Angleterre : le "mariage pour tous" s'enfonce

De l'autre côté de la Manche, le projet de loi sur le "mariage" homosexuel a du mal à passer.

Les partisans de la loi Taubira, qui prétendent que la France doit "rattraper son retard" sur ce sujet, vont devoir trouver d'autres arguments, d'autant plus que la Colombie et l'Irlande ont rejeté ce projet de loi récemment.

En Angleterre, la Reine a prononcé son traditionnel discours devant le Parlement, le Queen's Speech. Ce discours est censé définir l'orientation de la politique du gouvernement pour l'année à venir. Il est en fait rédigé par la majorité parlementaire. Or, ce texte ne mentionnait absolument pas l'extension du mariage aux couples de même sexe. On peut donc espérer que le gouvernement décide de ne pas s'occuper de cette loi prochainement.

En effet, le Premier Ministre David Cameron doit faire face au rejet de la loi par une grande partie de ses députés. Sa base aussi commence à le quitter, notamment pour l'UKIP, un parti de la droite souverainiste qui a fortement progressé ses derniers temps. Une partie de la Grande-Bretagne a aussi été impressionnée par l'ampleur de la mobilisation en France. Lors de la dernière Manif Pour Tous de Londres, de nombreux Britanniques s'étaient joints aux manifestants français.

Cependant, le gouvernement doit composer. Le Parti Conservateur, dont est issu Cameron, ne dispose pas de la majorité des sièges à la Chambre des Communes. Pour former le gouvernement, il a dû s'allier au Parti Libéral-Démocrate, centriste et plus favorable au "mariage" gay. Il n'est pas non plus interdit de penser que la Reine a pu peser sur cette décision. On sait que son fils, le Prince de Galles, intervient souvent dans le domaine de l'art et de l'architecture. Il est possible qu'Elisabeth II ait pu influer sur la teneur de son discours, surtout sur un sujet d'une telle importance.

En conclusion, on peut remarquer que, bien que le "mariage" gay soit présenté comme un progrès, le pouvoir politique n'est pas soutenu totalement par le peuple, bien plus conservateur et réaliste pour ce type de sujet que les élites politiques. Il est également intéressant de constater que, dans cette monarchie très parlementaire, le souverain peut encore, dans une certaine mesure, se placer au-dessus des partis et trancher en faveur du peuple.

Naturellement, la forme de royauté spécifique au Royaume-Uni limite ce genre de prise de décision, mais la monarchie anglaise n'a jamais eu beaucoup de points communs avec la monarchie française.

François Etendard

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