Quelle politique africaine pour la France ?

Communiqué du professeur Bernard Lugan du 13 février 2014 :

« Au Mali comme en RCA, des conflits récurrents et résurgents opposent des populations que tout sépare ; or, depuis des décennies, au nom du mythe universaliste du « vivre ensemble », la seule solution proposée est électorale. L’expérience a pourtant montré que les élections n’ont jamais traité en profondeur les causes des affrontements ethniques car elles n’effacent pas plus les réalités géo-ethnographiques que la pluie les rayures des zèbres. 

Mais il y a encore plus grave : l’ethno-mathématique électorale confirmant à chaque fois la domination démographique, donc démocratique, des plus nombreux, les ressentiments des peuples minoritaires en sont à chaque fois aggravés. Résultat : le feu qui couve se rallume périodiquement ; voilà pourquoi nos interventions militaires successives, pourtant  couronnées de succès, sont  suivies d’échecs politiques.

Au Mali, les élections n’ont pas réglé le problème nord-sud. Tout au contraire, légitimés par le scrutin, les politiciens sudistes refusent de prendre en compte les revendications nordistes. De plus, pour Bamako, les ennemis ne sont pas les islamistes que combattent les soldats français, mais les séparatistes Touareg qui les aidèrent dans cette lutte.

En RCA, le Quai d’Orsay explique que la solution est dans la reconstruction de l’Etat, ce qui, là encore, passe par des élections. L’aveuglement des diplomates semble sans limite car le fossé de sang creusé entre nordistes et sudistes interdit toute reconstitution d’un « Etat » centrafricain. Quel administrateur sudiste osera en effet s’aventurer dans le Nord pour s’y faire massacrer et quel fonctionnaire nordiste décidera de venir se faire lyncher à Bangui? Les élections ne changeront donc rien à la situation qui prévaut sur le terrain, à savoir la partition, réalité masquée par la présence des troupes françaises.

Dans les deux pays, la question de la définition, de la durée et de la finalité des missions de l’armée française doit donc être posée. »

Deux enseignements peuvent être tirés de nos aventures récentes en Afrique. Tout d’abord, comme le dit fort justement Bernard Lugan, que les élections ne sont pas la solution.

Cela démontre la myopie de l’idéologie républicaine, et en particulier l’incohérence de la laïcité

La deuxième leçon que nous pouvons en tirer est qu’une intervention en Afrique ne peut être envisagée en occultant la dimension politique. François Hollande – et tous les républicains avec lui – s’imaginent qu’il suffit d’une intervention militaire de courte durée se terminant par des élections pour que cessent les conflits. Mais c’est oublier la sage parole de Clauzewitz : « la guerre est la continuation de la  politique par d’autres moyens ».

En d’autres termes, soit la France ne met pas les pieds en Afrique, soit elle s’y investit efficacement. Nous considérons que la France ne doit pas abandonner la Francophonie. Mais aider le Mali nécessite d’officialiser la scission entre le nord et le sud, entre un peuple de touareg nomades et un peuple sédentaire au sud du Sahel. Aider la Centrafrique, c’est y envoyer non pas 1600 hommes pendant six mois mais cent mille hommes probablement pendant dix ans, avec un triple objectif : mettre en place un gouvernement chrétien, favoriser le développement économique et assurer la sécurité. Tous les experts savent en effet qu’il faut un ratio d’un militaire pour 50 habitants pour apporter une aide efficace. Il est clair que seul le retour du roi en France peut permettre une telle politique.

Une telle politique africaine s’inscrit dans une vision géopolitique. Si la France sort de l’Union Européenne et de l’OTAN, ce que nous préconisons, alors peut être créée une vaste zone de coopération économique entre pays souverains incluant d’une part l’Europe « de l’Atlantique à l’Oural », comme disait De Gaulle, et d’autre part la Francophonie.

Cette vision est, bien entendu, incompatible avec notre actuelle soumission aux Etats-Unis, dont l’Union Européenne n’est qu’une colonie.

                                                                                                   Georges Tartaret

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