangle, encadrant un œil, symbole de la Très Sainte Trinité coiffe le personnage, ce qui quelque part rappelle la couronne d’épines posée sur la tête de notre Seigneur et son procès truqué. Une chose est sûre : chez Charlie, on connaît bien les textes et les symboles et on peut allégrement s’en servir dans le sens opposé à ceux-ci. Ce triangle fait aussi penser à la franc-maçonnerie, dont on connaît la doctrine laïque. Ne nous attardons pas.

Le dessinateur Riss dénonce les « fanatiques abrutis par le Coran » mais aussi les « culs-bénis venus d’autres religions » qui avaient souhaité la mort du journal pour « oser rire du religieux ». Ce numéro sera tiré à près d’un million d’exemplaires, dont des dizaines de milliers seront expédiés à l’étranger. Actuellement, le journal se vend à environ 100 000 exemplaires en kiosques, dont 10 000 à l’international, auxquels s’ajoutent 183 000 abonnements. Quelle influence maléfique aura ce numéro, qui n’envoie que haine, colère, sang, racisme ? Ne peut-il y avoir une autre revue qui parle d’amour, de paix et de fraternité ? Une concurrence en quelque sorte positive. Elle existe, mais il faudrait revoir la « une » qui n’a rien d’attirant. Tout le monde sait, admet, que la communication est le nerf de la guerre, plus elle est « choc » et plus elle attire le regard et pénètre le cœur de l’homme.

Le pape François interrogé sur les caricatures de l'hebdomadaire satirique lors d'une conférence de presse dans l'avion qui le conduisait de Colombo à Manille, a déclaré : «On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision», à propos des caricatures de l'hebdomadaire satirique sur l'Islam, mais aussi le christianisme et les papes, le pape François a déclaré que la liberté d'expression ne donne pas le droit d'insulter la foi d'autrui. 

«On ne peut faire la guerre au nom de Dieu». «Chacun a non seulement la liberté, le droit, mais aussi l'obligation de dire ce qu'il pense pour aider au bien commun. Il est légitime d'user de cette liberté mais sans offenser», a-t-il insisté avec force, appelant à la vérité, notamment en politique.  Tuer au nom de Dieu «est une aberration», «il faut croire avec liberté, sans offenser, sans imposer, ni tuer». Et quand personnellement j’entends dire que les guerres n’existeraient pas si Dieu existait, je peux m’empêcher de dire (sans hurler et quand j’arrive à me maîtriser) que ce sont les hommes qui font la guerre, pas Dieu, qui a donné le libre arbitre à l’homme.

Le grand mufti de Bosnie, pays européen où les musulmans représentent 40% de la population, a dénoncé comme «odieuse» la caricature de Mahomet. Le Mufti de Jérusalem, la plus haute autorité religieuse dans les Territoires palestiniens, a dénoncé «cette insulte (qui) a blessé les sentiments de près de deux milliards de musulmans dans le monde.» En Égypte, Al-Azhar, principale autorité de l'islam sunnite, a jugé que ce nouveau dessin allait «attiser la haine». «Il ne sert pas la coexistence pacifique entre les peuples et entrave l'intégration des musulmans dans les sociétés européennes et occidentales». Toujours en Égypte, Tawadros II, le patriarche des Coptes orthodoxes, la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient a déclaré : «L'insulte est refusée à n'importe quel niveau.»

Suffisamment de livres ont été publiés et d’hommages rendus pour que Charlie ne soit plus en première position de l’actualité, mais au second plan ! Il est certain que pendant qu’on parle de Charlie, on fait semblant d’oublier le reste, autrement dit, le plus important comme l’économie, le chômage, l’hébergement, les conflits…

Solange Strimon

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