Manu le trembleur, détournons les yeux !

On se gausse beaucoup, ces derniers temps, de la main gauche du premier ministre. Cette polémique n'est ni à l'honneur de ceux qui l'utilisent, ni à l'honneur du premier ministre. Ce dernier étant l'homme qui gouverne la France, commençons d'abord par lui.

Sa campagne contre le Front National, si elle n'est pas illégale, demeure scandaleuse : on pourrait attendre du premier ministre qu'il soit celui de tous les Français, sans exceptions, et donc ne considèrent pas que le parti sur lequel se porte les votes de quasiment 30% de ceux-ci est nécessairement le Mal incarné.

D'autant que l'intensive campagne contre le Front National semble se faire à partir de subsides théoriquement versés au Premier Ministre pour gouverner le Pays, et non pour aller à l'encontre des opinions des Français sur des questions purement électorales. De toutes les manières, c'est un usage indu du temps d'un chef de gouvernement qui devrait plutôt consacrer ses heures perdues à la gestion de ce pays qui en aurait bien besoin !

Manuel Valls ne témoigne que du mépris à l'égard des Français. Il a beau expliquer que son mépris ne vise que le parti, et non pas ses électeurs, cette subtilité dialectique hypocrite échappe justement aux électeurs frontistes qui savent aujourd'hui que leur voix est dédaignée et leur opinion vouée aux gémonies.

A l'heure où tous sont « Charlie », la tyrannie de la majorité voudrait essayer, en abattant ses dernières cartes, de mettre à l'écart ces français encombrants qui ont le mauvais goût de ne pas être des homo festivus moyens, occupés à pleurer ou rire quand « Big Brothe» leur en donne l'ordre.

Toutefois, le Front National, et plus largement ceux qui usent de cette vidéo, ne se grandissent pas. Il est bien évident que la colère du tempérament explosif de Manuel Valls, ainsi que la fatigue mais aussi sa volonté de coller à un rôle d'homme exalté et charismatique -dans la lignée des Clemenceau et des Jaurès qui sont ses modèles politiques- sont responsables de sa « tremblote ». S'attarder sur son exaltation c'est renforcer les rangs de la gauche qui, plus que la Droite, sont en recherche de l'homme providentiel, du Chef qui sauve la Gauche d'un Waterloo inéluctable suite de la Bérézina futur des cantonales.

La France se gouverne dans l'émotion : c'est à la fois sa grandeur et sa faiblesse.

Grandeur car le peuple de France sait s'unir avec force, faisant fi des querelles, en se groupant sous la même bannière de l'amour de la patrie, de la fidélité et de la compassion. Naguère c'était le Roi qui suscitait cette émotion et mobilisait les Français.

Faiblesse car n'ayant pas cette capacité à mobiliser les foules par le charisme d'un seul homme, la république peut se comparer à une grande entreprise de spectacle. Les Romains avaient, naguère, besoin de jeux pour être unis, les Français ont aujourd'hui besoin de scandales, d'autant plus nombreux que la situation est critique.

Mais les Romains ne s’engageaient pas dans l'arène : il ne fallait pas affaiblir la civitas. Combien de temps notre France versera contre elle-même son sang dans de vaines querelles qui ne sont que poudre aux yeux pour ne pas se concentrer sur les problèmes du temps ?

Le ministre ne peut offrir que du spectacle car il n'a pas les possibilités d'agir : il n'a pas la légitimité de l'opinion, il n'a pas une équipe stable –celle-ci sera bouleversée après les cantonales-, il n'a pas le temps de lancer et une grande réforme -la fiscalité attend depuis 15 ans une refonte totale!- et Bruxelles ne lui permettra jamais d'agir en profondeur sans bénédiction unioniste.

Valls n'a plus que le spectacle, alors il tremble des mains pour donner ce spectacle. Un homme pudique, devant une telle exhibition de l'individu et du régime, devrait détourner le regard.

En détournant le regard, il verrait que le système à bout de course n'a qu'une seule véritable alternative qui ne soit pas une réédition de l'échec actuel, comme le voudrait les partisans d'une sixième république.

Cette alternative devrait garantir l'union des Français, leur indépendance et l'inaliénabilité de leur souveraineté. Cette alternative devrait ancrer les politiques dans le temps long et dans la continuité, rendant au peuple, par les corps intermédiaire, un pouvoir plus grand et plus effectif.

Cette alternative est le Roi.

Roman Ungern

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