Parlons Franco !

Commençons simplement : laissons-la parole à l’intéressé, c’est la moindre des courtoisies. Et tant qu’à faire, sa parole certainement la plus significative : son testament. Comment mieux en effet se faire une idée d’un homme que de le voir au seuil de la mort, au moment ultime de l’approche du jugement, dans ce temps de la vie finissante où mondanité et choses terrestres perdent immanquablement de leur lustre.

 

« Aux Espagnols : Au moment où arrive pour moi l’heure de rendre ma vie au Très-Haut et de comparaître devant son Jugement sans appel, je demande à Dieu de m’accueillir avec bonté en sa Présence, car j’ai voulu vivre et mourir en catholique. Mon honneur est dans le nom du Christ, et ma volonté a été constamment d’être un fils fidèle de l’Église, dans le sein de laquelle je vais mourir.

Je demande pardon à tous, comme je pardonne de tout cœur à tous ceux qui se déclarèrent mes ennemis, sans que je les tinsse pour tels. Je crois et je désire ne pas en avoir eu d’autres que ceux qui le furent de l’Espagne, Patrie que j’aime jusqu’au dernier moment et que j’ai promis de servir jusqu’à mon dernier souffle, que déjà je sais proche.

Je veux remercier tous ceux qui ont collaboré avec enthousiasme, désintéressement et abnégation à la grande entreprise de faire une Espagne unie, grande et libre.

Pour l’amour que je ressens envers notre Patrie, je vous demande de persévérer dans l’unité et la paix et d’entourer le futur Roi d’Espagne, Don Juan Carlos de Borbón, de la même affection et loyauté que vous m’avez offert et de lui offrir, à tous moments, le même appui de collaboration que j’ai reçu de vous.

N’oubliez pas que les ennemis de l’Espagne et de la Civilisation chrétienne sont en alerte. Veillez, vous aussi, et dans ce but abandonnez, face aux suprêmes intérêts de la Patrie et du peuple espagnol, tout projet personnel.

Efforcez-vous d’atteindre la justice sociale et de donner la culture à tous les hommes d’Espagne, et faites de cela votre objectif primordial.

Maintenez l’unité des terres d’Espagne, exaltant la riche multiplicité de ses régions, comme source de la solidité de l’unité de la Patrie.

Je voudrais, en mon dernier moment, unir les noms de Dieu et de l’Espagne, et vous embrasser tous, pour que nous criions ensemble, pour la dernière fois, sur le seuil de ma mort :

Debout l’Espagne ! Vive l’Espagne ! (¡Arriba España ! ¡Viva España !) »[1]

 

Chapeau bas, n’est-ce pas ? La réaffirmation de la foi catholique, de la fidélité au Christ et à l’Église, le demande du pardon de ses pêchés, le pardon de ses ennemis, l’appel à la justice et au sacrifice de soi pour le bien commun, la fidélité au Roi et l’amour de l’Espagne.

Imaginons un instant que le testament soit anonyme. Si nous ne sommes certainement pas au même niveau que le testament de Louis XVI, nous ne pouvons que reconnaître une forte piété et une belle fin pour cet homme : il est mort en bon chrétien, pénitent et absout. Cette seule fin matérialisée par ce testament suffit en elle-même pour forcer le respect devant un pieux et fidèle chrétien.

 

Mais allons plus loin et regardons naïvement son œuvre, comme le ferait un enfant.

L’Espagne tombe dans une guerre civile qui déchaîne les haines, et qui vient de loin. Haines si fortes qu’elles semblent inextinguibles, et viennent comme achever malheureusement une succession de guerres intérieures.

Franco apporte la paix et la maintient. Depuis lors, l’Espagne n’a plus connu de conflits intérieurs depuis presque 80 ans, ce qui n’était plus arrivé en Espagne depuis longtemps.

Dans une époque compliquée de tous les totalitarismes, Franco a maintenu la neutralité pendant la seconde guerre mondiale, une prouesse quand on connaît l’époque ; il laissa d’ailleurs complaisamment des combattants français passer dans les colonies pour aller se battre et résister avec nos armées – ceux qui ne sont pas passés chez la perfide albion, on le remarquera.

Malgré l’excommunication de la société internationale, il développe son pays, de façon visible, que tous les contemporains ont vu les fruits de leurs yeux, en particulier les voyageurs français en Espagne à cette époque.

Il ne cherche pas à assurer sa propre succession, et respecte les volontés d’Alphonse XIII en faisant succéder la branche cadette, malgré une ligne plus libérale que celle qu’il préconise. Sans compter la véritable bénédiction providentielle pour le trône de France – car tout de même, cela règle simplement la question de la succession française et les ambitions diverses, laissant la branche aînée à son destin français sans être liée au trône espagnol.

Enfin, il suffit de regarder les qualités de notre bon roi, son arrière-petit-fils, pour comprendre que ce fut un bon grand-père, droit dans ses bottes.

Certes, nous pourrions dire que Franco semble avoir échoué dans l’endiguement de l’invasion moderniste et libéral, le taux de fécondité en Espagne en témoigne, entre autres – mais est-ce sa faute ? Il ne peut pas faire le travail à la place des clercs.

 

Remercions en tout cas les socialistes espagnols, qui se sont mis dans une situation bien ridicule, et nous donne l’occasion de faire un bilan renouvelé du général Franco.

 

Antoine Michel

 

[1] «Españoles: Al llegar para mí la hora de rendir la vida ante el Altísimo y comparecer ante su inapelable juicio pido a Dios que me acoja benigno a su presencia, pues quise vivir y morir como católico. En el nombre de Cristo me honro, y ha sido mi voluntad constante ser hijo fiel de la Iglesia, en cuyo seno voy a morir. Pido perdón a todos, como de todo corazón perdono a cuantos se declararon mis enemigos, sin que yo los tuviera como tales.

 

Creo y deseo no haber tenido otros que aquellos que lo fueron de España, a la que amo hasta el último momento y a la que prometí servir hasta el último aliento de mi vida, que ya sé próximo.Quiero agradecer a cuantos han colaborado con entusiasmo, entrega y abnegación, en la gran empresa de hacer una España unida, grande y libre.

 

Por el amor que siento por nuestra patria os pido que perseveréis en la unidad y en la paz y que rodeéis al futuro Rey de España, don Juan Carlos de Borbón, del mismo afecto y lealtad que a mí me habéis brindado y le prestéis, en todo momento, el mismo apoyo de colaboración que de vosotros he tenido. No olvidéis que los enemigos de España y de la civilización cristiana están alerta.

 

Velad también vosotros y para ello deponed frente a los supremos intereses de la patria y del pueblo español toda mira personal. No cejéis en alcanzar la justicia social y la cultura para todos los hombres de España y haced de ello vuestro primordial objetivo. Mantened la unidad de las tierras de España, exaltando la rica multiplicidad de sus regiones como fuente de la fortaleza de la unidad de la patria. Quisiera, en mi último momento, unir los nombres de Dios y de España y abrazaros a todos para gritar juntos, por última vez, en los umbrales de mi muerte,

 

“¡Arriba España! ¡Viva España!”.»

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